| Sherbrooke : des comtés
à surveiller
Par Stéphanie Tremblay
L'Estrie majoritairement libérale a été courtisée
par les trois chefs, dans l'espoir d'un changement politique. Jean
Charest, Bernard Landry et Mario Dumont se sont compromis sur plusieurs
dossiers régionaux.
PRÉCARITÉ DE L'EMPLOI DANS
LA RÉGION DE L'AMIANTE
Avec l'annonce de fermeture de l'usine Magnola et l'avenir incertain
de Mine Jeffrey, la région de l'Amiante a demandé
le soutien de la classe politique.
La mairesse d'Asbestos, Louise Moisan-Coulombe, qui déplorait
l'absence des trois chefs dans sa région, a été
entendue. Jean Charest a modifié son parcours électoral
pour répondre à son cri du coeur. S'il est porté
au pouvoir, il a promis la création d'un fonds spécial
de deux millions de dollars pour soutenir l'économie d'Asbestos
et ses environs.
Bernard
Landry a lui aussi signifié son intention de s'occuper de
cette région. Sans spécifier le montant qu'il allouerait,
il a fait l'annonce d'un plan de relance. Il s'est même engagé
à présider le comité gouvernemental de relance.
Le chef péquiste a rappelé que l'économie de
la Gaspésie était sur la bonne voie et qu'il entendait
faire la même chose pour la région de l'Amiante.
La position de Mario Dumont sur l'avenir d'Asbestos a soulevé
la controverse. Il a clairement écarté l'idée
d'injecter des fonds publics pour relancer l'usine Magnola. Le chef
de l'Action démocratique a questionné le choix de
Québec de se lancer dans cette aventure.
D'AUTRES ENGAGEMENTS
Libéraux et péquistes ont annoncé d'autres
engagements pour l'Estrie, dans divers domaines.
En santé, le ministre François Legault s'est engagé
à réserver 70 millions de dollars à l'Hôtel-Dieu
de Sherbrooke pour le projet d'agrandissement et de réaménagement
des installations.
Lorsque Bernard Landry est venu prêter mains fortes aux candidats
de l'Estrie, il a annoncé qu'il injecterait un million de
dollars par année pour soutenir les jeunes entreprises en
biotechnologie.
Jean
Charest a promis la mise sur pied d'un fonds de développement
du savoir pour l'Estrie. Un fonds qui pourrait atteindre 50 millions
de dollars en cinq ans. Cette initiative vise à rapprocher
les entrepreneurs, les chercheurs et les sources de financement.
Le chef libéral compte aussi maintenir la centrale de coordination
des appels ambulanciers de l'Estrie. Il s'oppose au transfert de
cette centrale vers la Mauricie qui est prévu pour le 1er
janvier 2004.
Quant à Mario Dumont, aucun engagement local n'a été
annoncé pour l'Estrie.
CHAUDES LUTTES
Parmi les circonscriptions à surveiller le 14 avril, cinq
retiennent l'attention :
Sherbrooke
La lutte dans la circonscription de Sherbrooke demeure très
serrée. Selon les derniers sondages, Jean Charest et la candidate
péquiste Marie Malavoy sont au coude à coude; loin
derrière, le candidat adéquiste Peter Downey.
Shefford
Shefford
offre un beau suspense. Le libéral Bernard Brodeur avait
arraché le comté en 1998 avec 73 voix de majorité
sur le candidat péquiste. L'ADQ avait aussi fait bonne figure
en y obtenant sa deuxième meilleure performance après
Rivière-du-Loup. L'engorgement chronique au Centre hospitalier
de Granby se retrouve au coeur des engagements de la campagne.
Frontenac
Les électeurs ont droit à une campagne énergique
dans Frontenac. Avec ses mille emplois directs, le dossier de l'amiante
fait partie des enjeux. Les trois candidats ont des statégies
bien différentes pour assurer la survie des emplois liés
au minerai. Dans la course, le député péquiste
sortant Marc Boulianne affronte un adversaire de taille: le maire
de Thetford Mines, Laurent Lessard, qui fait partie du camp libéral.
Daniel Lamothe tente une deuxième fois de se faire élire
sous les couleurs de l'ADQ.
Arthabaska
La retraite politique du vétéran péquiste
Jacques Baril dans Arthabaska laisse planer le doute sur l'issue
du scrutin du 14 avril prochain. Des trois principaux candidats,
seul le libéral Claude Bachand jouit d'une solide expérience
politique. La péquiste Danièle Caron et l'adéquiste
Alain Rayes en sont à leur première campagne.
Mégantic-Compton
Dans Mégantic-Compton, la libérale Madeleine Bélanger
a tiré sa révérence après 22 ans de
service. Son retrait de la vie politique ouvre la porte au PQ, qui
est représenté par Suzanne Durivage. Aux élections
de 1998, la candidate péquiste avait offert une solide performance
en réduisant l'avance de sa rivale libérale.
Bref, cinq circonscriptions à surveiller attentivement le
14 avril.
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