Line Beauchamp, ministre du Développement durable, del'Environnement et des Parcs
Le gouvernement Charest fait un pas de plus pour protéger les forêts du Québec. Les ministres des Ressources naturelles et de l'Environnement annoncent une hausse de 1 % des aires protégées sur le territoire québécois.
Le gouvernement Charest a annoncé une hausse de 1 % des aires protégées sur le territoire québécois, ce qui en porte le total à 6 %. Québec s'est engagé à protéger 8 % du territoire forestier d'ici la fin de l'année.
Le gouvernement va mettre en réserve plus de 18 000 kilomètres carrés supplémentaires de territoire, ce qui va porter à 6 % le total d'aires protégées au Québec. Le gouvernement Charest s'est engagé à atteindre l'objectif de 8 % dès cette année. Pour y arriver, 36 000 kilomètres carrés de plus devront être protégés.
« Le Québec se place ainsi au 2e rang des provinces canadiennes, après la Colombie-Britannique, en terme de superficie puisque la superficie totale d'aires protégées dépasse aujourd'hui 100 000 km2 », a soutenu la ministre de l'Environnement Line Beauchamp.
Le gros des ajouts se fera dans la partie sud de la région des Laurentides, avec 17 des 23 nouveaux territoires protégés.
Le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, M. Claude Béchard, a ajouté que « des 23 nouveaux territoires, 15 sont situés en zone boréale et couvrent plus de 4000 km2. Ils sont majoritairement situés en forêt publique sous aménagement forestier. La protection de ces vastes territoires forestiers contribuera à faciliter le processus de certification environnementale des entreprises forestières concernées et répond aux attentes de l'ensemble des acteurs présents au Sommet sur l'avenir du secteur forestier, tenu en décembre 2007. »
Des audiences publiques devront toutefois être tenues avant qu'un statut permanent de protection soit attribué à tous ces territoires.
Greenpeace rappelle à Québec ses devoirs
Selon la responsable de la campagne Forêt boréale de Greenpeace, Melissa Filion, l'annonce de Québec constitue un pas dans la bonne direction, mais ce n'est pas suffisant.
« Il y a une refonte du régime forestier actuellement qui est en branle à Québec. Il faut savoir quelle est la perspective des aires protégées au-delà de cette année, au-delà du 8 %. C'est très important de la clarifier », dit Mme Fillion, qui attend avec impatience le dévoilement de l'avant-projet de loi sur la prochaine politique forestière.
Elle souhaite notamment savoir si le gouvernement entend faire de la protection des forêts intactes une priorité.
Greenpeace estime par ailleurs que Québec se réjouit un peu vite en faisant valoir que la province se place désormais au second rang au pays, derrière la Colombie-Britannique, avec plus de 100 000 km2 d'aires protégées.
« Si en chiffres absolus, cette situation s'avère juste, le Québec traîne de la patte en terme de pourcentage d'aires protégées par rapport aux autres provinces. À titre d'exemple, la Colombie-Britannique protège 14 % de son territoire, l'Ontario en protège 12 % et les États-Unis 15,8 %. »
Mme Fillion précise qu'il reste par ailleurs bien du travail à faire pour atteindre les 8 % d'ici la fin de l'année, comme le promet Québec.