ENFIN AU SOMMET
L'effet
Charest n'aura duré que quelques mois
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En l'espace de quelques mois, l'engouement
pour Jean Charest, la « charestmanie »,
retombe. Plébiscité en avril et vu comme le seul
homme capable de lever l'hypothèque référendaire,
Jean Charest était porteur de tous les espoirs, mais le
soufflé retombe et les sondages successifs montrent l'érosion
graduelle de la popularité du nouveau chef. Un sondage CROP-La
Presse effectué dès la fin du mois de mai indique
que l'avance des libéraux a fondu de moitié en l'espace d'un mois.
Si des élections provinciales avaient eu lieu alors, le PLQ aurait
obtenu 50 % des votes, contre 42 % pour le Parti québécois.
Or, avec le système de scrutin en place au Québec,
le PLQ se devait de garder une avance d'au moins 4 à 5 %
pour pouvoir aspirer à la victoire, puisque ses électeurs
sont concentrés dans une vingtaine de circonscriptions
de la région de Montréal.
La
charestmanie s'essouffle (1er mai
1998)
On reproche à Jean Charest d'incarner la
droite, de remettre en cause le modèle québécois
avec ses principes de justice sociale et ses programmes sociaux,
de vouloir ouvrir la porte au privé dans le domaine de
la santé. Bref, le message ne passe pas, ou passe mal.
Les élections de
1998
Le 30 novembre, le gouvernement du Parti québécois
est porté au pouvoir pour un second mandat. Le PQ remporte 75
sièges (comparativement à 77 en 1994), le PLQ en gagne 48 (pour
47 en 1994) et l'ADQ conserve son unique siège, celui de son chef,
Mario Dumont. Cependant, et ceci rend la défaite d'autant
plus amère, les libéraux obtiennent un pourcentage d'appuis
populaires supérieur à celui du PQ, soit 43,61 % contre 42,94 %.
Détail
des résultats des élections de 1998
(Site du DGE)
Le Parti libéral du Québec et son
nouveau chef connaissent alors un long passage à vide,
un questionnement. Celui qui fut, l'espace de quelques mois, numéro
deux à Ottawa, le vice-premier ministre, doit à
présent s'installer dans son rôle de chef de l'opposition
à Québec.
Printemps
2003 : le doux parfum de la victoire
Printemps
2003 :
Bernard Landry déclenche des élections pour le 14
avril. En cours de campagne, les libéraux de Jean Charest
effectuent une remontée dans les sondages, y compris auprès
de l'électorat francophone. La prestation lors du débat
des chefs est excellente, de l'avis des analystes, alors que l'Action
démocratique du Québec de Mario Dumont perd du terrain
et que la campagne péquiste connaît des balbutiements.
À 45 ans, Jean Charest peut une nouvelle fois aspirer
à incarner le changement aux yeux des électeurs.
Comme le dit son slogan électoral, « Nous sommes
prêts », Jean Charest attend ce moment depuis
longtemps : pendant quatre ans, le chef a travaillé
pour éviter un nouvel échec, comme celui de 1998.
Patiemment, il est parti à la conquête des régions,
dont il a compris l'importance. Cette fois, il est beaucoup mieux
préparé et mieux entouré. Il connaît
les dossiers du Québec, nouveaux pour lui en 1998, et tente
d'asseoir sa crédibilité, de raffermir son message
face à Ottawa. « Je dis simplement, directement
au gouvernement fédéral, pour que tout le monde
puisse l'entendre : Ça va faire! », a lancé
Jean Charest en mai 2002, devant les délégués
réunis au conseil général de son parti, réagissant
ainsi au projet d'Ottawa d'en arriver à un pacte fiscal
avec les municipalités, qui relèvent strictement
des provinces.
En septembre 2002, Jean Charest avait dévoilé
le programme que le PLQ propose aux Québécois
Dans son programme « Réinventer le Québec »,
le Parti libéral propose, s'il est porté au pouvoir,
de réduire de 27 % le fardeau fiscal des particuliers,
en 5 ans. Jean Charest y explique sa vision de ce que serait un
Québec « réinventé ».
Le chef libéral répète que pour lui, 30 ans
après la Révolution tranquille, l'État québécois,
trop préoccupé par ses structures, ne vit plus à
la même époque que les citoyens, qui ont surtout
besoin de services efficaces. Il propose donc encore une fois
de « recentrer » l'État sur ses missions
essentielles : santé, éducation, prospérité,
sécurité.
14
avril 2003 :
Jean Charest devient premier ministre du Québec
Au terme de 33 jours de campagne électorale, les Québécois
portent au pouvoir le Parti libéral du Québec et
son chef, Jean Charest.
Celui-ci dira, au soir de son élection :
« Aujourd'hui, au Québec, on s'est donné
un gouvernement du 21e siècle. »
Le Parti libéral triomphe, faisant élire 76 députés
avec 45,92 % des suffrages exprimés. Jean Charest
a maintenant tous les éléments en main pour faire
ses preuves comme premier ministre et affronter de grands dossiers
tels que la santé, l'éducation, les fusions municipales
et la place du Québec au sein du Canada.
Hyperliens :
Entrevue avec Jean Charest, premier ministre du Québec, à l’émission Maisonneuve en direct, Première Chaîne de Radio-Canada le 7 septembre 2004.
Parti
libéral du Québec
Parti
progressiste-conservateur du Canada
Sources :
Jean Charest, J'ai choisi le Québec,
Saint-Laurent, Québec, Éditions P. Tisseyre, 1998
André Pratte, L'énigme Charest, Boréal,
Montréal, 1998
Henri Motte et Monique Guillot, Jean Charest, l'homme des défis,
Éditions Balzac, Montréal, 1997, 148 pages