Des attentes et des critiques

André Boisclair, Jean Charest et Mario Dumont  Photo :  PC/photomontage

Moins animée en activité partisane, les chefs des partis politiques étant en préparation pour le débat de mardi, la 20e journée de la campagne électorale a été l'occasion pour diverses organisations de rappeler leurs attentes et leurs préoccupations.

À la veille du débat des chefs, moment fort de la campagne électorale, différents groupes et syndicats ont réaffirmé leurs préoccupations et leurs revendications. Certains n'y sont pas allés avec le dos de la cuillère.

La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) interpelle les chefs Jean Charest, André Boisclair et Mario Dumont pour dire clairement comment ils entendent concilier, s'ils sont élus, développement économique et solidarité sociale.



Quel avenir pour la solidarité sociale?

Le président de la CSQ, Réjean Parent, rappelle que la solidarité sociale au Québec s'exprime, entre autres, à travers « le maintien d'un réseau de services publics de qualité et accessibles à toutes et à tous, et qui est aujourd'hui menacé par un courant de droite. »

M. Parent met en garde: « Il ne faudrait pas que nous nous réveillions le 27 mars avec un gouvernement qui, sous prétexte d'avoir été élu, considère avoir toute la légitimité nécessaire pour sabrer dans les services publics, réduire les programmes sociaux, ouvrir encore plus grande la porte à la privatisation en santé, fragiliser encore plus notre système public d'éducation, diminuer l'accessibilité aux études postsecondaires en augmentant les frais de scolarité [...] », a-t-il indiqué.

« Quoi qu'en disent certains tenants de la droite, la solidarité sociale n'est pas un concept qui a fait son temps au Québec [...] Il est fondamental que les chefs politiques qui aspirent à gouverner le Québec se prononcent clairement à ce sujet à l'occasion du débat pour que les citoyennes et les citoyens puissent faire un choix éclairé le 26 mars prochain. » — Réjean Parent

L'incontournable santé

La Coalition Solidarité Santé, qui regroupe des organismes communautaires et syndicaux, veut connaître les positions des partis politiques québécois sur des enjeux comme le financement et la réforme des soins de santé, la présence du secteur privé, les services à domicile et la pénurie de main-d'oeuvre.

Un couloir d'hôpital

La coalition relève que les dépenses gouvernementales du Québec en soins de santé sont les plus faibles parmi les provinces canadiennes. Selon elle, le budget de la santé devrait être augmenté de 2,6 milliards de dollars pour atteindre la moyenne canadienne.

La Coalition solidarité santé veut savoir jusqu'où les partis politiques sont prêts à aller pour mettre fin aux listes d'attente dans le réseau public et pour empêcher la montée d'un système privé parallèle.

Le regroupement estime également que les pénuries actuelles de main-d'oeuvre sont de sérieux obstacles qui compromettent l'accessibilité, la continuité et la qualité des services. Il constate par ailleurs la détérioration de l'accès aux services de réadaptation et de soutien à domicile pour les personnes qui présentent des limitations fonctionnelles.

Élever le débat

Le Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), qui se dit « fatigué du ronron de la campagne électorale », annonce que ses membres élèveront mardi soir une nacelle devant l'édifice du parlement, juste avant le début du débat des chefs.

Au-delà de la symbolique, ce sera aussi l'occasion pour des mal-logés de témoigner et de proposer des actions pour le prochain gouvernement afin de lutter contre la pauvreté et de mettre un terme à la crise du logement.

Les étudiants persistent et signent

Caravane du gel Les étudiants se mobilisent contre le dégel des droits de scolarité

Les étudiants d'université ont tenu à réaffirmer leur opposition à un éventuel dégel des frais de scolarité, comme comptent le faire le Parti libéral et l'Action démocratique du Québec.

La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) a voulu tâter le pouls de la population sur l'engagement du PLQ de hausser les droits de scolarité de 50 $ par session pendant la période 2007-2012. Un sondage commandé à cet effet révèle que 61 % des répondants sont en désaccord avec cette idée.

Le président de la FEUQ, Christian Bélair, y voit une arme de plus dans son combat contre le dégel des frais de scolarité projeté par le PLQ. « C'est sûr, dit-il, que dans le cadre d'une campagne, pour nous, c'est un bon indicateur de poursuivre notre campagne [contre le dégel des frais de scolarité] parce qu'on sait que l'opinion publique nous appuie. »

Volée de bois vert

Richard Desjardins prenait part à la rencontre du Réseau des groupes écologistes Le chanteur Richard Desjardins prenait part à la rencontre du Réseau québécois des groupes écologistes.

Le Réseau québécois des groupes écologistes a dressé lundi un véritable réquisitoire contre l'action du gouvernement Charest en matière environnementale, parlant plutôt d'inaction et même d'obstruction aux efforts de préservation dans certains cas.

Que ce soit en matière d'eau, de changements climatiques, de forêt, de pollution atmosphérique et de gestion des déchets, le réseau ne donne que des notes d'échec et d'abandon.

Aucun politicien n'échappe aux critiques des écologistes, qui n'hésitent pas d'ailleurs à dénoncer la couleur verte des pancartes et des discours qui s'accompagnent, selon eux, d'une absence totale de volonté ou de courage politique de passer aux actes.

Leurs dénonciations visent surtout « l'inaction complète face à la politique de l'eau, le non-respect des recommandations du rapport Coulombe sur la forêt ou l'absence totale de mesures concrètes pour atteindre les objectifs du protocole de Kyoto, qui a pourtant été entériné unanimement par les députés de l'Assemblée nationale. »

Les aînés s'expriment

citoyens aînés

La Fédération de l'âge d'or du Québec (FADOQ) interpelle, pour sa part, les partis politiques en lice pour connaître les mesures qu'ils préconisent en matière de santé, de logement, de proches aidants, de pauvreté, d'environnement et de famille.

La FADOQ veut aussi savoir ce que proposent les principaux partis au Québec pour faire face aux « grands changements démographiques qui sont irréversibles. »

Un questionnaire est d'ailleurs envoyé à chacune des principales formations politiques afin de mieux connaître leurs intentions. La FADOQ publiera la semaine prochaine les réponses obtenues sur son site Internet (www.fadoq.ca), afin de permettre à ses 280 000 membres de « faire un choix éclairé le 26 mars prochain. »

L'actualité en direct

    Facebook