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Mur de Berlin![]() Chroniques webDe la Pologne à l’Allemagne en passant par la République tchèque et la Roumanie, suivez le parcours du journaliste Pascal Michaud à travers l’Europe. Découvrez le témoignage de ceux et celles qu’il a rencontrés, et qui lui ont raconté la chute du mur de Berlin dans leur pays. 17NOV
Berlin, Allemagne : La désillusion après l’euphorieIngo Schwarz, 60 ans, dormait lorsque le mur est tombé le soir du 9 novembre 1989. Le lendemain matin, sa sœur, qui habitait Berlin-Ouest, l’a appelé pour lui dire ce qui s’était passé. Comme des milliers de Berlinois de l’Est qui avaient été séparés des membres de leur famille lors de la construction du mur en 1961, il a immédiatement décidé d’aller lui rendre visite.
« À cette époque, il y avait beaucoup d’excitation dans l’air, se souvient-il. Un grand nombre de Berlinois de l’Est avaient des parents ou des amis de l’autre côté. La première idée était de leur rendre visite, de voir à quoi ressemblait leur appartement, de voir où ils vivaient ». Il se souvient que les Berlinois de l’Est se sont littéralement rués de l’autre côté du mur. « En quelques heures, il y a eu une pénurie de bananes à Berlin-Ouest! Tous les gens de l’est voulaient des bananes et des fruits frais, ce qui était toujours difficile à trouver à l’est. Il y avait beaucoup d’excitation à propos des biens de consommation qu’on pouvait trouver à l’ouest ». Le temps des déceptions Après l’ivresse des premiers jours et des premières semaines, les inquiétudes ont cependant commencé à apparaître. L’invasion des produits de l’ouest et l’introduction de l’économie de marché ont porté un dur coup aux Allemands de l’Est. « Sans trop s’en apercevoir, les gens ont été pris dans un piège, car c’était très facile d’obtenir un prêt de la part des banques au début des années 90. Les gens se sont mis à acheter des voitures sans se demander s’ils en avaient les moyens ». Ingo Schwarz m’explique que l’apprentissage du capitalisme a été une dure expérience pour certains Berlinois de l’Est. « J’en connais plusieurs qui ont essayé de démarrer leur petite entreprise sans trop savoir s’ils allaient réussir à vendre leurs produits. Après un certain temps, ils se sont endettés, car ils étaient incapables de les vendre. Il y a eu plusieurs histoires malheureuses ». Selon un sondage publié récemment, environ un Allemand sur cinq originaire de la République démocratique d’Allemagne se dit nostalgique de l’époque communiste. Ingo Schwarz reconnaît que le système communiste avait de bons côtés. « Nous appréciions les opportunités que l’État est-allemand nous donnait. Il y avait une certaine sécurité et de réelles possibilités en termes d’emploi et d’éducation ». Même si la réunification a entraîné plusieurs turbulences pour les Berlinois de l’Est, la chute du mur a tout de même été une bonne chose, me dit Ingo Schwarz. Ce dernier ne croit d’ailleurs pas que ceux qui plaident en faveur du retour du mur soient vraiment sincères. « Lorsque vous demandez aux Allemands de l’Est s’ils souhaitent la reconstruction du mur, honnêtement, je ne pense pas que vous pouvez obtenir un oui sincère en guise de réponse ». Catégorie : Allemagne
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10NOV
Berlin, Allemagne: une soirée magique Le président américain Barack Obama a livré un message de la Maison-Blanche qui a été très apprécié par la foule. Photo: Pascal Michaud Les Berlinois et les touristes ont commencé à arriver en début d'après-midi à la porte de Brandebourg.
Les célébrations ont été empreintes d'émotions pour plusieurs spectateurs. Ce joueur de trompette avaient les larmes aux yeux. Sur son t-shirt, on peut lire: 9 novembre 1989 : j'étais là. Photo: Pascal Michaud Catégorie : Allemagne
9NOV
Berlin, Allemagne: souvenirs du 9 novembre 1989 Le 10 novembre 1989, des Berlinois dansent et chantent sur le mur. Photo: PC/AP Photo/Thomas Kienzle « Moi, j’ai grandi avec ce mur-là. Donc, pour moi, c’était vraiment quelque chose de surréel qui ne pouvait pas se réaliser en vérité. » - Deniz Erdogan « Je ne savais pas quoi dire. C’était la grande surprise. J’étais complètement abasourdi. » Frank Heibert Catégorie : Allemagne
9NOV
Bucarest, Roumanie: l'homosexualité cachée Florin Buhuceanu, 38 ans, m’accueille dans les bureaux de l’organisation Accept, dont il est le président. La veille, j’avais essayé de trouver sur Internet l’adresse de cette organisation, qui est la plus importante à se consacrer à la défense des minorités sexuelles en Roumanie. « Elle n’est pas indiquée sur notre site », me dit-il. Instinctivement, je lui demande pourquoi. « Pour éviter les représailles », me répond-il. L’anecdote est révélatrice de la réalité à laquelle se heurtent les gais et lesbiennes en Roumanie. « C’est un sujet encore délicat. Si vous regardez les sondages, vous remarquerez qu’une part importante de la population a une opinion très négative de l’homosexualité. En fait, plus de 50 % des Roumains sont contre l’homosexualité et n’accepteraient pas d’avoir comme voisin ou collègue de travail une personne gaie ou lesbienne », me dit Florin Buhuceanu. Il m’explique que l’héritage de la période communiste, où l’homosexualité était considérée comme une maladie ou un crime, est encore bien présent dans la société roumaine. « Après tant d’années de criminalisation institutionnalisée et de climat d’intolérance généralisée, il serait difficile d’avoir un portrait différent ». Changer les mentalités: une tâche ardue Florin Buhuceanu reconnaît que la situation s’est améliorée depuis 1989. « D’un point de vue légal, il y a eu des avancées importantes ». Par exemple, en 2001, les relations sexuelles entre adultes consentants ont été dépénalisées. En revanche, les mentalités n’ont pas vraiment changé. « D’un point de vue social, le progrès ne s’est pas matérialisé », regrette-t-il. Il me raconte que la tension est toujours vive lorsque des marches pour les droits des minorités sexuelles sont organisées à Bucarest. « Chaque personne qui participe à ces événements doit être protégée par au moins trois policiers ». Ici, révéler au grand jour son homosexualité peut être dangereux. Pas étonnant, donc, de voir les gais et lesbiennes préférer vivre dans l’anonymat. « Ils ont encore peur, ils sont encore affectés par cette culture du silence et de la honte et ce phénomène est probablement lié à l’héritage du communisme ». Le président d’Accept trouve dommage que la défense des droits des gais et lesbiennes ne soit pas une priorité pour les politiciens roumains. Il déplore aussi le fait que peu de gais et lesbiennes décident d’afficher publiquement leur homosexualité en Roumanie. Il comprend néanmoins les raisons d’un tel choix. « Lorsqu’on est visible, on devient un scandale public ». Florin Buhuceanu demeure tout de même optimiste. Selon lui, le changement en Roumanie passera par les générations futures. Il garde bon espoir que les jeunes contribueront de plus en plus à l’évolution des mentalités en matière de défense des droits de minorités sexuelles. « Autrement, cette société ne pourra pas changer ». Catégorie : Roumanie
6NOV
Piscu, Roumanie: une transition difficile Le petit village de Piscu, situé à environ 40 km au nord de Bucarest, était prospère au début des années 80. À l’époque, toute la communauté vivait de la poterie. Plus de 100 fours destinés à la cuisson de la terre glaise fonctionnaient de façon régulière. Après le communisme, l’économie du village, où habitent aujourd’hui environ 600 personnes, s’est effondrée. L’invasion des produits en métal et en plastique a fait mal. Aujourd’hui, trois familles seulement produisent encore des articles de poterie. « Il y a beaucoup de chômage dans le village maintenant », m’explique Adriana Scripcariu, 31 ans, qui m’accueille dans sa maison rustique. « Maintenant, chacun fait ce qu’il peut ». La majorité des habitants n’ont pas été en mesure de dénicher un emploi après 1989. « Ils n’ont pas trouvé d’autres façons de gagner leur vie. Pendant des siècles, ils n’ont rien fait d’autre. Certains ont essayé de faire autre chose, mais peu d’entre eux ont effectué des études à l’université. » Adriana me dit qu’un grand nombre de villages en Roumanie se sont retrouvés dans la même situation après 1989. Les habitants de Piscu sont-ils nostalgiques de l’époque communiste? J’ai posé la question à Steluta, qui a toujours vécu dans le village. « Elle ne regrette pas ceci, mais elle ne regrette pas cela », m’explique Adriana, qui traduit ce que me raconte la dame de 65 ans. Cette dernière reconnaît que le système communiste avait ses défauts. « Avant, on devait se taire beaucoup. Maintenant, on peut parler. » Néanmoins, Steluta tient tout de même à m’énumérer certains des bons côtés du communisme. Elle aime me rappeler qu’avant 1989, l’État accordait de l’aide aux agriculteurs, notamment en les aidant à payer les équipements agricoles. Maintenant, dit-elle, travailler la terre est très compliqué. Elle m’explique qu’aujourd’hui, les villageois qui pratiquent encore l’agriculture reçoivent beaucoup moins que ce qu’ils donnent. « Avant, on pouvait sortir dans la rue la nuit sans avoir peur. Maintenant, c’est un peu plus dur. Il y a des problèmes de violence. Avant, la télévision, ça arrêtait à 22 h. Maintenant, les gens ont la tête comme ça parce qu’ils la regardent toute la nuit », ajoute-t-elle. Adriana partage l’opinion de la dame de 65 ans à ce sujet. « Si tu possèdes plusieurs choses et qu’elles te rendent fou, c’est mieux de ne pas les avoir. Si tes yeux sont rivés sur la télévision 24 heures sur 24 et que tu es incapable d’arrêter de la regarder, alors c’est pire que si tu la regardais seulement deux heures par jour ». Catégorie : Roumanie
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