| Le 28 octobre 2002, le ministre
de la Justice et Procureur général du Québec,
Paul Bégin, lance une véritable petite bombe dans
le monde de la politique provinciale en annonçant qu'il démissionne
de son poste de ministre de la Justice, Procureur général
et ministre responsable de l'application des lois professionnelles.
Plus encore, Paul Bégin claque carrément la porte
du Parti québécois pour siéger comme député
indépendant.
La raison de ce départ :
son insatisfaction devant ce qu'il qualifie de valse-hésitation
du gouvernement par rapport à la tenue d'un référendum
sur la souveraineté. Paul Bégin reproche aussi au
gouvernement du Parti québécois de laisser à
d'autres le soin de proposer des solutions au problème du
déséquilibre fiscal. Le ministre de la Justice n'a
pas apprécié non plus que le premier ministre Bernard
Landry accepte de nommer un médiateur spécial dans
les négociations avec les procureurs de la Couronne, au moment
où il était lui-même retenu par la maladie.
Il interprète ce geste du premier ministre comme un manque
de confiance à son égard.
Biographie
Paul Bégin est avocat de formation.
Il a exercé ce métier en cabinet privé entre
1969 et 1994, pendant près d'un quart de siècle en
fait, avant d'être élu en politique provinciale à
l'aube de ses cinquante ans. Cependant, son engagement politique
remonte à très loin.
Un souverainiste
convaincu
Paul Bégin n'a jamais hésité
à afficher clairement ses couleurs souverainistes. Il sera
d'ailleurs membre du Rassemblement pour l'indépendance nationale
(RIN)
en 1961.
C'est en 1970 que Paul Bégin
devient membre du Parti québécois. Il est élu
pour la première fois comme député de la circonscription
de Louis-Hébert aux élections générales
du 12 septembre 1994, et il sera réélu le 30 novembre
1998.
Cet homme, que l'on dit bouillonnant
et impulsif, a la conviction profonde qu'il faut aller jusqu'au
bout de ses idées, en particulier celle de l'accession du
Québec à la souveraineté. Pour lui, cela peut
signifier aller devant les plus hauts tribunaux du pays pour défendre
les intérêts du Québec.
« Est-ce que l'instrument est une poursuite
judiciaire, un référendum, une élection, la
souveraineté ? On y croit, il faut se battre. [...]
Si c'est une arme judiciaire qu'il faut prendre, on la prendra. »
(Le Devoir)
Une longue expérience
de ministre
Pendant son premier mandat, il est nommé
ministre de la Justice et Procureur général, le 26
septembre 1994. Quand il prend ce portefeuille, il a trois projets
en tête : la réforme de l'aide juridique, l'éthique
et la probité des administrateurs publics, ainsi que la réforme
de la justice administrative.
Paul Bégin sera également ministre responsable de
l'application des lois professionnelles, ministre responsable de
la région de la Côte-Nord et ministre de l'Environnement
et de la Faune.
Lors de son deuxième mandat,
Paul Bégin continuera son travail comme ministre de l'Environnement;
il sera ministre responsable de la région de Québec
et ministre du Revenu, ainsi que ministre responsable de la région
de la Capitale-Nationale. En mars 2001, le premier ministre lui
donne de nouveau le portefeuille de la Justice.
Un tempérament bouillonnant :
Alors ministre du Revenu, Paul
Bégin reconnaît avoir menacé la députée
libérale Diane Leblanc au
sortir d'un débat sur l'un de ses projets de loi. (décembre
2000)
Sa position et son action politique dans quelques
grands dossiers :
Le déséquilibre fiscal :
Paul Bégin estime que le Québec est victime d'une
grande injustice dans la redistribution de l'argent des contribuables
et que, sur cette question comme sur plusieurs autres, la province
doit se battre pour obtenir sa juste part. Il n'hésiterait
pas à avoir recours aux tribunaux pour faire valoir ce qu'il
estime être les droits fondamentaux des Québécois.
« Je ne vois pas pourquoi, tant et
aussi longtemps qu'on sera à l'intérieur de ce pays,
on ne prendrait pas les moyens pour obtenir ce que l'on veut. Ce
n'est pas nier notre objectif, c'est juste se donner le temps de
l'atteindre et, entre-temps, de faire en sorte que les Québécois
ne souffrent pas de ce que le fédéral nous impose. »
(Paul Bégin, en entrevue dans
le quotidien Le Devoir)
Loi sur les jeunes contrevenants :
L'ex-Procureur du Québec a clairement revendiqué
le droit du Québec de conserver ses propres règles et
refuse le durcissement amorcé par Ottawa en matière
de délinquance juvénile, durcissement qui s'est incarné
dans le projet de loi C-7. Il croit que la société québécoise
ne souhaite pas adopter une attitude coercitive envers les jeunes
qui commettent des crimes.
« Toute décision doit être
prise dans l'intérêt supérieur de l'enfant.
Or, lorsque vous n'avez aucune possibilité autre que d'appliquer
une sanction, parce que la loi vous dit que vous devez faire ça,
vous n'êtes pas dans la capacité de tenir compte de
l'intérêt supérieur de l'enfant, adapté
aux circonstances particulières de cet enfant, dans le contexte
dans lequel il est, par rapport à ce qu'il a commis et à
son environnement. » (2001)
Les questions autochtones :
Selon Paul Bégin, les ententes avec les Cris, les Inuits
et les Innus vont aider au développement hydroélectrique
et économique de la province et être bénéfiques
aux premières nations. Il veut favoriser une « réconciliation »
avec les peuples autochtones, comme le témoigne cet extrait
d'une entrevue accordée au journal Le Devoir :
« Les communautés autochtones sont parties intégrantes
de ce que nous sommes. Il y a eu une rupture qui s'est produite
il y a 75 ans en raison de l'attitude du gouvernement fédéral,
qui a voulu mettre les autochtones à part et les priver de
leur milieu de vie. Ils ont été mis dans une position
tout à fait inacceptable. [...] Notre projet à nous,
de faire du Québec un pays, ne peut pas être une négation
de ce que les autres sont. »

La première union civile homosexuelle de l'histoire du
Québec a été célébrée
cet été au Palais de justice de Montréal. |
L'union civile des conjoints de
même sexe :
L'un de ses grands dossiers et qu'il a vu
aboutir en juin 2002 par l'adoption de la loi 84 sur l'union
civile par l'Assemblée nationale. Cette loi a ouvert la voie
au mariage entre deux personnes de même sexe en contournant
la législation fédérale. Elle accorde ainsi
certaines protections aux conjoints de même sexe, notamment
en ce qui touche au patrimoine familial, à la résidence
familiale, à la succession et au régime d'assurance-vie.
La loi reconnaît
aussi l'adoption et précise les règles de filiation
des conjoints sur l'acte de naissance d'un enfant.
Paul Bégin
a d'ailleurs reçu le prix Arc-en-ciel de la Fierté
gaie 2002 pour ce travail.
« Avec l'union civile, on sort
de ce qu'on est pour aller plus loin. On part d'une discrimination
pour donner les droits égaux. C'est avant-gardiste, mais
dans dix ans, ce sera intégré, voire peut-être
même rétrograde », déclare-t-il.
Toutefois, les couples homosexuels
ne peuvent toujours pas convoler en justes noces car le code civil
ne reconnaît pas le mariage entre deux personnes du même
sexe.
L'encadrement du lobbyisme :
L'Assemblée
nationale du Québec a adopté en juin 2002 le projet
de loi sur le lobbyisme, projet de loi dont Paul Bégin est
le parrain. Celui-ci estime que le monde politique gagne en transparence,
maintenant que des règles claires régissent les activités
des groupes de pression. En vertu de la nouvelle loi, les syndicats
et les ordres professionnels devront s'enregistrer comme lobbyistes
pour certaines de leurs activités. La négociation
collective n'est cependant pas incluse dans ces activités.
En outre, il sera interdit de rémunérer les lobbyistes
au pourcentage.
Tiré du site des nouvelles
de Radio-Canada
Le
conflit des procureurs de la Couronne dans l'impasse
18 octobre 2002
Le
ministre Bégin préconise des changements importants
28 septembre 2002
La
loi sur l'union civile des conjoints de même sexe adoptée
à l'unanimité
8 juin 2002
L'adoption
de la Loi sur les jeunes contrevenants : un affront, selon
Paul Bégin
5 février 2002
Hyperliens
Ministère
de la Justice du Québec
Barreau
du Québec
Secrétariat
aux Affaires autochtones du Québec
Gouvernement
du Québec
Parti
québécois
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