En politique
Directeur du Devoir, Claude Ryan s'intéresse de plus
en plus à la chose politique, même s'il n'hésite
pas à déclarer à l'époque que le milieu
politique est vicié et que les eaux en sont trop troubles
pour lui.
Malgré
tout, il fait le saut: c'est à la suite de la défaite
libérale de 1976 devant le tout jeune Parti québécois
que Claude Ryan plonge en politique. Il choisit la bannière
libérale, qui correspond à ses idéaux fédéralistes.
Il deviendra chef du Parti libéral du Québec le
15 avril 1978, et sera élu député d'Argenteuil
à l'élection partielle du 30 avril 1979. «
Il était en campagne 365 jours par année »,
a dit de lui un attaché de presse, Luc Rhéaume.
Lors
du référendum de 1980, il dirige les forces du NON.
Au soir des résultats, c'est un Claude Ryan enflammé,
triomphaliste, qui clame la victoire.
« Les résultats de ce
soir établissent clairement que le camp du NON a remporté
une victoire éclatante. »
Pourtant, l'année suivante, Claude Ryan et son parti essuient
un échec aux élections générales,
avec la réélection du Parti québecois de
René Lévesque.
Claude Ryan restera alors chef de l'opposition officielle jusqu'en
1983, quand, contesté, il décide de démissionner.
Il redevient alors simple député, mais continue
à œuvrer comme homme de confiance auprès de
Robert Bourassa. Comme chef de parti, Claude Ryan avait en effet
eu du mal à surnager. Outre des problèmes d'image
personnelle (on trouve son style démodé, trop carré,
trop autoritaire), Claude Ryan ne parvient pas à s'habituer
à ne pas tout contrôler. Il dira, a posteriori :
« Le public me connaissait sous un jour faux et déformé
».
Les
libéraux retrouvent le pouvoir en 1985. Comme ministre
au sein du cabinet de Robert Bourassa, Claude Ryan jouera un rôle
qui lui convient tout à fait, celui d'éminence
grise auprès du premier ministre. Il règne en coulisse
et conseille. De lui et de Bourassa, on dira qu'ils forment
une « paire dangereuse ». Au fil des ans, il pilotera
plusieurs dossiers délicats tels que la loi 178 sur l'affichage
bilingue ou le transfert des transports en commun et de la voirie
aux municipalités.
Il sera ministre de l'Éducation et ministre de l'Enseignement
supérieur et de la Science dans le cabinet Bourassa du
12 décembre 1985 au 5 octobre 1990. Il sera aussi ministre
responsable de l'application de la Charte de la langue française
du 3 mars 1989 au 11 janvier 1994, ministre de la Sécurité
publique du 5 octobre 1990 au 11 janvier 1994, ministre des Affaires
municipales dans le cabinet Bourassa, puis dans le cabinet Johnson
(Daniel, fils) du 5 octobre 1990 au 26 septembre 1994.
Claude Ryan choisit de ne pas se représenter en 1994.
En quittant la vie politique après 16 ans d'activité
intense, il déclare ne pas vouloir tourner le dos à
la vie publique et à l'engagement.
« Je vais rester engagé socialement
et politiquement, ce n'est pas dans ma nature d'être
muet et non plus d'être silencieux. »
Claude Ryan est revenu à ses premiers amours en choisissant
de devenir professeur à l'Université McGill en études
catholiques (depuis janvier 2002). Plus récemment, sa voix
un peu frêle mais au timbre unique s'est élevée
pour défendre le Parti libéral du Québec,
en déroute dans les sondages, et son chef Jean Charest.