| Le difficile mandat à la Santé
Toutefois, devant l’incapacité de Bernard
Landry à conserver à la tête du ministère
de la Santé un administrateur tel David Levine, en qui tout
le monde voit une sorte de sauveur pour un milieu à la dérive,
François Legault se voit, contre sa volonté, appelé
en renfort.
L’homme d’affaires fait son entrée à la Santé en clamant haut et fort son objectif d'y apporter plus de rigueur et d’imputabilité. François Legault estime inconcevable de ne pouvoir évaluer concrètement la performance d’un réseau dans lequel les Québécois investissent annuellement quelque 17 milliards de dollars.
C’est d’ailleurs là, dans cette
urgence d’agir et dans cette tentation d’appliquer à
la Santé des recettes qui se sont montrées efficaces
à l’Éducation, que François Legault fera,
selon plusieurs observateurs, une erreur magistrale qui entachera
définitivement son passage à ce ministère infiniment
plus complexe que le précédent.
Il s'est, en effet, avéré impossible
de mener de front nombre de réformes et changements en santé
sans risquer de bouleverser le fragile équilibre qui y règne.
Si des remèdes drastiques émanant d’une direction
centralisée sont applicables, voire même souhaitables,
dans certains ministères tels que l’Éducation,
le milieu de la santé réclame, quant à lui,
des politiques très souples.
Ainsi, en l’espace de seulement quelques
mois, François Legault a accumulé les bourdes qui
ont littéralement fait rugir l’ensemble du milieu.
De la loi 114 destinée à forcer les médecins
à combler les urgences qui s’est révélée
n’être, en définitive, qu’une forme de
conscription aux bulletins des hôpitaux, inefficaces et inutiles,
le mandat à la Santé de François Legault a
terni l’image de solide gestionnaire qu’il avait su
se forger lors de son passage à l’Éducation.
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