Le p'tit gars de Shawinigan... au-delà des clichés
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Une date hautement symbolique
pour lui

L'anniversaire
de naissance de Jean Chrétien, le 11 janvier, coïncide
avec celui de Sir John A. Macdonald, qui fut premier
ministre du Canada de juillet 1867 à novembre 1873,
et d'octobre 1878 à juin 1891.
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Joseph Jacques Jean Chrétien est le fils de Wellie Chrétien et de Marie Boisvert-Chrétien.
Plus précisément, il est le 18e des 19 enfants
de cette famille. Fait notable, et hautement représentatif
de la condition des familles à cette époque, seuls
neuf de ces enfants vécurent jusqu'à l'âge
adulte.

Malgré l'image populiste que l'on a de Jean
Chrétien et que lui-même s'est plu à entretenir
durant son long cheminement en politique, on vivait plutôt
bien dans la famille Chrétien, à Baie-de-Shawinigan.
On était loin de la gêne. La maison de brique était
confortable et le potager fournissait de nombreux légumes.
Le père, Wellie, avait un bon emploi comme
machiniste dans une usine de papier de Shawinigan. Il s'adonnait
en plus à plusieurs petits métiers pour améliorer
l'ordinaire de sa famille, et il était secrétaire
de sa municipalité.
Dans son autobiographie, * Dans la fosse
aux lions, Jean Chrétien explique que, très
tôt, il a baigné dans un monde où la politique
faisait partie intégrante de l'existence. Wellie Chrétien
était organisateur libéral. Selon Jean Chrétien,
sa famille a toujours été « pure »,
c'est-à-dire libérale dans la vraie tradition anticléricale
des libres penseurs du XIXe siècle. Son grand-père,
François Chrétien, avait été militant
et maire. Dès l'âge de 15 ans, le jeune Jean
distribue des tracts politiques et assiste à des assemblées.
Grâce à la vaillance des parents,
tous les enfants de la famille Chrétien ont pu faire de
bonnes études, y compris Jean, qui pourtant, au départ,
n'obtenait que de modestes résultats scolaires.
Pendant ses jeunes années, Jean Chrétien
passe par une phase rebelle. Il raconte même avoir été
un temps le mouton noir de la famille, souvent mêlé
à de mauvais coups avec deux de ses frères.
Il attribue en partie ses difficultés scolaires de l'époque
à une paralysie partielle qui le prive de son oreille droite
et lui déforme la bouche.
Pour plaisanter, son père disait souvent
que, pour obtenir un bulletin scolaire aux notes potables, il
devait additionner ceux de ses trois plus jeunes fils.
Après avoir fréquenté les collèges classiques de
Shawinigan, de Joliette et de Trois-Rivières, Jean Chrétien
fait ses études de droit à l'Université Laval, où il se
joint au Club des étudiants libéraux.

En 1957, il épouse celle qui sera
d'un appui précieux dans sa vie, Aline Chaîné,
originaire de Shawinigan.
Reçu au Barreau en 1958, il ouvre son cabinet dans
le quartier populaire de Shawinigan-Nord.
En 1962-1963, il devient directeur du Barreau
de Trois-Rivières.
* Dans la fosse aux lions, Jean Chrétien, autobiographie,
Éditions de l'Homme, Montréal, 1985.