Quand il ne reste plus que le vent
Journaliste : Joane Bérubé
La Gaspésie compte trois circonscriptions, Gaspé, Bonaventure et Îles-de-la-Madeleine et, selon les données de 2003, un peu plus de 66 800 électeurs. On y trouve aussi une « moitié de circonscription », celle de Matane, à cheval entre le Bas-Saint-Laurent et la Gaspésie, qui comptait en 2003 un peu plus de 28 000 électeurs.
En janvier 2007, le taux de chômage était de 18,3 %, comparativement à 7,7 % pour l'ensemble du Québec. Le revenu annuel des Gaspésiens, qui dépasse à peine 15 000 $, est le plus bas au Québec, après celui du Nord-du-Québec. La région affiche toujours la plus forte dépendance aux transferts gouvernementaux au Québec.
L'industrie forestière en difficultés
Forêt et montagne de la Gaspésie
Depuis 2003, la région a été durement touchée par les difficultés de l'industrie forestière. L'échec de la relance de Papiers Gaspésia est devenu patent, et Chandler envisage maintenant de reconvertir les installations de l'ancienne papetière.
En juillet 2005, Smurfit-Stone mettait la clé sous la porte de sa cartonnerie de New Richmond. Cette dernière fermeture a mis un terme définitif à la présence de la grande industrie papetière en Gaspésie et met en danger la survie du lien ferroviaire. Le propriétaire du tronçon Matapédia-Chandler estime que la ligne n'est plus rentable et souhaite la démanteler. Cet exemple illustre la fragilité des infrastructures de transport dans cette région éloignée des grands marchés.
Enfin, comme un peu partout au Québec, la crise de l'industrie du bois d'oeuvre a entraîné la fermeture de bon nombre de scieries. Un des plus importants industriels du sciage de la région, le groupe GDS, s'est placé à l'été 2006 sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. Dans la foulée du rapport Genest sur la restructuration régionale de l'industrie, plusieurs scieries ne rouvriront pas leurs portes. Le rapport recommande de ne conserver qu'une seule scierie par MRC.
Le secteur des pêches malmené
Quai de Marinard à Rivière-au-Renard
Le secteur des pêches a aussi été malmené au cours des quatre dernières années. Les prix au débarquement du crabe et de la crevette ont chuté, victimes de la concurrence internationale. C'est particulièrement vrai dans le cas de la crevette nordique, qui peine à rivaliser sur les marchés avec la crevette asiatique, même au Québec. En 2005, le gouvernement Charest a dû intervenir d'urgence pour sauver Marinard, la plus importante usine de transformation de crevette au Québec. Aux Îles-de-la-Madeleine, deux incendies ayant détruit deux usines de transformation des produits marins ont rappelé le fragile équilibre des économies dépendantes de l'exploitation des ressources naturelles.
Le reportage de Catherine Saint-Vincent Villeneuve
Les éoliennes à la rescousse
La seule véritable embellie économique de la Gaspésie au cours des quatre dernières années est venue du secteur éolien avec la construction notamment de l'usine LM Glasfiber à Gaspé et l'érection des parcs de 3CI à Murdochville. La région pourra compter sur ce développement jusqu'en 2012 avec la construction en Gaspésie des parcs éoliens du premier 1000 mégawatts achetés par Hydro-Québec. La région espère qu'elle pourra continuer à développer la filière dans le cadre de l'appel d'offres de 2000 mégawatts, dont l'échéance vient d'être reportée à l'automne.
Dans la région, certaines circonscriptions sont de traditions libérales, comme Bonaventure, d'autres votent majoritairement pour le Parti québécois depuis 1994. Enfin, la circonscription de Matane est aussi imprévisible que le scrutin de la plupart des campagnes électorales.
La journaliste Sylvie Aubut a assisté à l'inauguration du parc de Baie-des-Sables.