L'environnement doit primer sur l'économie

  |  Radio-Canada avec Agence France-Presse et Reuters
Le secrétaire général des nations unies, Ban Ki-moon Le secrétaire général des Nations unies, Ban Ki-moon

Le monde doit résister à la tentation de revoir ou de mettre de côté ses engagements contre le réchauffement climatique pour régler la crise internationale, selon le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon exhorte les gouvernements du monde à ne pas abandonner leurs efforts environnementaux pour sortir de la crise économique.

Pour le secrétaire général de l'ONU, la relance économique ne doit pas se faire au détriment des engagements environnementaux, mais plutôt en complémentarité avec eux.

S'adressant jeudi aux représentants et ministres d'une centaine de pays présents à la Conférence de l'ONU sur les changements climatiques à Poznan, en Pologne, Ban Ki-moon a déclaré sans détour: « Oui, la crise économique est grave. Pourtant, s'agissant des changements climatiques, les enjeux sont bien plus grands. La crise climatique affecte notre prospérité potentielle et la vie des gens, maintenant ou dans un avenir lointain. Il ne peut être question d'un retour en arrière sur nos engagements ».

M. Ban a ajouté que l'ONU pourrait organiser un sommet mondial en septembre 2009 dans le but d'accélérer la négociation d'un nouveau traité international sur le climat.

Les regards se tournent vers l'Europe et les États-Unis

Au cours de son allocution, Ban Ki-Moon a invité l'Europe et les États-Unis à prendre les devants en vue de l'adoption de ce « new deal » écologique. Tandis que les 27 pays membres de l'Union européenne sont réunis à Bruxelles pour tenter d'adopter une politique commune de lutte contre les changements climatiques, tous les yeux sont tournés vers le futur président américain Barack Obama.

Barack Obama prendra possession de la Maison-Blanche le 20 janvier. Barack Obama prendra possession de la Maison-Blanche le 20 janvier.   © PC/AP/Pablo Martinez Monsivais

En effet, après plus de huit années d'obstruction de l'administration Bush sur les questions environnementales internationales, les environnementalistes placent aujourd'hui de grands espoirs dans la nouvelle administration Obama.

Présent à Poznan, le démocrate John Kerry, qui dirigera la commission des Affaires étrangères du Sénat américain, a d'ailleurs annoncé que le futur président Obama envisageait d'investir massivement dans les énergies renouvelables et le développement d'une économie verte pour sortir son pays de la crise économique.

« Le président Obama, ce sera le jour et la nuit avec le président Bush », a promis M. Kerry à la presse. Barack Obama s'est en effet engagé à ramener les émissions de gaz à effet de serre des États-Unis à leur niveau de 1990 d'ici 2020.

Encouragé par ce changement d'attitude annoncé à la Maison-Blanche, Ban Ki-moon a déclaré: « Il est encourageant de constater que la nouvelle administration envisage de mettre les énergies alternatives, le changement climatique et les questions environnementales au coeur de la définition américaine de la sécurité nationale, de la reprise économique et de la prospérité ».