Paul Martin appelle le monde à agir

Paul Martin

Prenant une pause de la campagne électorale, le premier ministre Paul Martin a ouvert mercredi la réunion des ministres de l'Environnement d'une centaine de pays, qui se tient dans le cadre de la Conférence de l'ONU sur les changements climatiques, à Montréal.

Au sommet de Montréal, le premier ministre invite tous les pays, y compris les États-Unis, à relever le défi du réchauffement climatique. Mais le piètre bilan canadien en matière de réduction de gaz à effet de serre le rattrape.

Cette dernière étape doit mener à l'élaboration d'un plan de réduction des gaz à effet de serre au-delà de 2012, date de l'échéance du protocole de Kyoto.

Dans son discours, Paul Martin a affirmé qu'une action concertée et « musclée » de la communauté internationale était indispensable pour s'attaquer au problème mondial du réchauffement climatique. Le temps n'est plus à imaginer ses impacts, a-t-il déclaré.

Le problème du réchauffement de la planète peut être envisagé en termes de sécurité énergétique, en termes économiques, écologiques ou sous l'obligation éthique. « Dans chaque cas, a-t-il soutenu, les faits disent la même chose: il faut agir, il faut agir maintenant. »

Décochant une flèche à l'endroit des États-Unis sans toutefois les nommer, il a déploré que des nations « résistent » et « s'isolent de la communauté internationale » sur cet enjeu. « Il n'y a qu'une planète Terre et nous la partageons. Peu importe notre prospérité, nous ne pouvons fuir les conséquences de l'inaction », a-t-il dit.

Vantant le bilan canadien dans le dossier de la réduction des gaz à effet de serre (GES), il a notamment parlé des investissements de son gouvernement dans les énergies renouvelables et de l'entente permettant aux municipalités d'améliorer les transports en commun. Il a ajouté que le dernier budget fédéral était « le plus vert » de l'histoire canadienne.

Pris en défaut

Paul Martin Paul Martin lors de sa conférence de presse

Lors de son point de presse, Paul Martin a nommé les États-Unis lorsqu'il a critiqué les pays qui n'avaient pas ratifié le protocole de Kyoto, contrairement au discours qu'il avait prononcé quelques minutes plus tôt.

En outre, la campagne a rapidement rattrapé le chef libéral, qui a dû répondre aux questions des journalistes, notamment sur la performance du Canada dans la lutte contre le réchauffement climatique.

Il a notamment dû expliquer pourquoi il utilisait un Boeing 727, qui consomme quelque 1300 gallons de carburant à l'heure, lors de cette campagne électorale. M. Martin a répondu qu'il serait difficile de faire le tour du pays en autobus. À titre de comparaison, l'avion de la campagne conservatrice, un Airbus 320, consomme 770 gallons de carburant par heure.

Les écologistes critiquent d'ailleurs la performance du Canada en matière de lutte contre le réchauffement climatique. Alors que le Canada devait réduire de 6 % ses émissions de gaz à effet de serre par rapport à ses niveaux de 1990, celles-ci ont plutôt augmenté de 24,2 %, selon un rapport de l'ONU rendu public quelques jours avant l'ouverture de la Conférence. Cette différence de 30 % avec son objectif en fait le signataire le moins respectueux de ses engagements.

L'Alberta est le problème, selon Duceppe

Gilles Duceppe dans Brome-Missisquoi Gilles Duceppe

En campagne en Estrie, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, s'est dit inquiet de l'attitude du gouvernement fédéral à cette Conférence sur les changements climatiques. Il accuse Ottawa de vouloir diluer l'accord de Kyoto.

Par ailleurs, M. Duceppe pense que les efforts canadiens de lutte contre les changements climatiques ne concernent pas le Québec.

« Le Québec a fait sa large part, nous produisons le moins de gaz à effet de serre. Le problème principal, selon moi, se situe en Alberta, donc les efforts doivent se concentrer là », a lancé M. Duceppe, lors d'un point de presse à Stanstead, en Estrie.

Le chef bloquiste affirme que son parti a déjà proposé une approche territoriale, plutôt qu'un partage égal des efforts de réduction de gaz à effet de serre entre les provinces, qui pénaliserait celles qui ont déjà fait leur part.

« Par exemple, les entreprises de pâte et papier ont modernisé leur équipement dans les années 80. Elles polluent moins maintenant, même si ce n'était peut-être pas leur objectif initial. On ne peut pas leur demander de refaire l'effort », a expliqué Gilles Duceppe.