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Jeudi 7 août 2008 12:56 MTL

Environnement

Mise à jour le mardi 8 janvier 2008 à 13 h 36
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Gaz à effet de serre

L'agriculture pourrait renverser la vapeur

Champ de pommes de terre

Champ de pommes de terre (archives)

Selon le groupe environnemental Greenpeace, l'agriculture intensive en énergie et en produits chimiques a contribué à une augmentation des émissions de gaz à effet de serre (GES), en raison surtout de la surutilisation des engrais, de la déforestation, de la dégradation des sols et des élevages intensifs.

Selon un rapport écrit pour le compte de l'organisme, le secteur agricole produit, directement ou indirectement, de 17 à 32 % de l'ensemble des émissions mondiales de GES causées par les humains.

Le rapport publié sous le titre Cool Farming: Climate Change of Agriculture and Mitigation Potential a été rédigé par Pete Smith, professeur à l'Université d'Aberdeen en Écosse et un des principaux auteurs du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC).

Greenpeace publie ce rapport avant que s'amorcent, en 2008, plusieurs rencontres sous l'égide des Nations Unies sur l'agriculture.

« Dans un contexte où les suites à donner au protocole de Kyoto se précisent et où l'agriculture peut être considérée comme responsable du tiers des émissions mondiales de GES, il apparaît particulièrement pertinent pour le monde de se pencher sur l'agriculture, et notamment sur le cas de l'agriculture industrielle ». — Éric Darier, porte-parole de Greenpeace

Selon Greenpeace, l'agriculture utilise de plus en plus d'engrais, de machineries et de pesticides. À titre d'exemple, les émissions mondiales de méthane (CH4) et de protoxyde d'azote (N2O), deux gaz à effets de serre, ont progressé, entre 1990 et 2005, de 17 %.

De plus, les prévisions font état d'un accroissement supplémentaire variant de 35 à 60 % d'ici 2030, en raison de l'usage grandissant des engrais azotés et de l'augmentation du bétail.

Des solutions

Cependant, le rapport souligne « qu'en changeant les pratiques agricoles, l'agriculture pourrait réduire ses émissions de GES et même devenir un puits de carbone plutôt qu'un grand émetteur ». Mais ceci nécessite d'abandonner les pratiques agricoles industrielles qui utilisent de grandes quantités de produits chimiques.

Des solutions pratiques et faciles à mettre en place et qui peuvent réduire les changements climatiques sont aussi suggérées dans le rapport. Ces solutions vont de la réduction de l'utilisation des engrais à la protection des sols, l'amélioration de la production du riz et la réduction de la consommation de viande.

Le Canada et le Québec

Selon Greenpeace, en 2004, les activités agricoles étaient directement responsables de 7,25 % du total des émissions de GES du Canada, ce qui est toutefois moins que la moyenne mondiale de l'époque qui se situait autour des 11 à 15 % pour les activités agricoles directes.

Sur le plan canadien, les cultures génèrent environ 30 % du total des émissions de GES de l'agriculture alors que la production animale en génère environ 53 %.

Au Québec, 8,3 % des émissions de GES du Québec sont le résultat des activités agricoles. À cela, le rapport souligne qu'il faut ajouter les émissions de GES des activités agroalimentaires reliées à l'agriculture soit la transformation, l'emballage, la réfrigération, le transport, la distribution et l'entreposage centralisés, les importations-exportations et les déplacements automobiles des consommateurs vers les mégaépiceries.

Greenpeace estime qu'environ 15 % des émissions de GES au Québec proviennent directement et indirectement des activités associées à l'ensemble des secteurs agroalimentaires.

La Commission sur l'avenir de l'agriculture et de l'agroalimentaire (CAAAQ) remettra dans quelques semaines son rapport final au gouvernement du Québec. Greenpeace espère de la Commission « des recommandations structurelles qui mèneront le Québec vers un virage écologique en agriculture ».ss=""

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