Avant l'annonce de son départ du Parti républicain,
il présidait la Commission de la santé, de l'éducation,
du travail et des retraites.
C'est un homme qu'on connaît finalement assez
peu, car il n'a rien fait par le passé pour attirer l'attention
des médias. Dédaignant la grandiloquence et les
coups d'éclat, Jim Jeffords jouit d'un grand respect parmi
ses collègues, et c'est sans doute ce qui donne à
son geste autant de poids.
Ceinture noire de taekwondo, c'est un homme plutôt
austère et réservé, mais dont les convictions
sont souvent inébranlables.
Au fil des années, il se fait remarquer
par plusieurs gestes « dissidents » par
rapport à son allégeance politique, en votant, par
exemple, contre la nomination de Clarence Thomas, juge ultraconservateur,
à la Cour suprême.
En 1980, c'est le seul républicain à
voter contre les réductions d'impôt du président
Ronald Reagan, ce qui lui vaut de perdre certains privilèges
(la Maison-Blanche lui retire les billets de visite guidée
qui sont habituellement distribués gracieusement aux élus).
À plusieurs reprises au cours de sa carrière
de parlementaire, il se démarque de son parti en appuyant
des projets démocrates : c'est le cas, par exemple,
de la réforme du financement des partis politiques.
En 1999, il se prononce pour l'acquittement
du président Bill Clinton, menacé
de destitution.
Plus récemment, Jim Jeffords s'est opposé
à George W. Bush, notamment en matière d'environnement,
de programmes sociaux et d'avortement. Il a aussi voté
contre le premier budget de l'administration Bush.