![]() EnvironnementConférence sur le climat Résultats mitigés à PoznanMise à jour le samedi 13 décembre 2008 à 16 h 23
Les délégués à la conférence des Nations unies sur le climat, qui a pris fin dans la nuit de vendredi à samedi à Poznan, en Pologne, n'ont pas réussi à s'entendre sur le financement du Fonds d'adaptation aux changements climatiques. Les représentants des quelque 190 pays à la conférence se sont toutefois entendus sur le calendrier de négociation d'un nouvel accord sur la réduction des gaz à effet de serre qui remplacera le protocole de Kyoto, lequel expire en 2012. Plusieurs sessions de négociations sont déjà à l'horaire d'ici la conclusion de l'accord, prévue lors de la conférence de Copenhague, en décembre 2009. Le secrétaire exécutif de la Convention-Cadre des Nations unies sur les changements climatiques, Yvo de Boer, s'est réjoui de l'entente qui permettra au conseil d'administration du Fonds d'adaptation pour les pays en développement de financer directement des mesures d'adaptation concrètes dans les pays en développement. Déception du côté des pays en développement Les pays en développement estiment toutefois que les 60 millions de dollars prévus seront bien insuffisants pour faire face aux conséquences du réchauffement climatique. Selon eux, des dizaines de milliards de dollars seraient nécessaires afin de construire les infrastructures pour contrer la montée du niveau des mers et pallier les problèmes de sécheresse, par exemple. Ces pays voudraient mettre en place une taxe de 2 % sur les transactions du marché du carbone, une demande remise à plus tard par les pays développés. À la fin de la conférence de Poznan, « les pays en voie de développement ont déploré que l'on n'ait pas avancé sur les questions de financement. C'est un vrai problème, qui doit être résolu en 2009 », a indiqué Kim Carstensen, directeur des questions climatiques du Fonds mondial pour la nature. Un échec en trois points, selon Greenpeace La branche française de l'organisme écologiste Greenpeace estime, de son côté, que la conférence de Poznan a échoué sur trois points essentiels de la négociation:
« À ce stade, la meilleure chose à faire, c'est de tirer un trait sur la conférence de Poznan, et avancer sur ce qu'il est possible - et nécessaire - d'accomplir en moins d'un an », estime Karine Gavand, chargée de campagne climat à Greenpeace France. Et d'ajouter: « Au moment même où le monde pousse un soupir de soulagement face à l'espoir de la restauration du leardership des États-Unis dans le combat contre les changements climatiques, une poignée de pays remettent en question leurs obligations et menacent désormais de gâcher cette opportunité ». Une pique qui pourrait viser le Canada. Rappelons que le gouvernement conservateur, par l'intermédiaire de son ministre de l'Environnement, Jim Prentice, préconise une baisse des émissions de gaz à effet de serre sur la base de celles de 2006, alors que l'année de référence du protocole de Kyoto est 1990. À l'ouverture de la conférence, Greenpeace international avait fait part de ses revendications, notamment une baisse des GES à partir de 2015 et un projet de texte pour l'accord qui remplacera celui de Kyoto. Quant au secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon, il a profité de la conférence de Poznan pour appeler les États-Unis à jouer un rôle de chef de file sur le changement climatique. Il a par ailleurs jugé que la position du président désigné Barack Obama sur ce dossier est encourageante. Jusqu'à ce jour, les États-Unis ont refusé de ratifier le protocole de Kyoto. Quelques heures avant la fin de la conférence de Poznan, les 27 États membres de l'Union européenne se sont entendus sur un nouveau plan de réduction de 20 % de leurs émissions polluantes d'ici 2020. Radio-Canada.ca avec Agence France Presse et Associated Press
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