L’expérience péquiste
Le
27 janvier 1996, Lucien Bouchard est élu par acclamation
à la tête du Parti québécois et, deux
jours plus tard, il devient officiellement premier ministre du Québec.
Le 19 février suivant, une élection complémentaire
dans la circonscription de Jonquière lui permet d’obtenir
un siège de député à l’Assemblée
nationale.
Dès son arrivée à Québec,
Lucien Bouchard relègue la souveraineté au second
plan et entame un vaste programme d’assainissement des finances
publiques afin de donner au Québec un nouvel essor économique.
| Objectif «
Déficit zéro »
Lucien Bouchard estime
que, pour prétendre à l’autonomie, le
Québec doit démontrer qu’il peut avoir
à sa tête un « bon gouvernement ».
Il convoque donc, en mars et octobre 1996, deux sommets socioéconomiques,
desquels émane un consensus en faveur de l’élimination,
en trois ans, du déficit budgétaire du gouvernement. |
Mais s’il a pondéré, temporairement,
les aspirations souverainistes de son parti, les militants péquistes
sont nombreux à exiger que le gouvernement Bouchard remette
la question nationale à l’ordre du jour. C’est
dans cette atmosphère d’hésitations entre les
impératifs économiques et l’idéal souverainiste
que naissent, à la fin 1996, les fameuses « conditions
gagnantes » nécessaires pour la tenue d’un autre
référendum.
À l’automne 1998, Lucien Bouchard se
présente pour la première fois dans des élections
générales québécoises, mais ne réussit
qu’à remporter une demi-victoire, victime en partie
de ses politiques d’austérité économique
et de ses hésitations sur la question nationale.
Avec une majorité de sièges à
l’Assemblée nationale (75 contre 48), mais une minorité
de voix (42,94 %, contre 43,61 % pour les libéraux de Daniel
Johnson), le Parti québécois obtient le mandat de
gouverner, mais ne peut compter sur suffisamment d’appui dans
la population pour se diriger vers un autre référendum.
Le premier ministre Bouchard, voyant dans ces résultats
mitigés la preuve que les « conditions gagnantes »
ne sont pas encore réunies, maintient l’objectif du
« déficit zéro ». Il parvient finalement
à atteindre son objectif d’assainissement des finances
à la fin de l’année budgétaire 1999,
non sans avoir soulevé la grogne des milieux de la santé
et de l’éducation.
En 2000, tandis que les militants du parti lui accordent
un vote de confiance sans équivoque lors du 14e congrès
du PQ, Lucien Bouchard doit affronter une population québécoise
déchirée sur la question des fusions municipales,
une question qui se clôt finalement, en décembre de
la même année, avec l’adoption du projet de loi
170.
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