Visages du Nord

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Chroniques web

Bruno Maltais

Bruno Maltais

Depuis 45 ans, la petite communauté d'Iqaluit,
au Nunavut, organise une foule d'activités pour
marquer le retour du soleil.
C'est le Toonik Tyme, le festival du printemps.

Dans ces chroniques web, je vous propose de
découvrir non seulement ce festival,
mais plus largement cette région du Nord canadien.

Je vous invite à m'envoyer vos questions,
commentaires et suggestions dans la section
« Commentaires » au bas de chaque chronique.

13AVR

Iqaluit : là où le prix de l'essence s'explique

Si vous êtes de ceux qui ragent lorsque le prix de l'essence grimpe, déménagez à Iqaluit!

Ici, le prix à la pompe change une seule fois par année, selon le prix du baril lorsque les réserves arrivent par bateau pendant l'été. Pas question de changer le prix au jour le jour comme dans le sud du pays.

L'an dernier, comme le prix de l'essence était élevé lorsque la réserve a été achetée, le litre de carburant ordinaire coûtait près de 1,59 $.

Cette année, le litre a baissé à 1,27 $. Une aubaine!

Élie et Claude, chauffeurs de taxi à Iqaluit, parlent du prix de l'essence.



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13AVR

Les taxis d'Iqaluit

Je vous écrivais au début de mon séjour à Iqaluit que plusieurs chauffeurs de taxi viennent du Québec. Mais pas tous. J’en ai rencontré d’ailleurs au Canada, d’Érythrée, du Liban, d’Algérie et j’en passe.

Pendant qu’ils attendaient des clients devant l’aéroport, j’ai discuté avec deux d’entre eux.

Élie est d'origine libanaise. Sa femme et ses trois filles habitent à Montréal, et « comme tout le monde » qui vient dans le Nord, il travaille à Iqaluit depuis près de trois ans pour gagner sa vie.

Élie
En attendant des clients à l'aéroport, Élie me montre sa famille, à Montréal.


Malgré le coût de la vie élevé à Iqaluit, Élie explique qu'il vaut mieux multiplier les courses à 6 $ ici qu'attendre dans une file de 15 ou 20 taxis à Montréal avant d'avoir des clients.

Et à Iqaluit, on ne laisse personne sur le chemin. Tant qu'il reste de la place dans le véhicule, tout le monde est bienvenu à bord!

Élie parle de son travail de chauffeur de taxi.


Claude, lui, est originaire de Dolbeau. Il est chauffeur de taxi à Iqaluit depuis 23 ans. Connaissant bien les habitudes de ses clients, il a pratiquement toujours quelqu’un sur la banquette arrière.

Claude
Claude parcourt les rue d'Iqaluit depuis 23 ans. Difficile de lui poser une question à laquelle il n'a pas la réponse!

Il dit pouvoir épargner jusqu'à 1000 $ par semaine, ce qui serait beaucoup plus difficile à faire à dans le sud du pays.

Mais on ne passe pas tant d'années dans le Nord seulement pour l'argent. À Iqaluit, tout le monde connaît Claude. Et même si les petits-enfants, dans le sud, attirent grand-papa quelques mois par année, il n'a aucune envie de quitter ce qui est devenu son chez-soi.

Claude raconte pourquoi il a choisi de travailler à Iqaluit.


De trois voitures à quelques milliers

Lorsque Claude est arrivé à Iqaluit à la fin des années 1980, il n'y avait que trois véhicules privés : ceux du gérant de la banque, du curé et du gérant du la Compagnie de la Baie d'Hudson.

À l'époque, comme la plupart des enfants n'étaient jamais montés dans une voiture, le dimanche, il profitait du congé pour les emmener faire des tours, croustilles et boisson gazeuse incluses!

Aujourd'hui, la situation est bien différente. Il n'est pas rare de voir deux ou trois voitures devant une maison. Et plusieurs gros véhicules de près de 50 000 $.

Reste qu’entre 30 et 40 taxis roulent dans la capitale du Nunavut, et la plupart des chauffeurs gagnent environ 200 $ par jour, selon les chauffeurs rencontrés.

Claude raconte ses premières années à Iqaluit.


Qui prend le taxi à Iqaluit? La réponse de Claude