CHAPITRE 8
Le sprint final

- Résumé

- Chrétien porte-parole du non

- Tobin prend les devants

- Les Cris se prononcent

- Le grand rendez-vous du non

- Chirac et Clinton s’en mêlent

- Le discours à la nation

- Le grand rendez-vous du oui

- Le rallye du non

- Le plan des Forces armées

- À quelques heures du vote


À quelques heures du vote

Vingt-quatre heures avant le scrutin, les derniers sondages mettent les deux camps à égalité. Durant la semaine, le camp du non a repris du terrain. Par contre, les effets de la manifestation à la place du Canada, à Montréal, se font moins sentir: le non plafonne.

Jean Chrétien fait campagne jusqu’au dernier instant. Son seul souci est de gagner. Il ne s’est pas préparé à la possibilité de perdre. Il n’a d’ailleurs donné aucune instruction à ses ministres pour planifier une défaite.

« Cette idée-là, les gens qui voient des plans préparés depuis des années, ce n'est pas de même que ça marche. […] On ne travaillait pas en fonction du non, d'une perte, on travaillait en fonction d'un succès, et puis deuxièmement, tout le monde reconnaissait à 15 jours du référendum que ça allait très bien. » - Jean Chrétien, premier ministre du Canada et chef du Parti libéral (1995)

Les hauts fonctionnaires, eux, se préparent discrètement. Depuis quelques semaines, ils font des plans d’urgence sur des sujets aussi délicats que l’intégrité territoriale d’un Québec souverain et sa part de la dette nationale. Officieusement, ils discutent même de la survie du gouvernement de Jean Chrétien advenant une victoire du oui.

« S’il y avait un référendum disant oui clairement, et s’il y'avait après ça, une négociation pour la division du Canada, la population du Canada ne pourrait pas accepter que d'un côté, nous ayons les représentants de la province de Québec et que de l'autre, nous ayons un Québécois comme représentant du gouvernement du Canada. » - John Manley, vice-premier ministre et ministre des Finances (1995)

À Québec, Jacques Parizeau est prêt. Il entend profiter de la confusion à Ottawa pour réaliser une série d’actions qui va rendre une victoire du oui irréversible.

D’abord, il faut rendre officiel le verdict du référendum, qui n’est qu’une consultation populaire. Pour ce faire, l’Assemblée nationale s’engagera formellement à réaliser la souveraineté. De plus, estime-t-il, il faut que des fédéralistes se rallient au verdict. Or, son bureau a déjà établi des contacts avec les libéraux pour négocier un texte qu’ils accepteraient.

Les conseillers de Jacques Parizeau ont en main un document sur lequel apparaît le nom de 180 Québécois, dont plusieurs fédéralistes, demandant aux citoyens d’accepter le verdict référendaire. Une liste qui doit être publiée dans tous les journaux du Québec au lendemain de la victoire du oui.

Jacques Parizeau s’est fixé un délai de un an pour réaliser la souveraineté du Québec, avec ou sans entente avec le reste du Canada. Durant cette période, il y aura des négociations de partenariat, mais rien ne le fera reculer ou ralentir. Parizeau sait que tout repose sur la crainte qu’il inspire au reste du Canada.


CHAPITRE 8
Le sprint final

- Résumé

- Chrétien porte-parole du non

- Tobin prend les devants

- Les Cris se prononcent

- Le grand rendez-vous du non

- Chirac et Clinton s’en mêlent

- Le discours à la nation

- Le grand rendez-vous du oui

- Le rallye du non

- Le plan des Forces armées

- À quelques heures du vote