Des centaines de millions de dollars sont investis chaque année par le Canada pour financer les travaux de milliers de chercheurs qui travaillent dans les universités, les hôpitaux, les agences, les instituts et les compagnies pharmaceutiques.
Deux personnalités du milieu de la recherche se prononcent sur ce que devrait faire un gouvernement fédéral afin d'améliorer le secteur de la recherche au pays.
Le financement public est ainsi au centre des préoccupations de nombreuses équipes de recherche partout au pays. À l'aube de l'élection d'un nouveau gouvernement, deux personnalités du monde de la recherche partagent leur vision de ce que devrait faire ce nouveau gouvernement dans leur domaine.
Fondamentale est la recherche
Pierre Noreau
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RDI
Le financement de la recherche fondamentale est crucial, estime le Dr Pierre Noreau, professeur au Centre de recherche en droit public de l'Université de Montréal et président de l'Association francophone pour le savoir (ACFAS).
Selon ce chercheur, un gouvernement idéal favoriserait cette branche de la recherche qui regroupe les travaux sans but économique précis, mais dont les résultats débouchent souvent sur des percées médicales, techniques ou pharmaceutiques importantes.
Actuellement, ce type de recherche, qui fait rarement l'objet de partenariats avec l'industrie, compte largement sur le financement public. Or, selon le Dr Noreau, la faible augmentation du financement fédéral dans ce domaine ne réussit pas à suivre le nombre grandissant de chercheurs que forme notre société du savoir. Ainsi, la demande n'est pas concordante avec l'offre de financement, une réalité qui pousse les institutions subventionnaires à augmenter les embûches pour obtenir des fonds de recherche.
Les coûts indirects
Le Dr Michel Therrien, vice-recteur à la Recherche et aux relations internationales de l'Université McGill estime pour sa part que le gouvernement fédéral devrait augmenter son financement des coûts indirects liés à la recherche. Ces coûts incluent entre autres l'entretien des locaux et des laboratoires, la gestion des programmes informatiques et les ressources humaines.
Michel Therrien
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Université McGill
Le docteur Therrien espère que le prochain gouvernement augmentera l'enveloppe budgétaire de ces coûts, pour qu'elle corresponde à environ 40 % du budget de recherche. Ainsi, pour un budget de recherche de 100 000 $, une université recevrait un montant supplémentaire de 40 000 $, alors qu'il correspond actuellement à 21 000 $.
Cibler l'excellence
Les deux chercheurs s'entendent sur le fait que le prochain gouvernement devrait privilégier certains créneaux, ce qui permettra de développer un savoir particulier à partir duquel le pays se formera une « personnalité » scientifique internationale.
Selon M. Therrien, un gouvernement idéal trouverait un juste équilibre entre le financement de programmes de recherche qui prennent en compte les réalités régionales et l'appui à des domaines spécifiques de recherche basés sur les forces qui forgent l'expertise internationale d'un pays.
De son côté, le Dr Pierre Noreau estime que le fait d'attirer et de former des chercheurs de calibre international contribue à l'image d'un pays.
À cet effet, il donne l'exemple des États-Unis, un pays qui a développé en grande partie sa puissance en important le savoir de l'extérieur.
Le docteur Therrien remarque pour sa part que le rayonnement international a pris une grande importante depuis quelques années. Selon lui, la compétition se trouve maintenant à l'échelle du globe, d'où l'importance de privilégier des secteurs d'excellence puisqu'il est impossible d'être le meilleur dans tous les domaines.
De la transparence
Le Dr Noreau estime qu'un gouvernement devrait être transparent et ne devrait pas retenir les résultats de travaux menés à partir de fonds publics.
Selon lui, un État peut parfois justifier politiquement qu'un moment n'est pas opportun pour faire connaître les conclusions d'une enquête, mais cela ne doit pas se produire de façon systématique, et ce, dans l'intérêt de tous.
La culture scientifique
À titre de président de l'Association francophone pour le savoir, dont un des mandats est de promouvoir la culture scientifique, le Dr Noreau fait aussi un souhait à propos de la vulgarisation de la science.
Le Dr Noreau pense donc que l'État idéal devrait encourager davantage les scientifiques à expliquer leur travail.