Le gouvernement libéral sortant n'a pas pris de temps pour répliquer aux attaques de Mario Dumont le mettant en cause dans l'effondrement du viaduc de la Concorde, à Laval, en septembre 2006.
Le chef libéral soutient que le chef adéquiste a induit les Québécois en erreur en ne lisant pas au complet les notes sur l'état du viaduc et l'accuse de faire de la « petite politique » indigne d'un aspirant premier ministre.
En point de presse au Saguenay, Jean Charest a remis son chapeau de premier ministre pour répondre aux allégations de M. Dumont. Il a d'abord accusé le chef adéquiste d'avoir fait preuve de « malhonnêteté » en choisissant de ne lire que des extraits des notes du ministère des Transports.
Il affirme que si M. Dumont avait lu les notes en entier, en particulier l'extrait qui disait qu'aucune intervention urgente n'était nécessaire, cela aurait donné une toute autre impression aux Québécois.
Selon lui, M. Dumont a décidé de faire de la « petite politique », une tactique indigne de quelqu'un qui veut devenir premier ministre du Québec.
Jean Charest affirme que toute cette histoire aura des impacts négatifs pour Mario Dumont. Il ajoute que le gouvernement libéral sortant a pris ses responsabilités et que jamais un gouvernement, le sien ou les précédents, n'aurait joué avec la sécurité publique.
Il a ensuite répété ce qu'il avait dit lors du débat, soit qu'il n'avait jamais eu connaissance des notes en question. Il a ajouté que ce genre de documents n'atterrissaient jamais au bureau du premier ministre.
La réplique de Després
Le ministre des Transports sortant, Michel Després, a lui aussi réagi aux propos de Mario Dumont.
En conférence de presse à l'heure du midi, M. Després a affirmé que ni lui ni le gouvernement n'avaient caché de l'information à la population, contrairement à ce que prétend M. Dumont.
Il a affirmé que les problèmes soulevés dans les documents présentés par Mario Dumont n'avaient aucun lien avec l'effondrement du viaduc. Il a ajouté que les notes de service ne mentionnaient aucunement qu'il y avait urgence d'effectuer des travaux sur le viaduc. Selon le ministre sortant, aucun signe avant-coureur ne laissait présager l'effondrement du viaduc. Selon lui, la tragédie du 30 septembre était un événement « exceptionnel ».
Présente à ses côtés, Anne-Marie Leclerc, sous-ministre adjointe au ministère des Transports, a confirmé les propos de M. Després. Le président de l'Association professionnelle des ingénieurs du gouvernement du Québec, Michel Gagnon, avait aussi corroboré ces informations un peu plus tôt mercredi.
Mme Leclerc a précisé que tous les documents du ministère relatifs au viaduc de la Concorde avaient été remis à la Commission d'enquête.
Le ministre sortant a ensuite indiqué que le gouvernement avait agi très rapidement dès l'effondrement de la structure, soulignant que la commission d'enquête avait été déclenchée dès le lendemain. Il a ajouté que, dans les jours suivant la tragédie, les ingénieurs avaient répertorié tous les viaducs semblables, qu'ils n'en avaient trouvé qu'un, le viaduc Deblois, et que celui-ci avait été détruit pour prévenir une autre catastrophe.
Il rappelle qu'en aucun cas le gouvernement n'a joué avec la sécurité de la population.
Charge contre Dumont
M. Després a qualifié la sortie de M. Dumont « d'inacceptable et d'irresponsable », indigne de quelqu'un qui aspire aux plus hautes fonctions de l'État québécois. Il accuse lui aussi le chef adéquiste d'avoir consciemment induit en erreur la population en ne lisant pas l'intégralité des notes.
Il s'est également demandé depuis combien de temps Mario Dumont avait en sa possession les documents. Michel Després soutient que s'il avait été responsable et digne de diriger le Québec, Mario Dumont aurait dû les remettre à la Commission d'enquête au lieu de les brandir au débat.
Charest mobilise ses troupes
Jean Charest
Lors d'un rassemblement mercredi soir à la Gare Windsor, à Montréal, Jean Charest a invité ses militants à « redoubler d'ardeur », à « rester unis pour réussir » et à « aller sur le terrain pour préparer la journée du 26 mars. »
L'objectif, a expliqué le chef libéral, est de « de continuer à construire notre système d'éducation et de santé, de continuer à développer nos ressources énergétiques, et non pas se baigner dans les illusions d'un homme seul », en référence à Mario Dumont.
M. Charest a rappelé que son parti compte 44 femmes candidates et dispose d'« une équipe, d'un plan et d'une vision pour l'avenir du Québec. »
Tout en critiquant le chef adéquiste qu'il qualifie de « démagogue seul, sans plan et sans équipe », Jean Charest a épargné son adversaire péquiste, André Boisclair.