Le constat d’échec
Lucien Bouchard surprend tous les Québécois,
le 11 janvier 2001, en annonçant sa démission. Le
premier ministre explique que ses « efforts pour relever rapidement
le débat sur la question nationale sont restés vains
» et que, en conséquence de cet échec, il désire
maintenant consacrer plus de temps à sa famille.
Les
journalistes et les analystes sont nombreux, au lendemain de cette
déclaration, à avancer des hypothèses sur les
autres raisons qui auraient amené Lucien Bouchard à
saborder sa carrière politique avant d’avoir pu conduire
les Québécois à un autre référendum.
Un scandale qui a éclaté en décembre
2000 autour d’une déclaration de l’indépendantiste
Yves Michaud sur le vote ethnique, et qui a conduit l’Assemblée
nationale à adopter une motion de blâme, a possiblement
contribué au départ de Lucien Bouchard. Celui-ci aurait
été pris de court par l’appui d’une partie
de la base militante péquiste à Yves Michaud, et ce,
même après le dépôt de la motion de blâme.
« Je veux aussi vivre pleinement
cette aventure merveilleuse de l’éducation de garçons
de 11 ans et de 9 ans. Alexandre et Simon ont besoin de moi. Et
moi, j’ai besoin de les retrouver et de leur consacrer désormais
le meilleur de mes énergies et de mon temps. »
- Lucien Bouchard terminait ainsi le discours
annonçant sa démission, le 11 janvier 2001
| Les réactions
à sa démission
« Lucien Bouchard fait campagne
tout l'automne en proclamant haut et fort qu'il sent le
grand jour poindre à l'horizon. Le mois de janvier
venu, il tire sa révérence en précisant
que la souveraineté n'est pas pour demain. C'est
à croire que les pronostics politiques sont encore
moins fiables que la météo. »
- Chantal Hébert, dans Le Devoir, 30 janvier 2001
« Le Québec avait le
privilège d’avoir à sa tête non
seulement un chef d’État, mais un grand chef
d’État. Il lui a refusé, hélas,
la force de se donner un État. »
- L’ancien conseiller de Lucien Bouchard, Jean-François
Lisée, dans La Presse, 13 janvier 2001
« Sur le départ
de Lucien Bouchard, plusieurs questions restent en suspens.
Entre autres, celle-ci: le premier ministre a-t-il utilisé
l'affaire Michaud comme prétexte à une démission
qu'il mijotait depuis quelque temps, histoire de partir
sur un coup d'éclat plutôt que sur un simple
aveu d'échec? »
- Lysiane Gagnon, dans La Presse, 16 janvier 2001
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