Gilles Duceppe
Le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, a dû modérer son discours sur les commandites fédérales, mardi, lors d'un passage à Sainte-Anne-de-la-Pérade, capitale québécoise de la pêche aux poulamons située entre Trois-Rivières et Québec.
Le chef bloquiste s'engage à faire pression pour rétablir le financement fédéral d'événements régionaux au Québec, abandonné à la suite du scandale des commandites.
Le président de l'Association des pourvoyeurs, qui chapeaute l'événement annuel de pêche sur la rivière Sainte-Anne, Guy-Paul Brouillette, a admis sans détour qu'il s'ennuyait de la commandite annuelle de 60 000 $ qu'il recevait du gouvernement fédéral avant l'abolition du programme.
M. Brouillette a demandé au chef bloquiste de faire pression pour que le prochain gouvernement rétablisse, du moins en partie, le financement des événements culturels et sportifs en régions. M. Brouillette croit que des fonctionnaires pourraient gérer la distribution de cette aide fédérale avec rigueur.
« Qu'il [fasse] des pressions. Je trouve que ce n'est pas normal que les petits comme nous autres soient les victimes des abus qu'il y a eu à certains endroits », a dit M. Brouillette.
M. Duceppe a profité de son passage à Sainte-Anne-de-la-Pérade pour taquiner le poulamon.
Gilles Duceppe, qui cogne sur le clou du scandale des commandites depuis le début de la campagne électorale, a précisé que ce n'était pas l'idée d'une aide fédérale pour les événements régionaux qui était problématique en soi.
« Le problème qui s'est posé, c'est qu'on a voulu en faire profiter les petits amis », a expliqué le chef du Bloc, en ajoutant qu'il ne fallait pas soutenir les événements « pour des fins politiques, mais pour aider les régions ».
Le chef bloquiste s'engage donc à rappeler au gouvernement fédéral un engagement pris en juin 2003, lors de l'abolition du programme de commandites. Ottawa promettait alors de continuer d'aider les organisateurs d'événements en régions, par l'entremise d'autres programmes.
Avec des drapeaux?
Quant à l'idée de représenter l'appui financier fédéral par un drapeau canadien apposé sur le site de l'événement, M. Duceppe a simplement répondu: « Un drapeau, ce n'est pas 1000 drapeaux. »
L'entourage du chef bloquiste a toutefois expliqué que le Bloc était en faveur de commandites qui se limitent à un soutien financier et qui ne s'inscrivent pas dans un programme de visibilité plus large.
Martin s'amuse
Paul Martin
En conférence de presse à Victoria, en Colombie-Britannique, Paul Martin a affirmé que Gilles Duceppe devrait laisser tomber ses sujets de prédilection et plutôt parler d'économie et de santé.
« Il y a des façons d'aider les régions. M. Duceppe semble n'être capable que de parler de commandites et de référendum. Il y a des façons d'approcher ces choses-là. Voyons donc! », a lancé M. Martin.