Le jeune Joseph Ratzinger,
alors âgé de cinq ans, à la fin
de l'année 1932. |
Joseph Ratzinger est né le 16 avril 1927 à Marktl
Am Inn, un village de la Basse-Bavière, en Allemagne. Ce
fils de gendarme issu d’une vieille famille d’agriculteurs
passe son adolescence dans la ville de Traustein, où il sera,
quoique brièvement, membre des tristement célèbres
« Jeunesses hitlériennes ».

Photo prise le 29 juin
1951
montrant Joseph Ratzinger
(à droite) et son frère,Georg,
à Freising, Bavière, lors de
leur ordination.
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En 1943, alors que la Seconde Guerre mondiale bat son plein en
Europe, le jeune Ratzinger, âgé de 16 ans, est mobilisé
au sein d’une unité de lutte antiaérienne chargée
de défendre une usine BMW. Plus tard, en 1944, il est transféré
à l’infanterie et envoyé à la frontière
austro-hongroise pour y ériger des défenses antichars.
Selon un article de la revue américaine National Catholic
Reporter, Joseph Ratzinger profitera d’un transfert de son
unité en Bavière, dans les derniers mois de la guerre,
pour déserter. Il sera interné, en 1945, dans un camp
de prisonniers de guerre américains.
Au sortir de la guerre, le jeune homme de 18 ans entre au séminaire
de Freising pour y étudier la théologie et la philosophie.
Il poursuivra ses études à l’université
de Munich et, le 29 juin 1951, sera ordonné prêtre.
Un enseignant brillant
Photo prise entre 1962 et 1965
à Rome
et montrant Joseph Ratzinger (à gauche),
alors professeur de théologie, avec le
cardinal de Cologne, Joseph Frings, qui
l'engagea comme conseiller au Vatican. |
En 1953, Joseph Ratzinger soutient une thèse de doctorat
en théologie ayant pour titre « Peuple et
maison de Dieu dans la doctrine de l’Église de
saint Augustin ». Il obtiendra, quatre ans plus
tard, une maîtrise en enseignement en déposant
une étude exhaustive de la théologie de l’histoire
de saint Bonaventure.
Dès lors, en 1957, il entamera une brillante carrière
d’enseignant qui, tout au long des vingt ans qu’elle
durera, le conduira dans les facultés de théologie
des universités de Bonn, Münster, Tübingen,
et Ratisbonne.
De 1962 à 1965, Ratzinger, qui est alors considéré
comme théologien progressiste, participera au Concile
Vatican II en tant qu’expert. C’est aussi lors
de ce fameux Concile, qui marquera profondément le
visage de l’Église, que l’universitaire
allemand se lie d’amitié avec un autre brillant
religieux, originaire de Pologne celui-là, Karol Wojtila. |
1968 : Le virage conservateur
Il semblerait, d’après de nombreux proches et
observateurs de la scène catholique, que si Joseph
Ratzinger est aujourd’hui considéré comme
le chef de file des conservateurs au sein de l’Église
catholique, il n’en a pas toujours été
ainsi.
Ce ne serait, en effet, qu’à partir de 1968
que Ratzinger, témoin des grandes manifestations étudiantes
en Europe et en Amérique, se radicalise et prend le
parti de défendre la tradition contre ce qu’il
considère être le chaos.
Selon lui, le mouvement étudiant du printemps 1968
est annonciateur des graves dérives modernes que sont
le nihilisme et le relativisme. |
Une main de fer dans un gant
de velours

Photo datant du
28 mai 1977
montrant Joseph Ratzinger
(à droite), lors de son ordination
comme archevêque de Munich et
Freising par l'évêque de Berlin, le
cardinal Alfred Bengsch. |
Nommé archevêque de Munich en 1977 et promu
cardinal trois mois plus tard par Paul VI, Ratzinger se voit
toutefois obligé de quitter le grand diocèse
bavarois pour Rome en 1981, ayant été nommé
par le nouveau pape, Jean-Paul II, à la tête
de la Congrégation pour la doctrine de la foi.
C’est à la tête de cette Congrégation,
naguère appelée « Inquisition »,
que Joseph Ratzinger, qui peut compter sur l’appui indéfectible
de Jean-Paul II, entreprend de mater tout ce qui lui semble
s’écarter de la voie doctrinale.
Les « Théologiens de la libération »,
qui représentent un courant de gauche fort populaire
en Amérique latine, se voient durement pris à
partie par le cardinal Ratzinger. Du même souffle, il
dénonce prestement l’homosexualité (qu’il
décrit comme « une moralité intrinsèquement
diabolique ») les mariages gais et ferme la porte
aux revendications des femmes pour accéder à
la prêtrise.
Plus récemment, le cardinal Ratzinger s’est
attiré de nombreuses critiques en refusant de dénoncer,
et ce, malgré son apparente rigueur morale, le scandale
des prêtres pédophiles aux États-Unis,
n’y voyant qu’une conspiration des médias.
Il s’est aussi, en 2000, mis à dos les communautés
protestantes qui avaient pourtant entrepris de se rapprocher
de Rome en affirmant la suprématie de l’Église
catholique romaine et en dépeignant les Églises
anglicanes ou luthériennes comme « déficientes ».
Quelques jours avant d’être nommé pape,
Joseph Ratzinger prononçait une homélie que
plusieurs ont perçue comme un véritable programme
politique. Peu de temps après, celui qui deviendra
Benoît XVI s'est livré à une véritable
charge contre la « dictature du relativisme »,
sorte de poison des sociétés modernes.
En déclarant que « les modes populaires
ne sont rien, comparées à la véritable
foi », le futur Benoît XVI laissait entendre
ce qui pourrait fort bien être le credo du premier pontificat
du XXIe siècle.

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Photo datant de la fin novembre
1981 à Munich montrant le cardinal
Ratzinger saluant la foule de Munich
après avoir accepté l'offre de
Jean-Paul II de se rendre au Vatican
pour y prendre la tête de la
Congrégation pour la doctrine
de la foi.
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