Le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) a réagi avec satisfaction au budget fédéral déposé lundi. Il a qualifié de « substantiels » les gains du Québec au chapitre du déséquilibre fiscal, affirmant qu'il s'agissait du résultat des efforts de son gouvernement depuis quatre ans.
Jean Charest qualifie le budget de « belle victoire pour le leadership du Québec », tandis que Mario Dumont estime que c'est le gouvernement Harper qui a tenu parole. André Boisclair, lui, parle d'un « exercice incomplet ».
Il a affirmé que la nouvelle formule de péréquation respectait les objectifs que son gouvernement s'était fixés.
Le chef libéral s'est réjoui de l'augmentation de 18,8 % sur un an des transferts fédéraux au Québec, qui totalisaient près de 11 milliards de dollars en 2006-2007 et qui atteignent 13,8 milliards en 2007-2008.
Il a cependant affirmé qu'au cours d'un prochain mandat, son gouvernement travaillerait à trouver une façon d'encadrer le pouvoir fédéral de dépenser. Il a également précisé que tout n'était pas réglé en matière d'éducation postsecondaire, mais que le gouvernement fédéral avait lui-même annoncé que des progrès restaient à faire.
Le cadre financier du PLQ se basait sur des transferts de 1,3 milliard de dollars, au lieu des 2,3 milliards annoncés par le ministre fédéral des Finances. M. Charest a dit qu'il allait étudier le budget avant de décider comment inclure ce milliard supplémentaire dans son cadre financier.
Mario Dumont applaudit
Le chef de l'ADQ, Mario Dumont, est satisfait du budget fédéral.
Mario Dumont
M. Dumont estime que le budget conservateur est un pas très important dans le règlement du dossier du déséquilibre fiscal.
Le chef de l'ADQ ne tarit pas d'éloges envers le premier ministre, Stephen Harper. Il a estimé que M. Harper a tenu sa parole. Il est la preuve, selon lui, qu'un politicien peut tenir ses engagements.
M. Dumont nuance toutefois son enthousiasme en indiquant que le pouvoir de dépenser du gouvernement fédéral doit trouver une solution permanente. Il propose que cette question soit inscrite dans la Constitution. M. Dumont estime que le premier ministre du Québec, Jean Charest, a eu une position faible sur ce sujet.
Dans sa réaction au budget Flaherty, M. Dumont estime que le mérite dans le règlement de la question du déséquilibre fiscal revient totalement à M. Harper et non à M. Charest.
Par ailleurs, le chef de l'ADQ craint que M. Charest fasse de la récupération politique sur le dos du budget fédéral. Il croit que M. Charest profitera de ce budget pour donner un habillage à son bilan.
Quant au Parti québécois, M. Dumont juge qu'il est « déculotté » par ce budget. Selon lui, le gouvernement fédéral a réussi à enlever au PQ ses arguments politiques.
« L'obsession référendaire » du PQ apparaît inutile en raison de « l'ouverture » des conservateurs, selon M Dumont.
Pas assez, selon Boisclair
André Boisclair
Le chef du Parti québécois (PQ), André Boisclair, a parlé pour sa part d'un « exercice incomplet ».
En point de presse, il a indiqué que le problème de fond qu'est, selon lui, le transfert des points d'impôts et de la TPS n'est pas réglé. Ce qui lui a fait dire qu'il reste encore « beaucoup d'ouvrage ».
M. Boisclair a déploré notamment que le calcul de la péréquation soit fait sur la base de seulement 50 % des revenus provinciaux provenant des ressources naturelles.
Il a aussi exprimé sa déception quant aux 400 millions de dollars réservés à l'éducation postsecondaire, alors que le Québec réclamait 1,1 milliard.
Quoi qu'il en soit, le chef péquiste n'a pas jugé utile d'applaudir les millions promis par le fédéral, estimant que « cet argent appartient aux Québécois ».
Il a insisté pour dire que ce budget « ne règle pas le problème pour l'accès aux champs fiscaux », et a qualifié la position du chef bloquiste Gilles Duceppe, qui appuie le budget conservateur, de « responsable et pragmatique ».
M. Boisclair ne voit pas, outre mesure, de contradiction entre sa position et celle de M. Duceppe. « On prend ce qui est sur la table et on continue le combat », a-t-il dit.
En somme, le chef péquiste a jugé qu'« on est loin d'un règlement définitif du déséquilibre fiscal », car le budget Flaherty ne contient « aucune nouvelle source de revenus, aucun transfert fiscal. »
Il a par ailleurs relevé la collusion entre Charest et Harper, dénonçant la satisfaction du chef libéral, qui avec sa « complicité évidente avec le fédéral [...] envoie le rapport Séguin [sur le déséquilibre fiscal] aux poubelles. »