L’expérience conservatrice
Après
avoir passé près de trois ans comme diplomate à
Paris, Lucien Bouchard est rappelé au pays en 1988. Le nouveau
secrétaire d’État du Canada hérite du
projet de loi C-72 sur le bilinguisme dans les entreprises, et ce,
au moment où le Québec est plus que jamais divisé
sur la question linguistique.
Élu député progressiste-conservateur
une première fois lors d’élections complémentaires
dans la circonscription de Lac-Saint-Jean, Lucien Bouchard est réélu
cinq mois plus tard lors des élections générales
du 21 novembre 1988. Le nouveau député – c’est
la première fois en effet que Lucien Bouchard se présente
personnellement lors d’une élection générale
– est nommé en janvier 1989 à la tête
du ministère de l’Environnement. À ce poste,
il entreprend un vaste et ambitieux « plan vert » d’investissements
en matière environnementale évalué à
10 milliards de dollars.
« Veux-tu donc
me présenter chez les ours polaires? »
- commentaire de Lucien Bouchard à Brian Mulroney, qui lui
offrait la circonscription de Lac-Saint-Jean (son lieu de naissance)
pour les élections de 1988
Il n’a cependant pas le temps de mener
à bien son projet, sa carrière de politicien fédéraliste
prenant abruptement fin, en mai 1990, à la suite du dépôt
par Jean Charest, alors député en disgrâce dans
le gouvernement Mulroney, d’un rapport modifiant l’accord
constitutionnel du lac Meech.
Pour Lucien Bouchard, le rapport Charest consacre
l’impossibilité de réformer la fédération
canadienne, et, convaincu que l’avenir du Québec ne
trouvera sa voie que dans l’accession à la souveraineté,
il démissionne de ses fonctions de ministre et de député
progressiste-conservateur le 22 mai 1990. En claquant la porte du
PPC, Lucien Bouchard perd deux amis, Brian Mulroney et Jean Charest.
« Seul un État
québécois, démocratiquement nanti d’un
mandat clair, fondé sur la récupération de
ses pleines attributions, disposera de l’autorité politique
nécessaire pour négocier l’association canadienne
de demain […] »
- Lucien Bouchard, dans sa lettre de démission du Parti progressiste-conservateur
L’accord du lac Meech meurt peu de temps après,
définitivement enterré par le refus du Manitoba et
de Terre-Neuve de ratifier l’entente.
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