Le 22 novembre, alors qu'il préside
le sommet de l'ONU sur le crime organisé, à Naples,
la presse annonce que le parquet de Milan a ouvert une information
pour corruption à son encontre, fait sans précédent
pour un chef de gouvernement en exercice.
Suit une période difficile pour le
magnat : Berlusconi perd les élections de 1996. C'est
l'ancien communiste devenu social-démocrate Massimo D'Alema
qui donne au chef de l'opposition un second souffle, en 1997.
Entre-temps, ce sera un long calvaire judiciaire,
qui est loin d'être terminé. En première instance,
Silvio Berlusconi a été condamné, au total,
à six ans et cinq mois d'emprisonnement pour trois dossiers.
Depuis, il a bénéficié en appel soit de relaxes,
soit de mesures de prescription en raison de la lenteur du processus
judiciaire.
Restent malgré tout encore trois ombres
qui s'attachent au président du Conseil : un dossier
sur la falsification de bilan du groupe Fininvest, une affaire
de corruption de magistrats pour l'achat de la société
SME et un procès pour falsification de bilan dans l'acquisition
d'un joueur de football.
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Des liens avec la
mafia?
Peu après la victoire de Berlusconi aux
élections, le quotidien espagnol El Pais rapportait
que des procureurs siciliens étaient en train d'accumuler
des témoignages de repentis de la mafia prouvant les liens
du président élu du Conseil italien avec la Cosa Nostra.
Dans un long article publié à la une, le journal madrilène
de centre gauche affirme avoir eu accès à des documents dans
lesquels d'anciens membres de la mafia coopérant avec la justice
relatent en détail des réunions entre des dirigeants de la
Cosa Nostra et Il Cavaliere lui-même, ou certains
de ses proches, dans les années 60-70.
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Élections locales italiennes
de juin 2003 : Berlusconi perd des plumes
Les élections locales
de juin 2003 tendent à montrer que le parti
de Silvio Berlusconi glisse dans l'opinion publique.
Ces élections ont conforté la victoire
des dirigeants de l'opposition de centre gauche. Dans
toutes les régions du pays, une majorité
de candidats de la coalition de l'Olivier l'emporte.
La Maison des libertés n'a en fait pu emporter
qu'une seule ville tenue par la gauche, soit Sondrio,
en Lombardie.
Le
point sur les scandales
Juin 2003 : le chef du gouvernement
italien a témoigné devant le tribunal
pénal de Milan dans le procès SME. Le
chef du gouvernement italien était accusé
d'avoir versé des pots-de-vin à des
juges afin d'influer sur la vente d'une société
agroalimentaire et de restauration, une affaire qui
remonte aux années 80. Fidèle à
son personnage, Silvio Berlusconi a attaqué
ses adversaires de front. Il a dénoncé
« un procès de 7 ans qui ne repose
sur rien » et qui « ternit le
président du Conseil et le pays qu'il doit
représenter à l'étranger ».
Mais Silvio Berlusconi s'est arrangé
pour ne pas avoir grand-chose à craindre de
la justice italienne, du moins à court terme :
son gouvernement a fait adopter par le Sénat
une loi d'immunité qui suspend toute poursuite
judiciaire contre les cinq plus hautes charges de
l'État pendant la durée de leur mandat.
Le 18 juin 2003, le Parlement italien
a définitivement adopté le premier article
du projet de loi.
La nouvelle disposition prévoit la suspension
de toutes les poursuites judiciaires contre le président
de la République, le chef du gouvernement et
les présidents de la Chambre des députés,
du Sénat et de la Cour constitutionnelle pendant
leur mandat.
Les cinq hauts responsables ne pourront être
soumis à des procès au pénal
pendant la durée de leur mandat, y compris
pour des délits antérieurs, et les procès
en cours seront suspendus pendant cette période.
Le premier effet de cette loi est la
suspension du procès de Silvio Berlusconi sur
l'accusation de corruption de magistrats devant le
Tribunal pénal de Milan.
Une entrée fracassante à la présidence
de l'Union européenne
Élu à la présidence de l'Union
européenne pour six mois, Silvio Berlusconi a fait une entrée
fracassante dans ses nouvelles fonctions. En poste depuis deux jours,
le premier ministre italien a déclenché une crise
diplomatique entre l'Italie et l'Allemagne, après avoir insulté
mercredi un député allemand en plein Parlement européen.
Au
député social-démocrate Martin Schultz qui
évoquait la réputation sulfureuse du politicien et
homme d'affaires italien, ce dernier a proposé de jouer le
rôle d'un gardien de camp de concentration dans un film tourné
actuellement en Italie. « Je vais vous proposer comme
Kapo (gardien de camp », a déclaré
Silvio Berlusconi.
La sortie du premier ministre italien, dont beaucoup
doutent de ses capacités à assumer la présidence
tournante de l'Union européenne, n'a pas plu au gouvernement
allemand qui l'a jugée « inacceptable ».
De hauts fonctionnaires de la chancellerie (siège du gouvernement
allemand) s'en sont entretenus mercredi avec l'ambassadeur italien
à Berlin.
La tension dans l'hémicycle européen était
déjà vive avant même le dérapage du politicien
européen. Silvio Berlusconi avait en effet été
hué par les députés écologistes brandissant
des pancartes où il était écrit « Tous
égaux devant la loi ». Ce slogan faisait allusion
à l'adoption, le 18 juin dernier, par ses députés
italiens, d'une immunité provisoire à l'endroit de
M. Berlusconi le mettant à l'abri d'une condamnation pour
corruption de magistrats pendant son mandat européen.
Le président du Conseil italien,
Silvio Berlusconi, ne bénéficie pas
d'un grand crédit auprès de ses partenaires.
Le vote de l'immunité des poursuites et ses
prises de position non conformes aux accords européens,
notamment en ce qui concerne l'adhésion de
la Russie et d'Israël à l'Union, suscitent
des interrogations en Europe.
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