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Mur de Berlin
À vous la parole
Vous avez été directement touchés par les événements? Vous étiez à Berlin quand le mur est tombé, ou tout simplement devant votre téléviseur?
Racontez-nous! Partagez avec nous des fragments de votre mémoire et envoyez-nous textes, photos, audios ou vidéos. Dites-nous ce que vous écririez sur le mur aujourd'hui.
Vous pouvez aussi envoyer vos commentaires sur ce que vous avez vu et entendu dans ce dossier.
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12 novembre 2009
Vingt ans que le mur de Berlin est tombé. Vingt ans! À l'époque, j'avais quinze ans. J'habitais en Belgique et en ce 9 novembre 1989 en soirée, toutes les chaînes de télévisions françaises, belges et allemandes, interrompirent brusquement leurs programmations pour diffuser cet évènement en direct.
Nous étions bien loin de CNN, mais pour l'époque nous vivions cette chute historique dans les moindres détails. Les présentateurs de l'époque y allaient de leurs analyses parfois justes et d'autres fois abracadabrantes en réagissant en direct à cette chute qui allait devenir historique.
Sur les images on pouvait voir des Allemands sabrant le champagne, tenant un marteau dans leurs mains et frappant de toutes leurs forces sur ce mur en espérant le faire tomber. Les larmes coulaient sur leurs visages et les enfants qui les accompagnaient ne comprenaient pas pourquoi leurs pères frappaient sur ce mur, qui jusque-là faisait partie de leurs quotidiens.
Moi devant la télévision, je regardais ces images en râlant parce que la RTBF (chaîne de télévision belge) avait interrompu le film de Belmondo. Ma défunte mère, qui avait vécu la Seconde Guerre mondiale, versait quelques larmes en me répétant sans cesse : « C'est historique mon garçon! »...
Mais à quinze ans, l'historique n'était qu'un mot dans le dictionnaire et comme je vivais au jour le jour, me laissant emporter et transporter par mes colères et mes sentiments, je regardais ma montre « Benetton » en me demandant à quelle heure ce mur allait enfin tomber pour regarder mon film.
Dans la cité de Seuris où je vivais, habitait une petite communauté allemande. Lorsque la première ouverture du mur fut ouverte, j'ai entendu des klaxons et des voitures qui roulèrent dans la cité avec leurs drapeaux allemands en signe de victoire, un peu comme si ces derniers venaient de remporter une énième fois la Coupe du Monde de football (soccer). Cette cité, si calme d'habitude, devenait un lieu de festivité.
Jean-Luc Doumont, Alma
10 novembre 2009
J'avais peut-êtres neuf ans et j'étais a peine assez grand pour voyager seul, surtout a Berlin loin de mon existence et de mon enfance dans la belle province. C'était en Juillet, ma mère et moi nous sommes partis pour prendre l'avion au dessus de l'atlantique pour nous diriger vers la famille.
Sept heures d'attente et de turbulences agaçait mon imaginaire et nourrissait ma peur, mais jamais autant que lorsque nous sommes arrives a la frontière qui divisait l'ouest et l'est de Berlin. "Achtung Sie verlassen jetzt West-Berlin", marqué d'un noir épais et menaçant sur un panneau qui nous faisait face comme un épouvantail qui n'avait qu'un seul but, nous faire fuir loin de cet endroit.
Ma mère et moi étions rendu au "Checkpoint Charlie", deux soldat en uniformes verts pale et ennuyeux nous observaient tandis qu'un autre posait des questions a ma mère en regardant nos papiers.
Je regardais vers cet homme qui portait la méfiance sur son visage pour comprendre la raison des paroles qu'il venait de prononcer d'un ton autoritaire, que moi je devais prendre un autre autobus pour passer la frontière.
Avant l'embarquement, ma mère m'expliquait qu'il y avait un autobus pour les Allemands et un autre pour les étrangers pour un meilleur contrôle et que c'était la seule façon de passer la frontière. Cette explication ne me suffisait pas; comment un enfant pouvait-il être une menace face a cet empire?
Seul dans l'autobus, jamais une réponse ne s'était manifestée et je fini par oublier. Quelques années passaient jusqu'au moment de la chute du mur, j'étais confortablement assis dans mon fauteuil en regardant avec fascination la tombée d'un symbole, d'une identité indestructible.
C'est alors que mon intelligence avait enfin décidé de me révéler la réponse. Ce n'était pas moi qui représentait une menace mais ma mère! Que venait faire une Allemande dans le pays communiste, essayer de faire passer la famille vers l'ouest ou bien distribuer des information sur la liberté capitaliste? Ces raisons suffisait pour un contrôle considérable.
Olav Morf, Montréal
10 novembre 2009
En 1989, je vivais dans une petite ville proche de la RDA, à Bad Lauterberg en Basse-Saxe. Comme beaucoup de gens, nous suivions les évènements concernant le Mur heure par heure, surtout à la radio.
Avec ma compagne, nous avons décidé de nous rendre à la frontière la plus proche en moto plutôt qu'en voiture car toutes les petites routes de campagne étaient prises d'assaut. Arrivés au poste de frontière et donc à quelques mètres des Allemands de l'Est qui sortaient de leur pays devant nous, j'ai eu une surprise assez mémorable.
J'ai vu arriver sur moi quelques hommes assez jeunes qui m'ont mis de côté pour admirer notre moto (qui n'était pas vraiment une laideur...). L'un d'entre eux est tombé à genoux et nous a dit avec des larmes dans les yeux : ''Dieu, qu'elle est belle. Dire qu'on n'a jamais été foutu de fabriquer çà dans notre pays''.
Quelques temps plus tard, toujours avec ma compagne, nous avons décidé de nous rendre dans sa ville natale, Braunlage, située très près de la RDA. Nous voulions aller en VTT sur la montagne la plus connue de la région, le Brocken.
Nous avions nos papiers d'identité et avant de nous retrouver sur le chemin de ronde de l'armée est-allemande, nous fûmes contrôlés par deux soldats des troupes frontalières qui, visiblement, n'étaient pas trop à l'aise et ne savaient trop comment se comporter.
Après une vérification rapide, ils nous ont laissé passer. En atteignant le sommet de la montagne sur laquelle se trouvait une des tours d'espionnage électronique opérée par les Russes et les Allemands de l'Est, il y avait encore un petit groupe de soldats soviétiques.
Ils étaient réunis autour d'un de leur camarade en train de pelleter dans une fosse, pas du tout joyeux. Cela sentait vraiment la punition à plein nez et ses collègues avaient l'air de se moquer de lui. Deux scènes restées inoubliables dans notre mémoire.
Alain et Edda Reysz, Montréal
10 novembre 2009
Lors de la chute du mur je n'étais pas présente. C'est seulement à Pâques 1990 que j'y suis allée. J'étais chez ma correspondante allemande et nous sommes allées voir sa soeur qui faisait des études à Berlin.
Ce qui m'a le plus marqué ce sont les personnes qui vendaient des morceaux de mur, des uniformes et des objets représentant l'Allemagne de l'Est devant le mur. Je suis passée à l'Est en montrant ma carte d'identité ou mon passeport, je ne me rappelle plus. En échange, j'ai reçu un laisser-passer tamponné aux armes de l'Allemagne de l'Est.
J'ai aussi pris le métro, les anciennes stations, fermées pendant tout ce temps étaient toujours là avec des signes en caractères gothique, tel que l'écriture allemande était avant le mur. On ne s'y arrêtait pas. Il y avait encore l'armée de l'Allemagne de l'Est dans sa tenue verte et des trabans garées à côté de bustes de Lénine.
En 2008, je suis retournée à Berlin, la ville a bien changé avec ses nouvelles constructions. Le métro central était en construction. Pourtant dans l'Est, avec ses grandes avenues et son parc dédié à Marx, une atmosphère particulière reste encore. Je ne pense pas que l'on puisse oublier ce moment. En espérant que cela ne recommence pas, même si d'autres murs de la honte sont construits actuellement.
Anais Janin, Montréal
10 novembre 2009
Quelle année, 1989 ! J'ai vu la chute du mur à la television au Brésil. En juin de la même année, j'étais à Pekin, a Tiananmen. J'ai pris le transsibérien pour revenir a Paris début juillet et fêter le 200e de la prise de la Bastille.
En chemin, je m'étais arrêtée a Budapest. Après 15 mois de voyage en "économie socialiste" (Russie - Chine - Hongrie), je repartais en septembre pour le Brésil. Je me rappelle avoir fêté mon anniversaire avec mes amis et fêté la fin du mur et d'une année mémorable pour le monde et pour moi.
Patricia Bécavin, Québec
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