À Poznan, en Pologne, des délégations de gouvernements du monde entier sont réunies depuis lundi pour poursuivre les négociations sur un nouvel accord de lutte contre le réchauffement planétaire qui succédera au protocole de Kyoto à compter du 1er janvier 2013. Ces pourparlers, qui se poursuivront jusqu'au 12 décembre, ont pour objectif d'écarter des obstacles qui se dressent sur la voie d'un accord formel, dont la conclusion est prévue pour décembre 2009, à Copenhague, au Danemark.
Les gouvernements du monde sont réunis depuis lundi à Poznan, en Pologne, pour discuter d'une entente qui succédera au protocole de Kyoto. L'objectif: conclure une nouvelle entente d'ici un an.
Un policier se tient au garde-à-vous lors de la cérémonie inaugurale.
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AFP/Joe Klamar
D'entrée de jeu, les quelque 10 600 délégués à cette 14e Conférence des Nations unies sur les changements climatiques ont eu droit à un nouveau pronostic sombre livré par le chef du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), Rajendra Pachauri. Ce dernier les a prévenus une fois de plus que la planète pourrait être le théâtre de bouleversements irréversibles si la communauté internationale n'agissait pas prestement.
« Nous avons prévu que le nombre de personnes vivant dans des bassins fluviaux perturbés pourrait croître de 1,4 à 1,6 milliard en 1995 à 4,3 milliards ou 6,9 milliards en 2050 », a prévenu le chef du GIEC, un groupe de chercheurs qui a été décoré du prix Nobel de la paix 2007.
« Des changements abrupts et irréversibles sont possibles, comme la fonte de la calotte glaciaire au Groenland ou en Antarctique occidental », a poursuivi M. Pachauri. « Pour le Groenland, par exemple, le seuil de la rupture se situe entre 1,1 et 3,8 degrés Celsius au-dessus de la température mondiale moyenne. Nous en sommes très proches ».
La conférence de Poznan suit celle qui s'est déroulée à Bali, en Indonésie, en décembre dernier. Cette conférence s'était conclue par une déclaration soulignant l'urgence » d'agir, et appelait les pays à prendre des « engagements ou actions appropriés » et à lancer « des actions vérifiables et mesurables ». L'accord ne comprenait toutefois aucune cible contraignante de réduction des gaz à effet de serre pouvant servir de base de négociation.
L'espoir d'un changement
L'élection de Barack Obama à la présidence des États-Unis suscite un espoir certain parmi les participants, même si la délégation américaine présente en Pologne est dépêchée par l'administration Bush. Le premier ministre danois, Anders Fogh Rasmussen, s'est notamment dit « ravi » que Barack Obama prévoie recourir à des politiques énergétiques « ambitieuses » pour lutter contre le ralentissement économique.
Le contexte économique mondial suscite néanmoins une certaine appréhension parmi les participants. Le premier ministre polonais, Donald Tusk, affirme que la communauté internationale ne doit pas se laisser distraire par cette situation. « Notre travail sur l'environnement doit être incessant, peu importe la situation économique. Nous devons comprendre, et faire de cette idée un point de repère de cette conférence, soit que des crises financières sont survenues dans le passé et qu'elles surviendront encore dans le futur », a-t-il dit.
Reste que les difficultés à conclure un accord visant à prendre la relève de Kyoto datent d'avant la crise économique. Les États-Unis ont toujours refusé de ratifier le protocole de Kyoto, alléguant que cela nuira à leur économie. Ils insistent pour que la prochaine phase inclue des obligations pour des pays comme la Chine et l'Inde, qui n'ont pas à respecter de cibles contraignantes en vertu du Protocole de Kyoto.
Il avait en effet été conclu que les pays émergents n'auraient pas à atteindre de telles cibles dans un premier temps, les pays développés ayant commencé plus tôt dans l'histoire à contribuer au réchauffement climatique.
Au cours de la campagne électorale américaine, Barack Obama a promis de créer une bourse du carbone et de viser une réduction des gaz à effet de serre de 80 % d'ici 2050 par rapport au niveau de 1990. Depuis la conférence de Bali, le Parti travailliste a pris le pouvoir en Australie et a ratifié le protocole de Kyoto, ce que refusaient de faire les conservateurs de John Howard.
Au Canada, le gouvernement Harper a adopté la même ligne que l'administration Bush, même si le pays a bel et bien ratifié le traité international. En vertu du protocole de Kyoto, le Canada doit avoir réduit ses émissions de 6 % entre 1990 et 2006; selon le ministère fédéral de l'Environnement, elles ont plutôt augmenté de 22 %.
Le protocole de Kyoto, adopté en 1997 et entré en vigueur en 2005, prévoit que 37 pays industrialisés réduisent leurs émissions de GES de 5,2 % en moyenne d'ici 2012, par rapport aux niveaux de 1990.