Pierre
Elliott Trudeau :
deux cultures, une vision

« Nous
mettons notre tête en jeu, nous, députés québécois,
parce que nous disons aux Québécois de voter " non ".
Et nous vous disons à vous, des autres provinces, que nous
n'accepterons pas ensuite que ce " non " soit
interprété par vous comme une indication que tout
va bien puis que tout peut rester comme c'était avant.
Nous mettons nos sièges en jeu pour avoir du changement. »
Le
dernier mandat : l'unité nationale au menu (1980-1984)
Les
libéraux obtiennent un autre mandat, quelques mois avant la tenue
du référendum au Québec sur la souveraineté-association, une proposition
d'entente qui inclut notamment le pouvoir exclusif du Québec en
matière d'impôts, de lois et de politique étrangère. À
Ottawa, les Communes seront pour la première fois présidées
par une femme, Jeanne
Sauvé.

Au
cours de la campagne référendaire, qui divise la population québécoise,
Pierre Elliott Trudeau promet qu'Ottawa réformera le fédéralisme.
Un vote pour le « non » n'est pas un vote
pour le statu quo, soutient-il. Pari gagné pour le chef
de gouvernement du Canada : 59,5 % des Québécois rejettent
l'offre du PQ, tandis que 40,4 % l'acceptent. Le taux de
participation dépasse 85 %.
Cette
même année, son gouvernement lance le Programme national d'énergie.
Cette mesure déclenchera un mécontentement général dans les provinces
de l'Ouest particulièrement l'Alberta productrices
de pétrole et de gaz, ressources dont Ottawa veut assurer l'approvisionnement.
Par des taxes, le fédéral entend en outre augmenter
ses recettes sur l'exploitation énergétique.
Dans
la foulée de la victoire du « non », Pierre
Elliott Trudeau entend doter le pays d'une nouvelle constitution.
La bataille entre Ottawa et les provinces sera ardue et s'étirera
sur dix-huit mois. Du 2 au 5 novembre 1981, les gouvernements
fédéral et provinciaux participent à une conférence dite « de
la dernière chance » sur le rapatriement de
la Constitution (Acte
de l'Amérique du Nord britannique de 1867), assortie d'une
formule d'amendement et d'une déclaration des droits de la personne.
Au
départ, les provinces sont solidaires. Mais, à la dernière minute,
le premier ministre du Québec, René Lévesque, se retrouve
isolé tandis que ses homologues provinciaux et le fédéral se réunissent
pour conclure une entente au cours de ce que certains appelleront
« la nuit des longs couteaux ». Ottawa
rapatrie unilatéralement la Constitution de Londres l'année
suivante.

La reine Elisabeth proclame la Loi
constitutionnelle de 1982 lors
d'une cérémonie officielle tenue à Ottawa;
le Canada acquiert alors officiellement son indépendance
du Royaume-Uni.
Une fois réglée la question nationale, Pierre Elliott Trudeau
estime pouvoir se tourner vers l'étranger. Dans le dernier sprint
de son mandat, le Canada n'hésite pas à critiquer plus ouvertement
la politique extérieure et la politique de défense américaines.
Ottawa défend par ailleurs plus fermement ses intérêts économiques
face à l'Oncle Sam.
Pendant
cette période, Pierre Elliott Trudeau encourage le dialogue Nord-Sud
et entame, en 1983, une croisade en faveur de la paix dans le
monde et du désarmement nucléaire, au cours de laquelle il rencontre
plusieurs chefs de gouvernement des blocs de l'Ouest et de l'Est,
dont le président de l'URSS, Konstantine Tchernenko, ainsi
que le pape Jean-Paul II. Mais les essais américains du missile
Cruise en territoire canadien, que son gouvernement a permis,
éveillent une forte opposition au sein de la population.
Au pays, l'inflation et le chômage persistent, les déficits s'accumulent.
La popularité du premier ministre, dans les années 1980, décline.
Peu avant son départ, il nomme Jeanne Sauvé au poste
de gouverneur général. Elle est la première
femme à occuper cette fonction. Pierre Elliott Trudeau
abandonne son poste de premier ministre du Canada en juin 1984.
Quelques jours plus tard, il est nommé membre des Compagnons
d'honneur de la Reine. En septembre, à titre de conseiller juridique,
il se joint au cabinet d'avocats Heenan Blaikie, une firme dont
les bureaux sont situés, ironiquement, sur le boulevard René-Lévesque,
à Montréal. Malgré son retrait de la vie politique, il fera quelques
sorties remarquées dans les années qui suivront pour défendre
sa vision du Canada.
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les grandes lignes du dossier
L'intellectuel
voyageur :
avant les années comme premier ministre
Le
premier mandat (1968-1972) :
des années explosives
Les
deuxième et troisième mandats (1972-1979) :
ce NPD qui défait les gouvernements
L'héritage
politique de Pierre Elliott Trudeau
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