Journaliste
Stéphane Bordeleau

Repères

La série d'attaques terroristes, menée le 11 septembre 2001 contre les États-Unis, a plongé l'Asie du sud-ouest dans une crise profonde qui a placé le gouvernement pakistanais entre deux chaises. Car si le Pakistan est aujourd'hui un « allié » de l'Occident dans la guerre aux terroristes islamistes, il est également à l'origine du mouvement taliban qu'il a armé, entraîné et soutenu pendant de longues années.

Un fait que ne manquent pas de rappeler au gouvernement du général Musharraf les puissantes autorités religieuses du pays, scandalisées par cette collaboration avec « l'ennemi » américain. Une « trahison » que les mollahs les plus influents du pays ont juré de venger, allant même jusqu'à brandir le spectre d'une guerre civile au Pakistan.

Depuis que le président des États-Unis, George W. Bush, a juré la perte d'Oussama ben Laden et de tous ses alliés à la suite des attaques de New York et de Washington, le Pakistan se retrouve devant un dilemme sérieux. Car s'il entretient des liens diplomatiques solides avec Washington depuis plus de deux décennies, le Pakistan, via ses services secrets, a également formé et entraîné les talibans, qui sont à l'origine de l'une des dictatures religieuses les plus sombres qu'on ait vues en Afghanistan depuis fort longtemps.

Général Pervèz Musharraf

Peu de temps après les attentats de New York et de Washington, le général Musharraf, l'homme fort du Pakistan, a assuré les États-Unis de la coopération totale de son pays dans la lutte contre le terrorisme. Il n'ignorait pas à ce moment que cette prise de position provoquerait la colère d'une partie importante de la population pakistanaise, mais pouvait-il alors risquer une guerre avec l'Occident ? La position de Washington était alors sans équivoque quant au sort réservé aux pays qui soutiendraient des terroristes, surtout ceux impliqués dans les attentats du 11 septembre. Or, la présence d'Oussama ben Laden en Afghanistan laissait bien peu d'arguments au Pakistan pour excuser ses amis talibans.

« Every nation, in every region, now has a decision to make. Either you are with us, or you are with the terrorists. »

George W. Bush, président des États-Unis

D'un autre côté, le gouvernement pakistanais ne peut négliger les puissantes autorités religieuses du pays, qui brandissent le spectre d'une guerre civile si le général Musharraf persiste à collaborer avec « le Grand Satan » contre leurs frères musulmans d'Afghanistan. Un scénario d'autant plus inquiétant que le Pakistan est détenteur, comme la majorité des pays dans cette région, de puissantes armes nucléaires opérationnelles.

Le dilemme pakistanais

Déjà engagé depuis 50 ans dans une guerre larvée avec l'Inde pour le contrôle du Cachemire, le Pakistan s'est vu contraint, au lendemain des attentats du 11 septembre, de laisser tomber les talibans. Un geste qui coûta aux Pakistanais un allié politique et militaire important face aux Indiens, leurs ennemis de toujours.

 

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-République islamique du Pakistan

-Gouvernement des États-Unis

-Pentagone

-Centre de recherche sur le terrorisme international

-L'Afghanistan, un pays miné et « implosé »


 

Dossier : Oussama Ben Laden

 

Dossier : les talibans ou le règne de la terreur