Stephen Harper écoute la question d'un journaliste à Lévis.
De passage dans la région de Québec, mardi matin, Stephen Harper a tenté de convaincre les électeurs qui hésitent toujours à appuyer son parti qu'ils n'avaient rien à craindre d'un gouvernement conservateur majoritaire.
Le chef conservateur affirme que les sénateurs, les juges et les fonctionnaires nommés par les libéraux empêcheraient un gouvernement conservateur d'exercer le pouvoir de façon absolue.
M. Harper a expliqué que le Sénat, la haute fonction publique et les cours de justice ont pris une forte tendance libérale depuis 1993 et que ces contrepoids ne permettraient pas à un gouvernement conservateur majoritaire d'agir comme il l'entend.
Le chef conservateur semblait ainsi faire un parallèle avec le système de checks and balance qui existe aux États-Unis, c'est-à-dire l'équilibre entre les pouvoirs exécutif, législatif et judiciaire.
« Même avec une majorité, c'est impossible d'avoir un pouvoir absolu pour les conservateurs. Il existe des vérifications, un équilibre, et c'est la réalité », a-t-il dit.
Le Sénat canadien compte en effet 67 libéraux, 23 conservateurs, 5 indépendants, 4 progressistes-conservateurs et 1 néo-démocrate, avec 5 sièges vacants.
En ce qui concerne la haute fonction publique, des sources dans l'entourage du chef conservateur ont confié à la Presse canadienne que certains de ces fonctionnaires jugés trop près des libéraux pourraient être remplacés.
Enfin, le système judiciaire canadien exige indépendance et objectivité de ses juges, même s'ils sont nommés par le gouvernement fédéral.
Harper tend la main aux Québécois
Stephen Harper, entouré de Maxime Bernier et Josée Verner
Stephen Harper a plaidé en faveur de l'élection de députés conservateurs au Québec de façon à ce que la province joue un rôle au sein du prochain gouvernement.
Et deux fois plutôt qu'une, puisqu'il a tenu le même discours enflammé, presque exclusivement en français, lors d'un rassemblement partisan à Lévis-Bellechasse mardi matin, puis à Saint-Joseph-de-Beauce, en après-midi.
« Nous allons construire un Québec plus fort au sein d'un Canada meilleur », a affirmé un Stephen Harper manifestement enthousiaste devant ses candidats.
S'en prenant davantage au Bloc québécois qu'aux libéraux, le chef conservateur a soutenu que « M. Duceppe a raison d'être inquiet ».
Évoquant plusieurs enjeux, comme le déséquilibre fiscal et l'ingérence fédérale dans des domaines de juridiction provinciale, il a admis que « depuis 16 ans, le Bloc travaille fort ». Mais « la politique du Bloc, c'est la politique de l'impuissance, la politique de la chaise vide. Ce n'est pas dans l'intérêt des Québécois », a-t-il poursuivi.
En référence aux actions réclamées par les Québécois, « les libéraux ne veulent pas le faire, les bloquistes ne peuvent pas le faire », a répété M. Harper.
« La place du Québec n'est pas dans les estrades, la place du Québec est sur la patinoire ». Nommant plusieurs des candidats de son parti dans la région de Québec, il a ajouté que « le Québec va finalement marquer des points à Ottawa ».
Il a enfin appelé ses troupes à convaincre les électeurs ayant appuyé le Bloc ou les libéraux lors d'élections précédentes à voter pour le parti conservateur. « Les libéraux et les bloquistes sont le passé. Nous sommes l'avenir de ce pays », a-t-il déclaré.
Il s'agissait de la cinquième visite du chef conservateur au Québec depuis le début de la campagne.
Division sur la péréquation
Lors du point de presse tenu en matinée, Stephen Harper a en outre admis que ses promesses sur la réforme de la péréquation allaient à l'encontre de la position du Québec sur la question, mais il s'est dit ouvert à des négociations sur le sujet.
Le plan conservateur dévoilé vendredi dernier prévoit exclure du calcul de la péréquation les revenus tirés des ressources naturelles non renouvelables, en particulier les revenus pétroliers. Le Québec revendique au contraire l'inclusion de tous les revenus provinciaux, une méthode qui augmenterait ses propres revenus de péréquation.