Contexte :
Le 2 juin 2008, la néodémocrate Alexa McDonough annonce qu'elle se retirera de la vie politique à la fin de son actuel mandat. Elle met ainsi fin à sune carrière de plus de 30 ans qui en a fait une des figures de proue de la gauche canadienne.
Le 5 juin 2002, Alexa McDonough annonçait déjà son départ comme leader du Nouveau Parti démocratique, qu'elle dirigeait depuis 1995.
BIOGRAPHIE
Du confort au militantisme
Alexa
McDonough a vu le jour à Ottawa le 11 août 1944, pendant que la
Deuxième Guerre mondiale faisait rage.
Elle
est la fille de Lloyd Shaw et de Jean MacKinnon. Si l'on parle
de politique, Alexa McDonough est tout à fait une « enfant
de la balle ». En effet, son père, un industriel
prospère, était aussi un ardent militant de gauche.
Il a fait partie de la Cooperative Commonwealth Federation (CCF),
ancêtre du Nouveau Parti démocratique (NPD).
Alexa
McDonough en compagnie
de son père, Lloyd Shaw
On
a souvent reproché à Alexa McDonough son origine
plutôt bourgeoise et son enfance dorée (on l'appelait
« la socialiste en bas de soie »). Cependant,
dans une entrevue accordée au magazine télévisé
Le Point en 1995, la politicienne indique que ses parents
vivaient simplement et que, pour sa famille, l'argent n'était
pas une valeur importante. « J'étais
riche, oui, riche de valeurs importantes. Et j'ai toujours compris
que la stabilité, la sécurité financière
étaient importantes pour un enfant. »
Peu
après la naissance d'Alexa, la famille retourne dans sa province
natale de Nouvelle-Écosse, où Alexa est élevée et instruite. Cette
région conservera pour elle une importance fondamentale
à l'âge adulte.
Toute
petite, Alexa se frotte donc au monde du militantisme de gauche.
À la table de ses parents, elle côtoie de grands
engagés comme Tommy Douglas (ci-contre).
La
jeune Alexa est une bonne élève. Elle obtient un
baccalauréat ès arts de l'Université Dalhousie à Halifax
en 1965 et poursuit ses études à la Maritime School of Social
Work, où elle obtient une maîtrise en travail social en
1967. En mai 1995, elle reçoit un doctorat honorifique de
droit civil de la University of King's College.
À
14 ans, elle montre pour la première fois son engagement
envers les causes sociales en participant à un mouvement
pour dénoncer les conditions de vie de la population d'Africville,
un quartier pauvre et insalubre de Halifax.

Pendant
deux ans, Alexa McDonough exerce son métier de travailleuse
sociale aux États-Unis (à Dallas et à Hartford,
au Connecticut). Elle évoque souvent cette expérience
et indique que ce qu'elle a connu au sud de la frontière
canadienne n'a fait que renforcer sa volonté de travailler
à la réduction de l'écart entre riches et
pauvres.
Dans sa vie personnelle :
Elle se marie avec un avocat de Halifax, dont elle aura deux fils,
Justin et Travis. Elle se séparera par la suite. Des années
après, alors qu'elle vient d'être nommée chef
du NPD fédéral, Alexa rencontre celui qui est toujours
son compagnon, l'ancien ministre conservateur David MacDonald.
Celui-ci passera au NPD, se présentera sous cette bannière
aux élections fédérales, mais sera défait.
Son expérience professionnelle :
Alexa McDonough a travaillé dans le secteur du développement communautaire
au ministère des Services sociaux de la Nouvelle-Écosse et en
planification sociale à la ville de Halifax. Elle a également
enseigné à la Maritime School of Social Work et mené des recherches
stratégiques à l'Institut des affaires publiques (collège Henson)
de Halifax.
|
« La
fortune appartient à ceux qui se lèvent tôt »
est sa devise.
Une journée normale commence
dès 6 heures du matin pour Alexa McDonough. Elle
adore jouer au racquetball (on dit qu'elle est une adversaire
féroce) et au tennis.

Paru dans la Presse
canadienne :
« Quiconque
connaît la leader du NPD sait qu'elle joue pour gagner,
que ce soit en politique ou sur un court de racquetball. » |
Engagez-vous, réengagez-vous
C'est
dans l'arène fédérale qu'Alexa McDonough
se lance en politique. Elle est candidate fédérale en 1979 et
1980, mais se heurte à un échec à deux reprises.

Elle
a plus de succès sur la scène provinciale. Elle
est élue chef du Nouveau Parti démocratique de la
Nouvelle-Écosse et devient la première femme du Canada à prendre
la tête d'un parti politique reconnu. Elle n'a alors que 36 ans.
Dur, dur, la politique
À cette époque, les femmes sont tellement rares
en politique provinciale dans cette région que le parlement
n'a même pas de toilettes pour dames.
En
1981, elle remporte le premier siège du NPD en Nouvelle-Écosse
(circonscription de Halifax). Elle
est réélue en 1984, 1988 et en 1993.
Avant de restaurer le statut de parti officiel
au NPD à la législature provinciale (il lui fallait
deux sièges), Alexa McDonough a été la seule
femme à siéger au Parlement.
Pendant
cette période, la jeune politicienne fait sa marque. Elle
lutte contre la surfacturation des médecins, travaille
d'arrache-pied pour l'amélioration des conditions de travail
et de santé des ouvriers, l'équité salariale
et les droits de la personne.
Alexa
McDonough replonge ensuite dans la politique fédérale.
Selon plusieurs sondages de l'époque, elle est alors l'une
des personnalités politiques qui recueillent le plus haut
taux d'approbation au pays.

Le Nouveau Parti démocratique, dirigé
alors par Audrey McLaughlin, bat de l'aile. Aux élections
fédérales, il a vu fondre le nombre de sièges
qu'il détenait aux Communes.
En 1995, paradoxalement, Alexa McDonough s'apprête
à quitter la vie politique pour aller travailler en Afrique
quand le cours de sa vie change du tout au tout : le ministre
des Finances du Canada, Paul Martin, dépose un budget dont
la teneur la révolte profondément (réductions
massives des programmes sociaux, entre autres). « J'ai
vu le spectre de l'américanisation sur nos têtes »,
dira-t-elle. Elle choisit alors de rester.
Alexa
McDonough cède son siège au provincial le 20 octobre
1995, après avoir remporté la direction du parti fédéral, dont
elle devient le cinquième leader.
Le
13 avril 1997, elle est réélue à la
tête de son parti, alors que certains remettent déjà
en cause son leadership. Le député britanno-colombien
Svend Robinson se présente contre elle, mais il est défait.
Aux
élections fédérales de 1997, elle atteint
l'un de ses principaux objectifs : rendre à son parti
le statut de parti officiel à la Chambre des communes.
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Élections
de 1993 |
Élections
de 1997 |
|
Parti libéral : 177 députés,
41,3 % des voix
Bloc québécois : 54 députés, 13,5 % des voix
Parti réformiste : 52 députés, 18,7 % des voix
NPD : 9 députés, 6,9 % des voix
Parti progressiste-conservateur : 2 députés, 16 %
des voix
Indépendant : 1 député
Participation des électeurs : 69,6 %
|
Parti libéral :
155 députés
Parti réformiste : 60 députés, 19,4 % des voix
Bloc québécois : 44 députés, 10,7 % des voix
NPD : 21 députés, 11 % des voix
Parti progressiste-conservateur : 20 députés, 18,8 %
des voix Indépendant : 1 député, 1,6 % des voix
Participation des électeurs :
67 % |
Sa position sur le débat
constitutionnel en décembre 1999
McDonough
accuse Chrétien « d'enflammer une situation
sans bon sens »