La démocratie n'a pas de prix. Pourtant, s'il est vrai que les Québécois sont prêts à investir ce qu'il faut pour assurer la santé de la leur, il y a un coût bien réel lié à la tenue d'une élection, l'exercice démocratique suprême.
Celle qui est en cours coûtera d'ailleurs plus cher que la
précédente - 35 % de plus. La facture électorale s'élèvera
cette fois à quelque 78 millions de dollars, comparativement
à 58 millions en 2003, selon le Directeur général des élections
du Québec (DGE).
Cela s'explique surtout par l'augmentation du salaire des travailleurs d'élections et de ceux de toute la fonction publique, augmentation à laquelle s'ajoutent les montants accordés aux travailleuses en vertu du règlement sur l'équité salariale.
Trois grands postes budgétaires représentent presque 90 %
des dépenses électorales du DGE. Il s'agit, outre la main
d'oeuvre qui compte pour près de 60 % des dépenses, du
remboursement de certaines dépenses électorales aux candidats
et aux partis, ainsi que des sommes consenties à l'information
des électeurs.
Les travailleurs d'élection
C'est une armée d'environ 100 000 personnes qui assurera cette année, dans toutes les circonscriptions du Québec, les fonctions nécessaires au bon déroulement de l'élection.
Il s'agit de préposés à la liste électorale, de scrutateurs, de membres de la table de vérification, de préposés à la saisie et de directeurs de scrutin, notamment.
Leurs salaires totaliseront plus de 45 millions de dollars,
une enveloppe de 50 % supérieure à ce qu'elle était en
2003. Au total, l'augmentation du coût de la main d'oeuvre
électorale comptera pour 15 des 20 millions de dollars supplémentaires.
À titre d'exemple, les salaires horaires des scrutateurs et des agents réviseurs passeront d'environ 10,50 $ à environ 15,50 %. Celui des préposés à la liste électorale, de moins de 8 $ à environ 12,50 $.
Au bureau du DGE, on affirme que cette majoration devrait éviter que ne reviennent les problèmes de recrutement éprouvés dans certaines circonscriptions, lors de la dernière campagne électorale.
Les autres dépenses
Le remboursement des dépenses électorales devrait représenter 16 % des dépenses du DGE pour le scrutin de 2007.
C'est qu'une dépense électorale est remboursée à 50 % par le DGE à un parti qui a obtenu au moins 1 % des votes valides lors d'une élection générale, ainsi qu'à un candidat élu avec au moins 15 % des votes valides. Quelque 13 millions de dollars serviront à ces remboursements, cette année.
Enfin, l'information à l'électeur - l'impression et la distribution
des cartes de rappel, les publicités, le manuel de l'électeur
- totalisera environ 7 millions de dollars.
Un suspense qui a son prix
Dans notre système électoral, le premier ministre a le privilège de décider du moment de dissoudre l'Assemblée nationale et de déclencher des élections.
Il s'agit d'un avantage politique certain pour le chef du gouvernement sortant, dont ont profité tous les premiers ministres de l'histoire. Cela dit, ce suspense a un prix, le DGE étant tenu dans l'incertitude. On a offert des formations aux travailleurs d'élection, l'an dernier, en prévision d'un possible scrutin automnal. On doit recommencer l'exercice cet hiver pour rafraîchir la mémoire des préposés - ce qui implique de nouvelles dépenses importantes.
Pour éviter ces dédoublements et réduire le coût des élections, le Directeur général des élections propose d'introduire au Québec la tenue d'élections à date fixe, un choix qu'ont déjà fait l'Ontario, Terre-Neuve et la Colombie-Britannique.
Voilà pour ce que coûte une élection aux citoyens. Bien sûr,
l'exercice entraîne aussi de grandes dépenses pour les partis
politiques - des dépenses encadrées et contrôlées par le Directeur
général des élections, en vertu de la Loi électorale québécoise.
Pour en savoir plus long à ce sujet, lisez ceci.