| Saguenay-Lac-Saint-Jean : dernières
notes de campagne
Par Denis Lapierre
Les barrages sur l’Ashuapmushuan
Plusieurs croyaient la question réglée, mais non
: il aura fallu une déclaration du candidat libéral
dans Roberval, Karl Blackburn, pour ressusciter un vieux débat.
La
rivière Ashuapmushuan, un affluent du lac Saint-Jean, est
depuis des années au centre d’un débat entre
les partisans du développement hydroélectrique, qui
veulent y aménager des barrages, et les environnementalistes,
qui cherchent à protéger une des dernières
rivières sauvages de la région. Des débats
qui ont été déchirants, parfois très
durs. Mais juste avant le déclenchement de la campagne électorale,
le gouvernement péquiste confirmait que l’Ashuapmushuan
serait désormais une réserve aquatique, ce qui empêche
la construction de centrales et limite son développement
à l’exploitation de son potentiel récréotouristique.
Mais le candidat libéral a remis tout ça en question
en affirmant qu’un gouvernement libéral permettrait
la construction de barrages sur la rivière. Propos nuancés
aussitôt par son chef, Jean Charest, qui a profité
de son passage dans la région pour dire qu’une telle
possibilité devra d’abord faire consensus. Karl Blackburn
a dû reculer et parle maintenant d’une éventualité
lointaine.
Visite des chefs
Jean
Charest est donc venu faire un tour dans la région, Mario
Dumont aussi. Si on excepte la question de l’Ashuapmushuan,
rien de fracassant à signaler. Le chef libéral est
de plus en plus confiant à mesure que les sondages donnent
l’avance à son parti. Le chef adéquiste, lui,
est resté très prudent. Il s’est prononcé,
entre autres, sur la survie de l’usine laitière de
Chambord, assurant qu’il était prêt à
venir en aide aux producteurs de lait qui veulent en faire l’acquisition,
Mais Mario Dumont n’a pas précisé le montant
de cette aide financière.
Encore Jonquière
Décidément, la lutte dans cette circonscription demeure
la plus chaudement disputée dans la région. Plusieurs
débats ont opposé les candidats, particulièrement
la députée libérale sortante Françoise
Gauthier et la péquiste Myrtha Laflamme. Rien n’est
joué, c’est clair.
La
position de la candidate libérale à propos de l’école
primaire du quartier Saint-Jean-Eudes lui a valu un appui significatif.
Le quartier qui compte 900 habitants est sans école primaire
depuis la démolition de l’école Notre-Dame-de-la-Présentation,
qui avait été jugée dangereuse. Françoise
Gauthier a promis une nouvelle école à laquelle serait
annexé un centre multiservice. Cette promesse lui a valu
l’appui du comité de survie de l’école,
encore très actif, malgré les dénégations
de Myrtha Laflamme qui juge le projet irréalisable.
Mais pour Myrtha Laflamme, le coup le plus dur est venu de ses
rangs. Candidat défait à l’investiture péquiste,
Raymond Bégin en conteste encore une fois le résultat
auprès de la direction nationale du Parti québécois.
Il estime que le bulletin de candidature à l’investiture
n’est pas conforme, même si l’exécutif
national du parti a déjà affirmé le contraire.
Si, à Jonquière, les péquistes affirment que
cette contestation n’a pas d’effet sur la campagne,
l’image d’un parti divisé que projette cette
contestation risque d’avoir de l’effet sur plusieurs
électeurs indécis.
Survie de l’hôpital de Dolbeau-Mistassini
Quel
que soit le parti qui formera le prochain gouvernement, il aura
à faire face au comité Accès-Santé Maria-Chapdelaine,
qui souhaite des investissements importants. L’hôpital
est un de ceux qui connaît le plus de problèmes avec
la pénurie de médecins, faisant régulièrement
les manchettes en raison des risques de fermeture de l’urgence
pendant certaines périodes. Mais voilà : le coût
des investissements attendus est passé de 12 à 21
millions de dollars en quelques mois, et il est maintenant certain
que rien ne sera annoncé avant l’élection. Malgré
l’appui de tous les candidats dans Roberval, Accès-Santé
a pris le parti d’attendre. Mais attention : le matin du 15
avril, il reviendra à la charge.
Au Saguenay-Lac-Saint-Jean aussi, la soirée des élections
s’annonce intéressante lundi soir.
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