La question référendaire
La question référendaire voit le jour le 7 septembre 1995, quand Jacques Parizeau la dévoile à l’Assemblée nationale. De toute évidence, il s’agit d’un grand moment pour le chef souverainiste, qui est fort ému.
Dévoilement de la question référendaire
« Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec, et de l'entente signée le 12 juin 1995, oui ou non? »
En un rien de temps, la question est critiquée de toutes parts. Pour plusieurs observateurs, elle est beaucoup trop longue, voire confuse. Aux Communes, de vifs débats sont enclenchés. Pour Jean Chrétien, il s’agit du moment idéal pour attaquer.
« S’ils posaient la question “Voulez-vous vous séparer du Canada”, point final, je serais le premier à le reconnaître, s'ils avaient l’honnêteté de poser une question absolument claire aux Québécois. » - Jean Chrétien, premier ministre du Canada et chef du Parti libéral (1995)
« J’ai toujours pensé […] que la question la plus simple dans un référendum c’est: “Voulez-vous que le parti, que le Québec, devienne un pays souverain à partir de telle date, oui ou non?” Mais parfois, on est obligé de composer avec les circonstances, et Dieu sait si je l’ai fait, mais ça n’enlève rien à mes convictions. » - Jacques Parizeau, premier ministre du Québec et chef du Parti québécois (1995)
« J'ai été horrifié par le libellé de la question. Vous savez, quand on est démocrate, il faut accepter que la démocratie s'exerce dans un contexte de clarté. » - Jean Pelletier, chef de cabinet du gouvernement Chrétien (1995)
« La question disait ce qu'elle disait. Je n'ai pas rencontré, au lendemain du référendum, des citoyens qui ont voté et qui ne savaient pas du tout sur quoi ils votaient. » - Mario Dumont, chef de l’Action démocratique du Québec
Les mots des Canadiens
« La question est formulée à la mesure du manque de courage politique des Québécois dans l’ensemble. Parce que la question devrait être bien simple: désirez-vous un pays souverain, ou pas? »
« Je suis un ouvrier, non instruit, et je la trouve très claire. »
« En lisant la question posée aux Québécois, on doit conclure que le nouveau symbole national d’un Québec indépendant sera l’anguille. »
« La question est très claire et elle me plaît beaucoup. Elle parle de souveraineté et de conclure une entente avec le Canada, ce qui est précisément ce que nous voulons.»
« La consigne du silence »
Les premiers ministres des autres provinces s’empressent d’attaquer la question, mais pendant peu de temps. Alors que Parizeau la dévoile, des fédéralistes québécois font le tour des salles de rédaction du Canada anglais avec un message clair: « C’est notre combat, ne vous en mêlez pas. » Bien que certains journalistes vendent la mèche, le message passe: le Canada se tait. Pendant presque toute la campagne, le reste du Canada respectera cette « consigne du silence ».
« Il fallait que ce soit une affaire entre Québécois parce que ça concernait les Québécois. Et si on avait donné l’impression aux Québécois qu’il y a quelqu’un de l’extérieur qui tentait de diriger leur choix, je pense que ça aurait eu l’effet inverse. »
- Jean Charest, chef du Parti progressiste-conservateur du Canada (1995)
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