
Environnement
![]() Stephen Harper |
Le chef du Parti conservateur, Stephen Harper, est revenu jeudi sur la question du protocole de Kyoto, en déclarant que sous un gouvernement Harper, le Canada établirait ses propres objectifs de réduction des gaz à effet de serre, des objectifs plus réalistes, a-t-il dit.
Les dernières statistiques dévoilées indiquent que le volume des émissions canadiennes a crû de 24 % depuis 1990, alors qu'en vertu du protocole, Le Canada doit baisser ses émissions de 6 % d'ici 2012 par rapport au niveau de 1990.
M. Harper estime que les objectifs fixés dans le cadre de l'accord ne seront atteints ni au Canada ni à l'échelle internationale. Il dit espérer qu'un futur traité liera les grands pollueurs qui n'ont pas ratifié le protocole, comme les États-Unis, ou encore les pays en voie de développement qui se contentent de faire l'inventaire de leurs émissions, comme la Chine et l'Inde.
« Je me suis engagé à continuer les activités du gouvernement dans des consultations avec le reste du monde, a déclaré M. Harper, en point de presse à Halifax. Évidemment, le Canada doit prendre ses propres décisions, mais nous favorisons une entente globale, mondiale, sur les gaz à effets de serre. »
Entre-temps, le chef conservateur se propose de discuter d'objectifs et de solutions avec les provinces, ce que les libéraux aurait dû faire selon lui avant de ratifier le traité. M. Harper en a profité pour rappeler sa promesse de faire participer les provinces à toute négociation d'une entente internationale sur des sujets touchant leurs compétences.
Selon Elizabeth May, du groupe environnemental Sierra Club, Stephen Harper se trompe lorsqu'il affirme que les provinces n'ont pas été consultées avant les négociations de Kyoto.
« Nous devons respecter les engagements pris en ratifiant le protocole de Kyoto. Sinon, il s'agirait d'un aveu d'irresponsabilité », affirme Mme May.
Il serait possible pour le Canada de se retirer du protocole de Kyoto, mais seulement à partir du 16 février 2008, troisième anniversaire du traité. Un retrait serait effectif un an après en avoir avisé les Nations unies par écrit.
Si un gouvernement décidait de tout simplement ignorer les obligations contenues dans le protocole, il se verrait imposer des objectifs plus sévères à l'avenir. Le protocole est en effet soumis à la loi internationale.
Une question de crédibilité, selon Dion
![]() Stéphane Dion (archives) |
Le ministre sortant de l'Environnement, le libéral Stéphane Dion, juge que la position des conservateurs nuirait au combat mondial contre les changements climatiques. De plus, un tel changement de politique enverrait le message que le Canada devient un opposant au protocole de Kyoto.
« C'est la crédibilité du Canada dans le monde qui est en jeu, avertit M. Dion. Ce serait une volte-face, une volte-face complète. »
Stéphane Dion ajoute que les statistiques dévoilées sur la performance du Canada dans la lutte aux gaz à effet de serre datent de 2003. Selon le candidat libéral dans Saint-Laurent-Cartierville, le nouveau plan mis en place par son gouvernement en 2005 sera beaucoup plus efficace.
Le 20 mars 2004, les membres du Parti conservateur du Canada élisent Stephen Harper chef du nouveau parti.