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Rendez-vous à Toronto
« Chers amis,
le pape âgé, comptant de nombreuses années
derrière lui mais toujours jeune de coeur, répond
à votre demande de bonheur avec des mots qui ne sont
pas les siens. Ce sont des mots vieux de 2000 ans. […]. Vous
découvrirez la voie du pardon et de la réconciliation dans
un monde où règnent souvent la violence et la terreur. »
Jean-Paul II, lors de l'ouverture
officielle de la JMJ, le 25 juillet 2002,
devant une foule de quelque 400 000 personnes
Le
rendez-vous était lancé : la Ville reine attendait
Jean-Paul II; il est arrivé le 23 juillet, pour son
troisième périple au Canada, afin de présider
la XVIIe Journée mondiale de la jeunesse, à laquelle
étaient inscrites quelque 200 000 personnes, un
nombre inférieur aux prévisions. C'est dans la ville
la plus cosmopolite du Canada, dans une Amérique du
Nord moins pieuse que les autres continents, que se tenait
la première rencontre du genre dans un contexte « post
11 septembre » et après l'éclatement
au grand jour de scandales sexuels qui ont secoué l'Église.
« Toronto, métropole à
vocation cosmopolite, est prête à devenir pour
une semaine la capitale mondiale de la jeunesse, le futur
et l'espoir de l'Église et de l'humanité. »
Jean-Paul II (21 juillet 2002)
« Nous anticipons
vivement le plaisir de dérouler le tapis rouge pour la visite
de centaines de milliers de jeunes de toutes les régions du
monde. Nous sommes sincèrement reconnaissants à l'égard de
Sa Sainteté le pape Jean-Paul II, qui a bien voulu accorder
cet honneur prestigieux à Toronto. »
Mike Harris, alors premier ministre
de l'Ontario (août 2000)
Lors
de ses voyages précédents en sol canadien, Jean-Paul
II débordait de vitalité et avait le regard
pétillant. Nombreux étaient ceux qui se demandaient
quel contact nouerait ce pape, aujourd'hui fragile et fatigué,
avec les jeunes. À en croire la réaction des
jeunes devant leur aîné, il n'a pas déçu
leurs attentes.
« Les jeunes,
avec leur don d'intelligence et de cur, sont l'avenir
du monde. Ils portent aussi les marques d'une humanité qui,
trop souvent, ne connaît ni
la paix ni la justice. »
Jean-Paul II, à son arrivée
au Canada, le 23 juillet 2002
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| « Jean-Paul
II, nous t'aimons », ont scandé plusieurs
pèlerins lors de l'ouverture officielle de la JMJ. |
Le pape, qui a démontré
une vigueur surprenante malgré son état de santé,
était présent lors de l'ouverture officielle
de la JMJ, le 25 juillet, puis a également participé
à la veillée de prières du samedi, qui a réuni
un demi-million de pèlerins, au parc Downsview, situé à une
dizaine de kilomètres du centre-ville de Toronto. Jean-Paul
II a aussi célébré la messe devant 800 000
personnes lors de la dernière journée de ce rendez-vous, qui
se préparait depuis plusieurs mois. Pour la première
fois devant une foule, Jean-Paul II a exprimé un « sentiment
de tristesse et de honte » devant les actes
de pédophilie commis par des prêtres. Mais son message a surtout
porté sur l'engagement et la foi de ces « apôtres
du troisième millénaire ».
« Vous êtes jeunes, le
pape est âgé et un peu fatigué, mais le pape fait totalement
siennes vos attentes et vos espérances. »
Jean-Paul II, lors de la messe de
clôture, le 28 juillet 2002
« Le monde dont
vous héritez est un monde qui a besoin d'être
touché et guéri par la richesse de l'amour
de Dieu. Le monde actuel a besoin de cet amour. Il a besoin
que vous soyez le sel de la terre et la lumière du
monde. »
Jean-Paul II, lors de la messe de
clôture, le 28 juillet 2002

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L'expérience
des familles d'accueil
« De voir ces jeunes a été comme
un souffle nouveau », confie Suzanne
Fiset, qui fait partie des milliers de familles
québécoises à avoir accueilli des pèlerins
pendant quelques jours. Cette mère de famille
se considère privilégiée d'avoir vécu une telle
expérience. Accueillir deux jeunes Français « a
été riche au niveau spirituel, bien sûr, mais
aussi au niveau culturel et surtout humain ».

« Ils ont démontré une grande capacité
d'amour, de partage, de respect, de curiosité
sur notre pays, nos habitudes, notre peuple »,
enchaîne-t-elle. Ils ne sont pas
des spécimens en voie de disparition, mais des
jeunes déterminés à montrer leur foi, à
le crier haut et fort et ils en sont très
fiers. Ils sont vraiment beaux à voir!
Un bel exemple pour nos enfants, un bel espoir
pour un avenir meilleur », affirme
cette croyante convaincue.
Un moment qui l'a marquée ? « Le
rassemblement au stade olympique, où 35 000 jeunes
étaient réunis, a été une belle façon de se sentir
unis avec des gens de différents pays dans une
même foi », se remémore-t-elle.« C'était
magique ! Voir tous ces jeunes qui sont
si croyants a été la preuve que Dieu est bien
vivant parmi nous. » Réitérerait-elle
l'expérience ? « Nous
le referions n'importe quand ! »,
assure cette Lavalloise, qui entend bien rester
en contact avec ses hôtes.
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Une tradition annuelle
Thème
cher à Jean-Paul II, la jeunesse a toujours été au centre
de ses préoccupations, comme en témoignent de nombreux
écrits et discours. Cet ancien enseignant qui aime
le contact avec les jeunes a d'ailleurs multiplié les occasions
de les rencontrer. En 1984, ils sont 350 000 à participer
au Jubilé des jeunes, célébré à Rome dans le cadre de l'Année
sainte de la rédemption. Un an plus tard, 250 000 jeunes
se rassemblent à Rome à l'occasion de l'Année internationale
de la jeunesse proclamée par l'ONU. Dans la foulée de ces
deux événements, le pape lance l'idée d'une Journée mondiale
de la jeunesse, qui réunit chaque année des catholiques de
18 à 35 ans, originaires de tous les continents, dans une
grande célébration de la foi catholique.
« Ce sera une rencontre de
prière, de partage, de dialogue, de joie. En un mot, une
rencontre de vérité et de vie qui obtienne pour chacun et
pour tous une paix agissante. Une rencontre qui vous rende
constructeurs de formes de vie nouvelle plus expressives
de l’homme de demain qui est déjà préfiguré sur vos visages. »
Jean-Paul II

| En 1995, la
Journée mondiale de la jeunesse a réuni
trois millions de jeunes, la plus grande foule du
pontificat de Jean-Paul II. |
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La
tenue des JMJ a pour but de valoriser les jeunes, d'offrir
une mondialisation au visage humain et de valoriser la solidarité
et l'accueil des autres cultures. Célébrées le jour de la
fête des Rameaux, elles sont célébrées chaque année dans les
diocèses, le pape célébrant alors les Journées
mondiales de la Jeunesse à Rome. Une fois par deux
ans, cependant, l'événement prend une envergure internationale,
se déroulant sur un autre continent que la fois précédente.
L'événement s'articule autour d'un thème de réflexion proposé
par le pape. À chacune de ces rencontres, le pape livre un
message qui valorise l'amour, la solidarité, la jeunesse et
le dynamisme.
Le prochain rendez-vous des jeunes catholiques
se déroulera à Cologne, en Allemagne, en 2005, rompant
ainsi avec la coutume de tenir un événement
d'envergure internationale tous les deux ans.

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« Je
n'avais jamais vu autant de jeunes répondre avec
autant de joie et de dynamisme ! »,
se rappelle Marie-Christianne Hubert, qui n'en
est pas à sa première Journée mondiale de la jeunesse.
Aujourd'hui coordonnatrice pour la région centre
du diocèse de Montréal, elle était à Rome, au
grand rassemblement du Jubilé de l'an 2000, en
tant que participante. « Même s'il
y avait des différences culturelles avec les jeunes
des autres pays, j'ai découvert que la foi est
universelle, que les vécus et les valeurs se ressemblent »,
a-t-elle constaté.
« Ça a renforcé mon
engagement chrétien », dit
celle qui a manifestement été changée
par cet événement. Au point d'abandonner sa carrière
dans une institution bancaire.
Plusieurs doutaient de la venue de Jean-Paul
II à Toronto. Pas elle. Elle admire cet homme
qui souffre, atteint entre autres de la maladie
de Parkinson. « C'est un homme fatigué,
malade, mais exemplaire. On se sent souvent à
terre pour une migraine. Lui continue de travailler
et d'assumer ses lourdes responsabilités. Il est
fort et faible à la fois. C'est un tough ! »,
conclut-elle.
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Jean-Paul II lors de la Journée
mondiale de la jeunesse de 2001
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Villes hôtes des Journées
mondiales de la jeunesse :
1986 :
Rome (Italie)
1987 : Buenos Aires (Argentine)
1988 : Rome (Italie) et autres villes
1989 : Saint-Jacques-de-Compostelle (Espagne)
1990 : Rome (Italie) et autres villes
1991 : Czestochowa (Pologne)
1992 : Rome (Italie) et autres villes
1993 : Denver (États-Unis)
1994 : Rome (Italie) et autres villes
1995 : Manille (Philippines)
1996 : Rome (Italie) et autres villes
1997 : Paris (France)
1998 : Rome (Italie) et autres villes
1999 : Rome (Italie) et autres villes
2000 : Rome (Italie)
2001 : Rome (Italie) et autres villes
2002 : Toronto (Canada)
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Pour en savoir plus
: De Wojtyla
à Jean_Paul II : notre dossier
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Mesurant 5,5 mètres,
une statue de
bronze représentant Jean-Paul II a été
dévoilée - et bénie - à Brampton,
au nord-ouest de Toronto. |

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Une journée...
qui dure plusieurs jours !
À l'origine, la Journée
mondiale de la jeunesse ne durait, comme son nom
l'indique, qu'une seule journée. Aujourd'hui,
les activités entourant la JMJ s'échelonnent
sur une semaine bien remplie. L'événement
a toutefois gardé son nom initial.
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La
JMJ de Toronto
en quelques chiffres
Pays : les participants étaient
originaires d'environ 150 pays
Langues : 20
Pèlerins : environ 200 000
jeunes
Bénévoles : 25 000
Catéchèses: sur 150 sites
***
Quelques détails à l'usage des
amateurs de logistique : 4 millions
d'hosties devaient être distribuées
aux communiants, 20 écrans vidéo,
750 haut-parleurs et 20 000 câbles
de télévision devaient être
utilisés, et 8000 toilettes portatives
ainsi que 750 000 de rouleaux de papier hygiénique
étaient disponibles...
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| Jean-Paul II lors de la Journée
mondiale de la jeunesse, en 2001. |


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« Dans notre
monde, dans un monde de progrès et de développement
universels, mais aussi de matérialisme
dominant, la jeunesse cherche un soutien dans
l'Église, qui forme la foi et montre les
horizons de l'humanisme chrétien. »
Jean-Paul II, juin 1991
« Les jeunes
ont besoin [du témoignage des chrétiens] plus
que jamais, eux qui sont souvent tentés par les
mirages d'une vie facile et confortable, par la
drogue et l'hédonisme, pour se trouver ensuite
dans la spirale du désespoir, du mensonge, de
la violence. »
Jean-Paul II, août 2000
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« Les jeunes
attendent d'abord d'être écoutés, d'être aimés
et d'être guidés, pour qu'ils puissent édifier
leur personnalité de manière sereine. Ils ont
aussi besoin d'adultes capables de leur rappeler
les points de repère et les exigences que comporte
toute existence qui veut être belle; capables
aussi de trouver les façons positives de leur
présenter le message chrétien, en particulier
dans le domaine moral. »
Jean-Paul II, mars 1997
« Faites comprendre
par votre vie que la lumière qui vient d'en haut
ne détruit pas ce qui est humain, mais au contraire
l'exalte, comme le soleil, par son ardeur, met
en relief les formes et les couleurs. Dieu n'est
pas en concurrence avec l'homme. Il est son vrai
ami, son plus fidèle allié. »
Jean-Paul II, 5 mai 2002
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