Abitibi-Témiscamingue

Frappée de plein fouet par la crise forestière

Journaliste : Isabelle Maltais

En Abitibi-Témiscamingue, les problèmes que vit actuellement l'industrie forestière sont au coeur de la campagne électorale qui s'est amorcée le 21 février.

C'est donc sur fond de graves problèmes économiques que dans Abitibi-Est le ministre des Ressources naturelles sortant, Pierre Corbeil, tente de défendre le bilan de son gouvernement. Pendant ce temps, dans Abitibi-Ouest, le député péquiste sortant, François Gendron, qui représente les électeurs depuis maintenant 31 ans, sollicite un autre mandat. Finalement, dans Rouyn-Noranda-Témiscamingue, on attend de voir si le député libéral sortant, Daniel Bernard, qui avait profité en 2003 d'une division des votes entre le Parti québécois, à la tête de la circonscription depuis 14 ans, et l'Action démocratique, renouvellera l'exploit.

Du côté du Nord-du-Québec, qui compte une seule circonscription, Ungava, d'une superficie de 890 000 kilomètres carrés et d'une population électorale de 23 000 personnes, le départ du député péquiste Michel Létourneau ouvre la porte à son adjoint, Luc Ferland. Le Parti libéral lui opposera l'adjointe du ministre Pierre Corbeil, Aline Sauvageau. L'Action démocratique y sera représentée par Jacques Cadieux, un entrepreneur en foresterie, et Québec solidaire, par Gilbert Hamel. Le Parti vert n'y présente aucun candidat.

La région en images

La forêt

Industrie forestière

Basée en grande partie sur l'industrie forestière, l'économie de la région a durement subi les contrecoups de la crise qui sévit. De nombreuses usines ont fermé leurs portes, ce qui se traduit par une perte évaluée à 1600 emplois. Plusieurs villes mono-industrielles ont été profondément touchées, comme Malartic, Taschereau, Béarn et, bien sûr, Lebel-sur-Quévillon.

La région réclame des mesures de soutien à l'industrie. Elle parle aussi d'investir dans la sylviculture pour remettre la forêt en santé.

Tembec ferme trois scieries dans la région.

Sylvain Desjardins est allé à Lebel-sur-Quévillon en octobre 2006.

Les mines

Après plusieurs années de vaches maigres, la montée du prix des métaux redonne de la vigueur au secteur minier de la région. De nouveaux projets d'investissement voient le jour, projets qui visent à réétudier les sites déjà existants, à refaire l'analyse des gisements et à aller plus en profondeur. Peu de nouvelles mines sont toutefois mises en exploitation.

Fonderie Horne: l'entreprise tourne à plein régime.

L'autonomie régionale

On parle beaucoup dans la région de décentralisation et d'autonomie régionale. La plupart des candidats en ont d'ailleurs fait un de leur cheval de bataille.

La santé

Un médecin en exercice Un médecin en exercice (archives)

La région fait face à une importante pénurie de médecins. La mise en place d'unités de médecine familiale, l'ouverture aux médecins étrangers et l'embauche d'infirmières praticiennes sont parmi les solutions apportées pour régler le problème.

En plus des médecins, un grave manque d'infirmières et de pharmaciens d'établissement se fait également sentir.

Jessica L'Heureux nous dit que la robotisation pourrait alléger la tâche des infirmières et des pharmaciens d'établissement.





L'éducation

Classe

Les écoles de la région se vident de plus en plus. Les commissions scolaires de Rouyn-Noranda et de Val-d'Or perdent chaque année près de 200 élèves. Le directeur général de la commission scolaire de Rouyn-Noranda, Richard Gauthier, estime d'ailleurs que jusqu'en 2021 il devrait perdre encore un tiers de sa clientèle scolaire.

Pendant que les commissions scolaires font des pieds et des mains pour réussir à garder toutes leurs écoles ouvertes, une pénurie de travailleurs spécialisés frappe les deux grands secteurs générateurs d'emplois dans la région, soit la forêt et les mines.


Francis Labbé s'est rendu dans l'une des écoles les moins populeuses du Québec en Abitibi-Témiscamingue.

Caroline Gaudreault s'entretient avec Gaétan Laroche, professeur au Département de génie des mines de l'Université Laval, de la pénurie de main-d'oeuvre dans le secteur du génie minier

Industrie forestière: la pénurie de main-d'oeuvre devient inquiétante.

L'environnement

Ressources naturelles

L'environnement n'est pas un des enjeux majeurs de la présente campagne électorale. On en parle un peu, en arrière fond, mais l'économie est beaucoup plus un sujet d'inquiétude.

De passage dans la région, Jean Charest a tout de même souligné les 80 millions de dollars qui sont prévus dans le budget pour la décontamination de près de 400 anciens sites miniers, principalement dans le nord du Québec.

Nunavik : la poubelle minière de la province



Les autochtones

Communauté autochtone

Comptant pour 4 % de la population de l'Abitibi-Témiscamingue, les autochtones commencent à prendre une importance grandissante dans le paysage régional. Pensons seulement au Pavillon autochtone, qui sera construit sur le campus de l'Université du Québec en Abitibi-Témiscamingue (UQAT) à Val-d'Or.

Les autochtones sont aussi une des clientèles ciblées par le gouvernement pour réussir à combler les besoins de la région en travailleurs spécialisés. Des fonds seront d'ailleurs alloués par le Conseil cri sur l'exploration minérale pour la formation de techniciens miniers cris.

Les partenariats économiques se multiplient également entre entrepreneurs de la région et autochtones, particulièrement dans le dossier de la construction de la centrale hydroélectrique Eastmain1-A et de la dérivation de la rivière Rupert.

Ian-Thomas Bélanger nous dit que l'UQAT veut attirer des étudiants autochtones issus de communautés situées partout au pays.

Ian-Thomas Bélanger nous parle de l'association entre l'entreprise de construction MasséNor, de Val-d'Or, et la communauté crie de Wemindji.

De la formation sera donnée aux Cris.

Visites des chefs

Le 5 mars, André Boisclair a rencontré d'anciens travailleurs de Domtar à Malartic.

Le 3 mars, Jean Charest a rencontré des travailleurs de l'usine Domtar de Lebel-sur-Quévillon.