Harper pose ses conditions

Stephen Harper Stephen Harper

Des déclarations controversées du premier ministre conservateur sur le Québec et sur Stéphane Dion ont fait bondir tous les partis d'opposition à Ottawa.

Le premier ministre conservateur indique que son parti ne négociera qu'avec un gouvernement québécois fédéraliste une limite à son pouvoir de dépenser. Gilles Duceppe et André Boisclair n'ont pas tardé à riposter.

Tout d'abord, Stephen Harper s'est immiscé dans la campagne électorale québécoise, en indiquant qu'il ne négocierait le pouvoir fédéral de dépenser qu'avec un gouvernement provincial fédéraliste.

En réponse à une remarque du chef bloquiste Gilles Duceppe, qui lui demandait pourquoi le gouvernement fédéral ne s'engageait pas à transférer des champs fiscaux au Québec, que ce soit par des points d'impôt, des points de TPS ou une combinaison des deux, M. Harper a reconnu qu'« il y a plusieurs façons de régler le déséquilibre fiscal ».

« Nous sommes toujours prêts à considérer des possibilités, mais à la fin, pour avoir de telles relations fiscales avec les provinces, il est nécessaire d'avoir un gouvernement fédéraliste à Québec, un gouvernement qui respecte les champs de compétence des provinces, ici, à Ottawa. » — Stephen Harper

Le lieutenant québécois de Stephen Harper et ministre des Transports, Lawrence Cannon, a répété la position de son chef: « Ça prend des fédéralistes pour réformer le fédéralisme ».

Duceppe et Boisclair ripostent

Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a accusé le premier ministre de dérailler. Il a rappelé que dans le temps du tandem René Lévesque/Pierre Elliot Trudeau, des négociations fructueuses avaient eu lieu sur le transfert de certains points d'impôt, bien que les deux hommes aient eu des vues constitutionnelles diamétralement opposées.

« Qu'il préfère avoir un fédéraliste comme premier ministre, je veux bien, c'est son droit. Qu'il veuille choisir le premier ministre, là, il exagère. Mais qu'il dise "moi je ne négocierai les intérêts des Québécois qu'avec des gens que j'aurai choisis", c'est totalement inacceptable », a ajouté M. Duceppe.

André Boisclair André Boisclair

Le chef péquiste, André Boisclair, s'est pour sa part demandé si le premier ministre fédéral respecterait le choix démocratique des Québécois, si ceux-ci choisissaient sa formation lundi.

Lors d'un rassemblement mercredi soir à Laval, André Boisclair a sommé ses adversaires libéraux et adéquistes de rappeler à l'ordre « leur ami » Stephen Harper, dont il qualifie les propos de « chantage de bas étage ».

Pour le leader du PQ, l'ingérence du premier ministre du Canada dans la campagne électorale québécoise est un « grave dérapage ».

« Est-ce que vous êtes en train de nous dire que vous ne respecterez pas le choix démocratique que feront les Québécois lundi prochain? Est-ce que vous interviendriez de cette façon en campagne électorale en Ontario, en Alberta? », s'est interrogé M. Boisclair à l'intention de M. Harper.

Cette déclaration de M. Harper constitue une deuxième intrusion, cette semaine, dans la campagne électorale québécoise. Son budget de lundi a permis au chef libéral, Jean Charest, de promettre une baisse d'impôts aux Québécois.

Une autre polémique avec Dion

Par ailleurs, une autre polémique secoue actuellement la colline du Parlement, à Ottawa. Répondant à un commentaire du chef libéral, Stéphane Dion, qui réclame la démission du ministre de la Défense, Gordon O'Connor, Stephen Harper l'a accusé d'avoir plus de sympathie pour les prisonniers talibans que pour les soldats canadiens.

Les réactions n'ont pas tardé. Stéphane Dion a demandé des excuses et estime que le premier ministre a sali la réputation internationale du Canada. Le chef du Bloc québécois pense pour sa part que lancer de telles accusations montre un manque de respect envers la démocratie.