| Un « capitaliste social-démocrate
»
À la tête d’une compagnie prospère,
le natif de Sainte-Anne-de-Bellevue, dans l’ouest de l’île
de Montréal, n’a pas pour autant remisé un vif
intérêt pour la politique. Celui qui est prompt à
rappeler ses origines modestes à ceux qui critiquent sa fortune
personnelle et qui se définit comme un « capitaliste
social-démocrate » a déjà été
dépeint par Henri Massé comme un homme d’affaires
qui « parlait toujours de politique, de finances publiques
». Pour le syndicaliste, comparé à l’ensemble
des gens d’affaires, François Legault « avait
l’air d’un gars de gauche ».
Les raisons exactes qui ont amené François
Legault à se retirer d’Air Transat en 1997 demeurent
floues. Il se peut que les difficultés rencontrées
lors du redressement financier de la filiale française Look
Voyages aient contribué à gâcher les relations
entre les trois actionnaires principaux d’Air Transat. Il
se peut aussi, selon certains observateurs, que François
Legault n’ait pu se résoudre au fait qu’il ne
serait jamais le grand patron de l’entreprise.

Qu’à cela ne tienne, lorsqu’il
se retire d’Air Transat, si sa décision consterne ses
anciens partenaires, elle lui permet de devenir un homme riche,
très riche.
« Je n’ai pas couru après la
politique, sauf qu’il était clair dans ma tête,
en quittant Air Transat, que je n’allais pas jouer au golf
jusqu’à la fin de ma vie. »
- François Legault, lors d’une entrevue à La
Presse, mardi 5 septembre 2000
Devenu financièrement indépendant –
la liquidation de ses parts d’Air Transat lui a rapporté
au bas mot 10 millions de dollars –, il était cependant
très clair pour François Legault, comme il le dit
lui-même, qu’il n’allait pas jouer au golf jusqu’à
la fin de sa vie. Après avoir accepté des sièges
à de nombreux conseils d’administration, dont celui
de président du conseil d’administration du Fonds régional
de solidarité des Laurentides que lui offre son ami, le président
de la FTQ, Henri Massé, François Legault commence
à être de plus en plus réceptif aux propositions
de se lancer en politique active.
« J’ai été gâté,
mais je n’ai jamais perdu de vue que, lorsqu’on a beaucoup
reçu, il faut donner », explique François Legault
pour justifier son choix de se joindre, un an et demi après
avoir quitté Air Transat, au gouvernement péquiste
de Lucien Bouchard.
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