Projets pour l'Hôtel-Dieu, attaques pour les adversaires

Jean Charest parle santé en ce 8e jour de campagne Jean Charest parle santé en ce 8e jour de campagne

En conférence de presse au centre de recherche de l'Hôtel-Dieu de Québec, mercredi matin, le chef libéral Jean Charest a annoncé l'engagement de sa formation de réaliser le projet de modernisation de l'institution de Québec. Le projet, il faut le préciser, était déjà dans les cartons du gouvernement libéral, qui en avait fait l'une de ses priorités dès mai 2006.

Le chef libéral Jean Charest a annoncé mercredi l'engagement de sa formation de réaliser le projet de modernisation de l'institution de l'Hôtel-Dieu de Québec. Il en a profité pour critiquer les intentions de ses adversaires en santé, dans une région où la lutte devrait être chaude.

De passage au Centre de recherche en cancérologie de l'établissement en compagnie des candidats libéraux de la région de la Capitale-Nationale, Jean Charest a donné les détails du projet, qui verrait le nombre de lits passer de 257 à 350, augmenterait la capacité d'accueil de l'urgence et ajouterait deux salles d'opération à l'institution, en plus de moderniser l'équipement.

On augmentera aussi la proportion de chambres individuelles, ce qui est la tendance dans le contexte hospitalier nord-américain, a souligné Jean Charest.

Berceau de la médecine en Amérique du Nord, l'établissement fondé par les Augustines en 1639 fera l'objet d'importants travaux d'agrandissement et de modernisation pour faire face à l'augmentation de sa clientèle.

Jean Charest a déclaré que ce projet permettrait de placer l'Hôtel-Dieu à l'avant-garde des soins en cancérologie, en cardiologie et en néphrologie, entre autres, et de faire face à l'augmentation du nombre de cancers lié au vieillissement de la population.

Philippe Couillard, candidat dans Jean-Talon, a de son côté chiffré ce projet d'agrandissement à environ 400 millions de dollars. Les travaux, qui comprendront un volet de préservation de l'édifice patrimonial, doivent commencer en 2008.

Bilan et attaques

Jean Charest et Philippe Couillard ont tous les deux affirmé que le bilan de leur gouvernement en santé était positif dans la région de Québec.

« On a remis 5,7 milliards depuis 4 ans, uniquement en santé et en services sociaux. » — Jean Charest

Jean Charest affirme avoir un plan très clair pour assurer des services de qualité aux Québécois ainsi que des temps d'attente raisonnables.

Le chef libéral en a profité pour attaquer les intentions de l'Action démocratique, qu'un sondage montre en bonne posture dans la région. Il l'a notamment critiquée sur la question des cliniques sans rendez-vous. Pour Jean Charest, ces cliniques ne peuvent répondre aux besoins d'une population vieillissante, qui a besoin de suivi régulier.

Au sujet du Parti québécois, Jean Charest a parlé d'un bilan désastreux en matière de santé et d'un manque de vision.

« L'épisode péquiste est l'un des épisodes les plus malheureux dans la santé avec des coupures drastiques; à côté de cela, l'ADQ a une vision assez limitée, pour ne pas dire inquiétante. » — 

Question sur la vaccination

Interrogé sur les retards enregistrés dans la vaccination des petits Québécois, Philippe Couillard confirme qu'en effet, 2005 a été une période difficile, mais il indique que depuis la situation s'est redressée. Il ajoute que pour la région de Québec, on n'enregistre actuellement aucun retard dans les programmes d'immunisation.

Attaque l'un, ignore l'autre

En après-midi et en soirée, le chef libéral est resté dans la région de Québec, où il a poursuivi ses attaques à l'endroit de l'ADQ et de son chef, Mario Dumont.

En entrevue à la station de radio CHOI-FM, M. Charest a qualifié de « mal ficelé » l'engagement de l'ADQ de verser 100 $ par semaine aux familles pour chaque enfant qui ne fréquente pas une garderie subventionnée. « Quand l'ADQ vous parle de ça, vous ne trouvez pas qu'elle devrait vous dire où elle prend l'argent? », a-t-il demandé.

Lors d'un rassemblement partisan à Lévis, sur la rive sud de Québec, il a de nouveau demandé à Mario Dumont de chiffrer les promesses de son parti. Lors de cette allocution, il n'a pas glissé un mot sur le chef péquiste, André Boisclair.

Lutte à trois dans la région de QuébecLa lutte est très serrée dans la région de Québec. Selon un sondage réalisé par CROP pour Le Soleil et La Presse, les libéraux, les péquistes et les adéquistes se partagent la faveur des électeurs comme suit, après répartition des indécis :

  • PLQ : 32 %
  • ADQ : 30 %
  • PQ : 25 %

Dans la région sondée, neuf circonscriptions sont détenues par des libéraux, une est péquiste (Taschereau) et une adéquiste (Chutes-de-la-Chaudière).

Le sondage a été réalisé du 22 au 25 février auprès de 500 personnes dans la région de Québec. Sa marge d'erreur est de 4 %, 19 fois sur 20. 12 % des répondants se sont dits indécis.