François Legault
Capitaliste, social-démocrate

 

En bref

L’homme d’affaires prospère

Un « capitaliste social-démocrate »

Les premières armes politiques

Performance et efficacité comme leitmotiv

Les premiers faux pas

Le difficile mandat à la Santé

La fin d'une ambition

Hyperliens

 


JOURNALISTE:
NICOLAS DUGUAY


Il a dit...


« Pour moi, l’argent n’est pas une fin en soi, mais être autonome me permet de faire de la politique sans que personne ne puisse m’acheter ni me contraindre. »
- François Legault, à l’Actualité, lundi 15 novembre 1999

Un « capitaliste social-démocrate »

À la tête d’une compagnie prospère, le natif de Sainte-Anne-de-Bellevue, dans l’ouest de l’île de Montréal, n’a pas pour autant remisé un vif intérêt pour la politique. Celui qui est prompt à rappeler ses origines modestes à ceux qui critiquent sa fortune personnelle et qui se définit comme un « capitaliste social-démocrate » a déjà été dépeint par Henri Massé comme un homme d’affaires qui « parlait toujours de politique, de finances publiques ». Pour le syndicaliste, comparé à l’ensemble des gens d’affaires, François Legault « avait l’air d’un gars de gauche ».

Les raisons exactes qui ont amené François Legault à se retirer d’Air Transat en 1997 demeurent floues. Il se peut que les difficultés rencontrées lors du redressement financier de la filiale française Look Voyages aient contribué à gâcher les relations entre les trois actionnaires principaux d’Air Transat. Il se peut aussi, selon certains observateurs, que François Legault n’ait pu se résoudre au fait qu’il ne serait jamais le grand patron de l’entreprise.

Qu’à cela ne tienne, lorsqu’il se retire d’Air Transat, si sa décision consterne ses anciens partenaires, elle lui permet de devenir un homme riche, très riche.

« Je n’ai pas couru après la politique, sauf qu’il était clair dans ma tête, en quittant Air Transat, que je n’allais pas jouer au golf jusqu’à la fin de ma vie. »
- François Legault, lors d’une entrevue à La Presse, mardi 5 septembre 2000

Devenu financièrement indépendant – la liquidation de ses parts d’Air Transat lui a rapporté au bas mot 10 millions de dollars –, il était cependant très clair pour François Legault, comme il le dit lui-même, qu’il n’allait pas jouer au golf jusqu’à la fin de sa vie. Après avoir accepté des sièges à de nombreux conseils d’administration, dont celui de président du conseil d’administration du Fonds régional de solidarité des Laurentides que lui offre son ami, le président de la FTQ, Henri Massé, François Legault commence à être de plus en plus réceptif aux propositions de se lancer en politique active.

« J’ai été gâté, mais je n’ai jamais perdu de vue que, lorsqu’on a beaucoup reçu, il faut donner », explique François Legault pour justifier son choix de se joindre, un an et demi après avoir quitté Air Transat, au gouvernement péquiste de Lucien Bouchard.