La tradition parlementaire québécoise veut que le chef du parti ayant fait élire le plus de députés devienne premier ministre et dirige le gouvernement. Les autres partis et les députés indépendants constituent l’opposition.
Pour exercer le pouvoir exécutif, le gouvernement doit avoir l’appui d’une majorité des députés de l’Assemblée nationale, selon le principe de la responsabilité ministérielle.
Si, sur une question importante, plus de 50 % des députés lui
refusent leur confiance, le premier ministre doit présenter
la démission de son gouvernement. Le représentant de la couronne
britannique appelle alors de nouvelles élections, comme le
veut la tradition.
Gouvernement majoritaire
Si le parti au pouvoir détient la majorité des sièges à l’Assemblée nationale, le premier ministre dirige un gouvernement majoritaire.
Il a alors les coudées franches, puisqu’il peut compter sur la solidarité des députés de son caucus. Quoiqu’il arrive, il aura le soutien de la majorité des députés : son camp aura toujours le dessus sur ses adversaires dans un vote.
Le chef d’un gouvernement majoritaire a donc le loisir de décider lui-même du moment du déclenchement des élections. Il le fait habituellement après quatre ou cinq ans au pouvoir.
Gouvernement minoritaire
Si le parti au pouvoir, tout en étant celui qui a le plus de députés, n’a pas la majorité des sièges, son chef dirige plutôt un gouvernement minoritaire.
Dans cette situation délicate, le gouvernement doit toujours s’assurer d’avoir le soutien d’assez de parlementaires n’appartenant pas à sa formation pour obtenir l’appui d’une majorité, en Chambre.
Un parti d’opposition, s’il a assez de députés pour que son appui confère une majorité au gouvernement, obtient ainsi une certaine influence. En échange de ses votes, il peut demander des concessions ou des mesures au gouvernement.
La durée de vie d’un gouvernement minoritaire est généralement plus courte que celle d’un gouvernement majoritaire. Le premier ministre ne peut jamais tenir pour acquis le soutien que du Parlement. S’ils sont insatisfaits du gouvernement et sont prêts à aller en élection, les partis d’opposition peuvent le renverser et déclencher des élections.
Du jamais vu depuis presque 130 ans
Dans l’histoire du Québec, depuis la Confédération de 1867, une seule fois a-t-on élu un gouvernement minoritaire. C’était en 1878. les conservateurs avaient alors fait élire 32 députés et les libéraux, 31. Deux députés indépendants complétaient le Parlement.
Au fédéral, on a connu davantage la réalité des gouvernements minoritaires. L’actuel gouvernement conservateur de Stephen Harper en est un, comme le précédent, que dirigeait le libéral Paul Martin depuis l’été 2004.
Joe Clark, Pierre Elliott Trudeau, Lester B. Pearson, John Diefenbaker, Arthur Meighen et William Lyon MacKenzie King ont aussi dirigé des gouvernements minoritaires à Ottawa.
La durée de vie de ces gouvernements a été de moins d’un an et demi, en moyenne.