Estrie, Mauricie et Centre-du-Québec

De chaudes luttes à prévoir

Journaliste : Julie St-Laurent

L'Estrie est un château fort libéral avec sept députés libéraux élus dans huit circonscriptions. Parmi eux, plusieurs ont occupé une fonction importante au sein du dernier gouvernement : Jean Charest, premier ministre, Yvon Vallières, ministre de l'Agriculture des Pêcheries et de l'Alimentation, et Monique Gagnon-Tremblay, ministre des Relations internationales. À moins d'une surprise, l'équipe libérale devrait rester bien en selle en Estrie.

Les électeurs de la Mauricie et du Centre-du-Québec sont toutefois plus divisés. Aux élections provinciales de 2003, les libéraux et les péquistes ont fait match nul dans ces deux régions après une rude bataille contre les adéquistes. La lutte s'annonce encore féroce à plusieurs endroits, notamment dans Champlain, Maskinongé, Trois-Rivières et Arthabaska. Avec ses multiples visites en Mauricie, le chef de l'ADQ, Mario Dumont, espère faire des gains dans cette région.

La région en images

Mont Orford, un dossier toujours aussi controversé

Mont-Orford Le Mont-Orford   © Jean Lavigne

La décision du Parti libéral de privatiser une partie du parc national du Mont-Orford divise toujours la population. L'appel d'offres lancée en décembre permettra la construction de condos sur le flanc de la montagne.

Les groupes écologistes s'opposent à ce projet, tout comme une majorité de citoyens. Selon un sondage commandé par Radio-Canada Estrie réalisé en février, 66 % des Estriens y sont opposés et souhaitent que le gouvernement revienne sur sa décision.

Québec solidaire et le Parti québécois s'engagent à abroger la loi 23, qui permet la vente des terrains du parc. Le chef du PQ, André Boisclair, s'est déplacé à Orford dès le début de la campagne pour prendre cet engagement. Cependant, cette position ne semble pas nuire au député libéral sortant dans Orford, Pierre Reid. Un sondage Crop-La Tribune donnait en février une avance de 10 points à Pierre Reid sur son plus proche riva, le péquiste Michel Breton.

Outre le débat au sujet du mont Orford, le tourisme qui bat de l'aile retient également l'attention, tout comme la prolifération de cyanobactéries (algues bleues) dans plusieurs plans d'eau.

Pierre Tousignant nous explique les résultats du sondage commandé par Radio-Canada Estrie.

Josée Thibault a assisté à l'annonce du chef du Parti québécois, André Boisclair, qui promet d'abroger la loi 23 si son parti est élu.

L'économie en difficulté

Norsk Hydro La fermeture de l'usine de magnésium Norsk Hydro est un enjeu majeur en Mauricie

Comme dans bien d'autres régions du Québec, l'Estrie, la Mauricie et le Centre-du-Québec sont durement touchées par la concurrence des pays émergents.

Les nombreuses entreprises manufacturières en subissent le contrecoup. En Mauricie, la fermeture prochaine de l'usine de magnésium Norsk Hydro à Bécancour, imputable à la concurrence asiatique, est un enjeu majeur. Les employés digèrent très mal la perte de 380 emplois et talonnent les candidats pour que les partis politiques s'engagent à trouver une solution pour relancer l'usine. L'un des membres du syndicat, Stéphan Vincent, s'est d'ailleurs présenté comme candidat indépendant dans Trois-Rivières, une candidature symbolique.

La crise dans l'industrie forestière frappe aussi grandement l'économie du nord de la Mauricie. En pleine campagne électorale, le premier ministre Jean Charest a toutefois tenté de calmer sur la scène économique le jeu en annonçant un important investissement pour moderniser l'usine Kruger de Trois-Rivières.

Avec un revenu moyen de 25 067 $, Sherbrooke est pour sa part l'une des villes les plus pauvres au Canada. Selon une étude réalisée par la firme KPMG, le faible coût de la main-d'oeuvre fait de Sherbrooke la ville où les coûts d'exploitation d'une entreprise sont les plus faibles au monde. Malgré ce constat, les fermetures d'usine sont nombreuses. Depuis 2005, plus d'une trentaine d'entreprises ont fermé leurs portes ou ont déménagé, laissant des centaines de travailleurs au chômage.

Karine Bastien explique les difficultés de Norsk Hydro lorsque l'usine a été mise en vente en juillet 2006.

Le syndicat de Norsk Hydro accuse les libéraux d'immobilisme.

Jacques Beauchamps a rencontré des travailleurs de l'industrie forestière qui ont perdu leur emploi en Haute-Mauricie.

Santé : les besoins toujours criants

CHRTR Centre hospitalier régional de Trois-Rivières

La Mauricie et le Centre-du-Québec font partie des régions où le manque de médecins est le plus criant. En janvier, elles comptaient 410 omnipraticiens, alors que les besoins sont évalués à 520. En Mauricie, seulement la moitié de la population a un médecin de famille. Le thème de la santé est, par conséquent, au coeur de plusieurs débats entre les candidats de la région.

Guy Marcotte s'est rendu dans la MRC de Maskinongé qui est le secteur de la région où le problème est le plus criant.






L'éducation : financement et décrochage

La promesse libérale de dégeler les droits de scolarité est loin de faire l'unanimité auprès des étudiants.

Avec deux universités et trois cégeps, la ville de Sherbrooke a une réputation de ville du savoir. La promesse des libéraux de dégeler les droits de scolarité est très loin de faire l'unanimité auprès des 30 000 étudiants de la région.

Toutefois, même si Sherbrooke est une ville étudiante, le taux de décrochage est très élevé chez les élèves du secondaire. Il est de 34 % chez les jeunes de la commission scolaire de la Région-de-Sherbrooke. Il s'agit d'un des pires portraits au Québec. C'est d'ailleurs la raison pour laquelle une coalition pour contrer le décrochage scolaire a vu le jour.

La problématique est encore plus préoccupante dans le Centre-du-Québec, où le taux de décrochage est évalué à 44 %. Dans les deux régions, le phénomène touche plus particulièrement les garçons. Pour contrer le phénomène, le Parti québécois et le Parti libéral promettent d'embaucher plus de spécialistes.

Jean-François Dumas trace le portrait de la situation à Drummondville.

Pierre Maisonneuve s'est déplacé à Sherbrooke pour discuter des enjeux liés à l'éducation.

Accommodements raisonnables : un débat qui ne lève pas

Des musulmanes visitent Hérouxville Des femmes du Congrès islamique canadien se sont rendues à Hérouxville, en février, pour convaincre les membres du conseil municipal de renoncer au controversé code de vie destiné aux immigrants.

Le débat sur les accommodements raisonnables tant souhaité par les élus d'Hérouxville ne lève pas. Les candidats dans Laviolette n'ont pas ramené le sujet à l'ordre du jour. Pourtant, le code de vie adopté en janvier à Hérouxville, dans lequel on stipulait l'interdiction de lapider ou de brûler des femmes, avait soulevé la controverse. Le conseiller municipal à l'origine du code de vie, André Drouin, est déçu que le débat ne soit pas relancé. Rappelons qu'en février, les élus d'Hérouxville ont accepté de modifier ce code controversé. Le texte ne fait plus référence à la lapidation.

Jean-Philippe Cipriani s'est rendu à Hérouxville après l'adoption du code de vie.