Bas-Saint-Laurent

Une région de contrastes

Journaliste : Joane Bérubé

La région administrative du Bas-Saint-Laurent compte quatre circonscriptions et une moitié de circonscription, soit Matane dont les limites couvrent aussi une partie de la Gaspésie. Aux dernières élections, la région comptait 129 481 électeurs. Durant le mandat du gouvernement libéral, le taux de chômage du Bas-Saint-Laurent est descendu pour la première fois en 2004 sous la barre des 10 %. Cependant, au début 2007, le taux de chômage est remonté à plus de 10 %.

Cette situation cache plusieurs disparités entre les différents secteurs du territoire. Dans des MRC plus rurales, comme Les Basques, Témiscouata, La Matapédia ou Matane, l'économie est plus dépendante de l'exploitation des ressources naturelles. D'autres MRC s'en tirent beaucoup mieux, comme Kamouraska, Rimouski-Neigette et Rivière-du-Loup, en exploitant des secteurs comme les biotechnologies, la métallurgie, les technologies de l'information ou le domaine maritime. En fait, pendant que la Ville de Rivière-du-Loup parle de pénurie de main-d'oeuvre, le chômage atteint plus de 15 % dans la MRC Matapédia.

La région en images

L'industrie forestière en crise

Forêt Matapedia

Le Témiscouata comme la Matapédia ont d'ailleurs été durement touchées par la crise qui ébranle l'industrie du bois d'oeuvre. Le forestier en chef a récemment réduit de 30 % le calcul de la possibilité forestière dans la région du Bas-Saint-Laurent. Cette diminution s'ajoute à celle de 20 % déjà imposée à la Matapédia. Pour la population, ces données se traduisent par une diminution du travail en forêt et par la fermeture de la scierie du village. Les effets de cette diminution sont cependant atténués par l'importance des producteurs de boisés privés dans la région qui assurent 40 % de l'approvisionnement en usine. Les problèmes de l'industrie forestière ont jeté de l'ombre sur ceux de l'agriculture, qui demeure un des secteurs importants du Bas-Saint-Laurent.



Exode et décroissance

La région est aussi en décroissance démographique. Cette réalité est surtout vécue dans le monde rural où cela se traduit principalement par des débats autour de la survie des petites écoles de villages et le financement des infrastructures municipales. Par ailleurs, dans une région qui compte quatre petits cégeps, un institut maritime, un institut agroalimentaire et une petite université, l'UQAR, le financement des études post-secondaires demeure un sujet de préoccupation.

Les éoliennes : un vent d'espoir

Éoliennes dans le Bas-Saint-Laurent

Toutefois, c'est le développement de la filière éolienne qui demeure un des sujets d'actualité. L'appel d'offres d'Hydro-Québec pour l'achat de 2000 mégawatts d'énergie éolienne a suscité l'émergence de bon nombre de projets dans la région. Sur la table, près d'une trentaine de projets de parcs éoliens sont en voie de réalisation ou en préparation dans le cadre d'appels d'offres prévus par Québec.

La multiplication de ces projets et l'empressement de certains promoteurs, dont Skypower à Rivière-du-Loup, ont soulevé l'inquiétude de plusieurs citoyens. Des mouvements de protestations, comme Éole-prudence ou Éole-vigilance, sont venus rappeler à la population que le développement de l'industrie éolienne devait aussi se faire en harmonie avec les milieux de vie.

Juste avant les élections, le ministre des Ressources naturelles, Pierre Corbeil, a reporté à l'automne le dépôt des propositions dans le cadre de l'appel d'offres de 2000 mégawatts. Le ministre en a profité pour fixer un montant minimal de redevances à verser aux propriétaires terriens.

La question des redevances et celle des retombées économiques dans le milieu ont été au centre de vifs débats entre citoyens et promoteurs. Pour répondre à ces préoccupations, des groupes de citoyens et des municipalités ont entamé des démarches pour préparer des projets de parcs éoliens communautaires. Avec la formation du Regroupement des coopératives en énergies renouvelables, la région est à l'avant-garde de ce type de développement éolien.