JOURNALISTE : Claudine Magny





LES PRINCIPAUX DÉFIS [suite]

Les finances publiques


Au début du mois de novembre 2003, le ministre des Finances, John Manley, a annoncé que les surplus des prochaines années continueraient d'être modestes, soit 3 milliards en 2006-2007, et 6 milliards en 2007-2008. À ce sujet, Paul Martin a déjà indiqué qu'il procédera, dès sa prise de pouvoir, à des coupures de 10 % dans les dépenses gouvernementales. Une action qui lui vaudra certainement la grogne des provinces, et qui relancera l'épineux dossier du déséquilibre fiscal.

Que pense Paul Martin du déséquilibre fiscal? À ses yeux, il ne s'agit que d'un faux problème. Il a déjà indiqué que les provinces devaient elles-mêmes examiner leurs dépenses pour remédier au problème du financement de la santé et de l'éducation. Il a cependant indiqué qu'Ottawa se devait d'être à l'écoute des besoins des provinces.

Mais pour Paul Martin, il n'y a jamais eu de déséquilibre fiscal entre Ottawa et les provinces. À l'époque où il était ministre des Finances, il soutenait que les provinces avaient essentiellement le même pouvoir de taxation que le fédéral, et que certaines provinces, notamment l'Ontario, avaient fait de la réduction du fardeau fiscal des contribuables une véritable obsession, au point de sacrifier la qualité des programmes sociaux.

Notre dossier sur le déséquilibre fiscal
* Note : Bien que ce dossier ait été réalisé en octobre 2002 et que les principaux acteurs soient aujourd'hui différents, la problématique, elle, demeure la même.

 


Paul Martin est perçu par beaucoup comme le grand artisan de l'assainissement des finances publiques du pays. L'ancien ministre des Finances a réussi l'exploit, en quatre ans, seul ou aidé par la conjoncture, selon les avis, d'éliminer un déficit de 42 milliards de dollars. Cet assainissement des finances publiques a cependant son prix. Les provinces lui ont reproché d'avoir réglé les problèmes d'Ottawa sur leur dos en réduisant le financement de la santé, de l'éducation et de la sécurité sociale.


Saviez-vous que...

  • En 1997, le ministre canadien des Finances, Paul Martin, a mis fin à une longue série de déficits budgétaires qui avaient mené le Canada dans un cul-de-sac financier sans précédent. Depuis ce temps, tous les budgets déposés à Ottawa sont excédentaires.

  • En 1995, le Canada était, parmi les membres du G7, le deuxième pays le plus endetté, après l'Italie. Aujourd'hui, il est au deuxième rang des pays les moins endettés, après le Royaume-Uni.

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L'unité et l'endettement du Parti libéral

La longue guerre des nerfs qui a opposé Jean Chrétien et son ancien ministre des Finances n'a pas été sans diviser le Cabinet et le caucus. Le futur premier ministre, âgé de 65 ans, dont plusieurs estiment qu'il ne remplira qu'un seul mandat, aura d'ailleurs à faire face aux John Manley, Sheila Copps et Allan Rock qui pensent déjà, peut-être, lui succéder. Sans compter les attentes extrêmement élevées du côté des partisans des Communes, où plusieurs se voient déjà ministres.

Le Parti libéral est aussi plus endetté qu'il ne le croyait. On apprenait récemment que la mégacaisse électorale du clan Martin, évaluée à 12 millions de dollars, ne générera fort probablement pas, ou peu, de surplus potentiels à la fin de la campagne. En effet, au-delà des 4 millions de dollars permis par la loi pour financer la campagne, il ne resterait plus grand-chose.

L'explication du clan Martin? Les 12 millions comprennent en fait les dépenses de précampagne, les dépenses exclues et les dépenses encourues par l’équipe, qui travaillait comme si Paul Martin était déjà premier ministre. Un tel financement n'est d'ailleurs pas sans soulever des questions éthiques, notamment en ce qui concerne la provenance des dons. Un sujet sur lequel le futur premier ministre aura probablement à se prononcer.

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La réforme des Communes

En octobre 2002, Paul Martin présente, devant des étudiants de l'Université York de Toronto, une série de propositions visant à réformer la Chambre des communes, l'un de ses projets les plus chers. Il propose un plan de réforme en six points pour revaloriser le rôle de député. Le futur premier ministre du pays propose notamment :

  • de laisser aux comités parlementaires le soin de définir les lois avant approbation;
  • de faire étudier les nominations à des postes clés par une commission parlementaire plutôt que de les laisser à la discrétion du premier ministre, comme c'est le cas actuellement;
  • de donner au Parlement le pouvoir de nommer le commissaire à l'éthique, qui relèverait directement de l'institution;
  • d'accorder plus souvent aux députés le pouvoir de voter librement, c'est-à-dire sans suivre la directive du parti.


 

 

« Avec Jean Chrétien, nous avons nettoyé les finances du pays. Nous devons maintenant nous assurer que le moindre dollar ira aux Canadiens qui en auront le plus besoin, à nos programmes sociaux, et qu'il ne sera pas gaspillé. » - Paul Martin

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La longue guerre des nerfs qui a opposé Jean Chrétien et son ancien ministre des Finances n'a pas été sans diviser le Cabinet et le caucus.