La guerre des trois

Dans la campagne électorale québécoise, le débat qui mettait en présence les chefs des trois plus grands partis a donné lieu à des échanges souvent vifs, et à l'occasion acrimonieux, mardi soir, à Québec. C'est le journaliste de longue date Jacques Moisan qui dirigeait les échanges.

Les échanges ont été très vifs au cours du débat qui mettait en présence les chefs des trois plus grands partis. Notre couverture.

Pendant deux heures, Jean Charest, André Boisclair et Mario Dumont se sont heurtés sur cinq thèmes:

. Santé et mission sociale
. Environnement et développement durable
. Gestion de l'État et économie
. Éducation, famille et développement humain
. Avenir politique du Québec


Mario Dumont

En raison d'un tirage au sort, c'est le chef adéquiste, Mario Dumont, qui a pris la parole en premier, suivi par André Boisclair, qui en est à son premier débat. Jean Charest a été le dernier à intervenir.

Le chiffre de Mario Dumont

Dès l'ouverture, Mario Dumont a annoncé que son cadre financier se chiffrait à 1,7 milliard de dollars. Il indique qu'il en donnera le détail au lendemain du budget fédéral.

« Nous allons rendre public notre cadre financier au lendemain du budget fédéral » — Mario Dumont

André Boisclair, de son côté, a rappelé les faits saillants de son programme, ajoutant:

« Nous tiendrons un référendum sur la souveraineté du Québec » — André Boisclair
Jean Charest

Jean Charest a pour sa part vanté le bilan de son gouvernement.

« Nous ne sommes plus les plus taxés en Amérique du Nord. Il n'y a jamais eu autant de Québécois au travail. » — Jean Charest

Prévenant les coups, toutefois, Jean Charest a reconnu que tout n'était pas fait en santé et s'est engagé à poursuivre les efforts pour améliorer le système de santé.

« Est-ce que nous avons été parfaits depuis notre élection? La réponse, c'est non. La vérité, c'est qu'il n'y a pas de solution magique, il n'y a pas de solution facile. La vérité, c'est qu'en santé, personne ne pouvait mesurer l'ampleur des dégâts causés entre autres par les mises à la retraite massives du gouvernement précédent. Nous avons fait tout ce qui était humainement possible. » — Jean Charest

Santé: les premières salves

C'est sur le thème sensible de la santé, justement, que le débat a commencé. Jean Charest, qui était le premier à ouvrir le bal des échanges, devait défendre le bilan de son gouvernement en la matière. Détail des échanges



Environnement et développement durable

Sur la question de savoir comment concilier le double défi du développement et de la sauvegarde de l'environnement, les attaques sont venues de toutes parts, mais principalement d'André Boisclair, qui, pugnace, a accusé le chef adéquiste de vouloir affaiblir le ministère de l'Environnement dans sa capacité de sévir contre les pollueurs et de réglementer. Détail des échanges



Gestion de l'État et économie

André Boisclair

D'entrée de jeu, M. Boisclair rappelle la promesse non tenue du gouvernement Charest de baisser les impôts. Il s'attarde aussi sur les 33 000 emplois perdus dans le domaine manufacturier. Détail des échanges



Famille et éducation, développement humain

Sur ces questions, Mario Dumont a rappelé que la famille comptait parmi ses premières priorités, rappelant ses mesures phares, comme le bébé bonus, ramener les bulletins chiffrés, revoir la réforme scolaire, mettre de l'argent dans les écoles plutôt que dans les structures. Détail des échanges



Avenir du Québec

« S'affirmer sans se séparer », c'est ainsi que Mario Dumont a résumé la politique autonomiste de son parti, qui préconise une Constitution québécoise et davantage d'autonomie pour les régions. Détail des échanges

Contre toute attente, la souveraineté du Québec n'a cependant pas occupé une place centrale dans le débat et le chef du Parti québécois n'a pas fait l'objet d'attaques virulentes de ses adversaires sur ce point.

Remarques finales

En conclusion, les chefs ont chacun rappelé que leur option était la seule valable pour le Québec et ont lancé un appel aux électeurs pour le scrutin du 26 mars.

« C'est leur jeu de noircir le plus possible le tableau. » — Jean Charest
« Jean Charest s'est lui-même disqualifié comme premier ministre du Québec. Il ne peut pas défendre les intérêts du Québec. » — André Boisclair
« D'ici l'élection, ils vont tenter de vous faire peur. Un vote pour l'ADQ, c'est un vote pour l'ADQ, et c'est d'abord un vote pour vous. » — Mario Dumont