C'est un André Boisclair visiblement assommé qui s'est présenté devant les militants du Parti québécois réunis au Club Soda, à Montréal, lundi soir.
Avec beaucoup d'émotion, le chef péquiste dit entendre le message des Québécois, qui élisent un premier gouvernement minoritaire en 129 ans. Il promet tout de même un nouveau rendez-vous aux souverainistes.
« Les Québécois souhaitent être écoutés », a-t-il déclaré en parlant de ce premier gouvernement minoritaire, libéral, depuis 1878 au Québec. « Il nous faut gouverner d'une autre façon », a-t-il résumé, ajoutant que la nouvelle Assemblée nationale serait « en toute circonstance, sous haute surveillance. »
« Quelques sièges uniquement nous séparent du pouvoir », a ajouté le chef péquiste, dont le leadership au sein de son parti a souvent été remis en question depuis son accession à la tête du PQ, le 15 novembre 2005. Lundi, le PQ a récolté moins de 30 % des suffrages, son pire résultat depuis l'élection des premiers députés péquistes, en 1970.
M. Boisclair a d'abord remercié, trois fois plutôt qu'une, les militants péquistes pour leur appui. Il a aussi remercié chacun des électeurs s'étant déplacés pour aller voter, avec un salut spécial à ceux de sa circonscription de Pointe-aux-Trembles. Selon le chef péquiste, le PQ a mené une campagne responsable et a misé sur la confiance.
André Boisclair a salué tous les candidats, gagnants et perdants, ainsi que ses adversaires. « Je veux saluer M. Dumont [chef de l'ADQ] pour sa contribution à la campagne », a-t-il pris la peine de dire.
M. Boisclair a dit qu'il fallait « garder les portes ouvertes pour le développement du Québec, pour son avenir, pour la place qu'il a à jouer dans l'ensemble canadien, mais surtout pour la place qu'il a à jouer dans le monde. »
Appel à garder l'idéal souverainiste vivant
Le chef péquiste a rappelé toutefois sa vision de l'idée de souveraineté, qui s'inscrit selon lui dans un continuum historique, au moment où le Québec « célèbre 400 ans en Amérique du Nord, et qui le célèbre en français ». « Nous avons du travail à faire pour honorer ceux et celles qui, les premiers, ont défriché ces terres », a-t-il dit.
M. Boisclair a aussi lancé un appel à poursuivre le combat souverainiste pour les familles, les entrepreneurs, ainsi que les milieux syndicaux et communautaires. « Pour honorer ces gens qui croient que nous pouvons, chez nous, encore parler avec fierté de notre originalité, de notre distinction, de notre force », a dit M. Boisclair. « Ces flammes ne sont pas éteintes, même si elles brillent moins », a-t-il ajouté.
Il a conclu par un appel aux souverainistes qui ressemblait au « à la prochaine fois » de René Lévesque, après la défaite référendaire de 1980. « Nous sommes des millions à avoir ces rêves et ces projets. Bientôt, nous nous reverrons », a dit André Boisclair.