À
la conquête de l'argent
Silvio Berlusconi est
né à Milan le 29 septembre 1936, au sein d'une famille
assez modeste (son père était employé de
banque).
Très tôt, l'enfant montre des signes
d'une ambition sans borne et un sens aigu du commerce : surnommé
« Mandrake » (Superhéros) par ses
camarades, il aide les autres élèves à faire
leurs travaux scolaires en échange d'argent ou de menus
objets.
Il tâte ensuite de plusieurs petits métiers
pour financer ses études universitaires, devenant tour
à tour photographe de mariages et d'enterrements, vendeur
d'aspirateurs et animateur de croisières, allant jusqu'à
chanter pour sa riche clientèle.
En 1961, il obtient sa licence en droit et devient
employé de banque, comme son père. Le vendeur se
fait entrepreneur et se lance dans toutes sortes d'activités,
sans qu'on sache toujours où il déniche l'argent
nécessaire à cette course effrénée
vers la fortune.
Un exemple de cela, jamais éclairci :
il lance le projet Milano, qui consiste en la construction d'un
grand complexe résidentiel près de Milan et qui
sera suivi, à la fin des années 60, par Milano 2.
Des projets dont le financement a des origines troubles.
Une fois sa fortune établie, Berlusconi
part à la conquête de l'audiovisuel : il fait
son entrée dans le monde de la télévision
avec sa première chaîne câblée pour
les habitants de Milano 2. Il constitue peu à peu un véritable
réseau de télévisions locales qu'il regroupe
et qui évoluera vers la constitution d'un puissant pôle
privé.
Il possède aussi la première agence
de publicité du pays, une maison d'édition grand
public, un patrimoine immobilier exceptionnel et un des plus prestigieux
clubs de football d'Italie, le Milan AC.
Il lui faut beaucoup d'argent et de solides appuis
politiques. Silvio Berlusconi, qu'on surnomme « Sua
Emittenza » (Son Éminence), voit son influence
croître sans cesse. Inscrit à la loge maçonnique
Propaganda 2, il trouve l'argent au moyen de montages financiers
dont la Banque d'Italie n'a toujours pas pu démontrer les
tenants et les aboutissants.
Berlusconi contourne allégrement la loi
par l'utilisation de prête-noms pour ses activités
et en répartissant ses sociétés au sein de
sa famille.
Aujourd'hui, Berlusconi contrôle, de
fait, les trois chaînes publiques de la RAI.