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Jean-Claude
Labrecque
Né le 19 juin 1938 à Québec,
Jean-Claude Labrecque a réalisé une quarantaine de
films et 3 téléséries en plus de 40 ans de
carrière. Se promenant allègrement entre le documentaire
et la fiction, son cinéma a souvent été marqué
par des préoccupations historiques et politiques.
Mais avant de se consacrer à sa carrière
de cinéaste, il s'est d'abord illustré comme caméraman,
un des plus talentueux du cinéma québécois
des années 60. Il a notamment participé aux productions
À tout prendre, de Claude Jutra, Le Chat dans le
sac, de Gilles Groulx, The Ernie Game, de Don Owen, et
La Vie heureuse de Leopold Z., de Gilles Carle. Ses contemporains
soulignent son art de manier la caméra et son style, marqué
par l'acuité du regard.
Le cinéma pour raconter le Québec
Considérant le cinéma comme un véritable
véhicule de l'histoire du Québec, Jean-Claude Labrecque
signe les documentaires La Visite du général de
Gaulle au Québec (1967) et Les Jeux de la 21e Olympiade
(1977). Avec Jean-Pierre Masse, aujourd'hui professeur de cinéma
à l'UQAM, il donne la parole aux poètes québécois
dans trois longs métrages produits par l'Office national
du film (ONF), La Nuit de la poésie 27 mars 1970,
La Nuit de la poésie 28 mars 1980 et La Nuit de
la poésie 15 mars 1991.
Il réalise aussi L'Histoire des trois
(1989), portant sur un trio d'étudiants qui assiègent
le bureau de Maurice Duplessis en 1958 pour revendiquer l'éducation
gratuite, et 67 bis, boulevard Lannes (1990), sur la rencontre
entre Claude Léveillée et Édith Piaf. André
Mathieu, musicien (1993) et L'Aventure des Compagnons de
Saint-Laurent (1995), un regard sur le père Émile
Legault, metteur en scène et dramaturge, s'ajoutent aussi
à son palmarès.
En 2002, Jean-Claude Labrecque dévoile RIN,
un documentaire qui retrace l'histoire
du Rassemblement pour l'indépendance nationale. À
travers les témoignages de Pierre Bourgault, André
d'Allemagne et Andrée Ferretti, il raconte l'épopée
du premier parti politique souverainiste, qui a existé entre
1960 et 1968.
La fiction pour expliquer l'histoire
Côté fiction, ses uvres s'inscrivent
également dans une forte perspective historique. Les Smattes
(1972) et L'Affaire Coffin (1979) s'inspirent de faits divers
authentiques, alors que Les Vautours (1975) et Les Années
de rêves (1984) placent le destin du protagoniste dans
le mouvement de l'histoire récente du Québec, de Duplessis
à la Crise d'octobre. Dans le récit historique Anticosti
au temps des Menier (1999), il raconte l'acquisition de l'île
d'Anticosti en 1895 par le « roi du chocolat » en France,
Henri Menier, qui en a fait son domaine de chasse et de pêche.
Parallèlement, celui qui a notamment dirigé
Lothaire Bluteau, Monique Mercure et Jean Coutu continue à
manier la caméra pour d'autres réalisateurs, entre
autres Bernard Émond pour La femme qui boit (2001),
présenté à Cannes.
En 1992, le gouvernement du Québec le fait
lauréat du prestigieux prix Albert-Tessier, décerné
pour l'ensemble de son uvre et de sa carrière dans
le domaine du cinéma.
Puis, en 2001, son fils Jérôme lui consacre
le documentaire Jean-Claude Labrecque, cinéaste contemporain,
où il explore les 40 ans de carrière de son père
grâce à une panoplie d'archives, d'anecdotes et de
faits historiques qui racontent sa vie personnelle et éclairent
sa démarche professionnelle.
À hauteur d'homme
En 2003, son documentaire À hauteur d'homme,
qui suit Bernard Landry à travers la campagne électorale,
marque la vision de la politique chez nombre de Québécois.
Le chef du Parti québécois y apparaît dans toute
sa spontanéité, avec ses passions, ses colères,
ses moments d'humour et ses travers.
Le documentaire présente un Bernard Landry parfois frustré
de ses rapports avec les médias, un chef politique hérissé
qui n'hésite pas à qualifier les journalistes de tyrans,
de tordus et de vicieux, prêts à saboter sa campagne.
À hauteur d'homme montre aussi la lente, mais certaine
descente du chef péquiste au cours de la campagne, du débat
des chefs jusqu'à la défaite du 14 avril.
Le long-métrage aborde la difficulté
d'être politicien dans un monde hypermédiatisé,
et les écueils du journalisme politique. Saisissant, le documentaire
de Jean-Claude Labrecque soulève les passions dans le monde
politique et questionne le rôle des médias. Il donne
aussi toute la dimension de l'homme derrière le politicien,
qui se révèle complexe et parfois attachant.
Hyperliens
À
hauteur d'homme, dossier de Radio-Canada.ca
Jean-Claude
Labrecque, lauréat du prix Albert-Tessier 1992
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