Avec ses 800 millions d'habitants, l'Amérique pourrait devenir la plus grande zone de libre-échange de la planète lors de la mise en place de la ZLEA. Les 34 états du continent, exception faite de Cuba, prévoient libéraliser entièrement leurs échanges commerciaux d'ici 2005. C'est notamment pour discuter de cet enjeu que les dirigeants de l'Amérique du Nord, de l'Amérique centrale, de l'Amérique du Sud et des Antilles se sont rencontrés à Québec, à la fin du mois d'avril, pour le Sommet des Amériques 2001.

Si la majorité des dirigeants politiques et des entrepreneurs perçoivent la libéralisation des échanges économiques comme une occasion à saisir, d'autres citoyens considèrent plutôt le phénomène de mondialisation comme une menace. Plusieurs des opposants se sont eux aussi retrouvés dans la Vieille Capitale. Certains se sont réunis dans le cadre du Sommet des peuples des Amériques, qui s'est tenu en marge du sommet officiel. D'autres ont décidé de démontrer leur opposition à la Zone de libre-échange des Amériques par des marches ou des manifestations. La confrontation d'idées était au rendez-vous.



.  Sommet des peuples des Amériques

Dates : 17 au 21 avril
Organisateurs : l'Alliance sociale continentale, un groupe, créé en 1997, qui réunit des organisations syndicales et sociales
Participants : 2000 délégués originaires des 35 pays d'Amérique, y compris Cuba; ils proviennent de syndicats, de groupes populaires et d'organisations de coopération internationale
Principaux objectifs : promouvoir la justice sociale et la démocratie participative pour les Amériques; obliger les gouvernements à faire preuve de transparence et à inclure dans tout traité le respect des droits fondamentaux; ce Sommet est présenté comme une alternative de développement à la Zone de libre-échange des Amériques
Enjeux abordés : la place des femmes dans la mondialisation, l'environnement, le rôle de l'État, les communications, les droits de la personne, l'éducation, l'agriculture, le travail et les Parlements
Sommet précédent : Santiago (Chili), 1998


.  Sommet des Amériques

Dates : 20 au 22 avril
Participants : les chefs d'état ou de gouvernement des 34 pays du continent, à l'exception de Cuba. Le non-respect des libertés fondamentales constitue la raison officielle invoquée pour expliquer cette exclusion.
Principaux objectifs : le développement de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) et le renforcement de la démocratie
Enjeux abordés : l'intégration économique des pays du continent, la démocratie, la prospérité, la réalisation du potentiel humain et la connectivité pour la communauté
Sommets précédents : Miami (ƒtats-Unis), 1994; Santiago (Chili), 1998

>> Liste des dirigeants participant au Sommet >>

>> Fiches d'identification des pays >>
(page du Refuge global, le site de
l'émission de radio Macadam tribus)

Vous avez dit démocratie?

Violations des droits de la personne, atteintes aux libertés essentielles, abus de pouvoir, pauvreté extrème, corruption et instabilité politique règnent encore dans plusieurs pays d'Amérique latine et des Caraïbes. Certains critiquent particulièrement la présence d'Haïti au Sommet de Québec, en raison de la façon dont se sont déroulées les dernières élections.

C'est sur insistance de Washington que Cuba est le seul pays du continent non invité à ce Sommet. La plupart des pays qui étaient présents au Sommet sont d'ailleurs favorables à l'inclusion de Cuba.

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À NE PAS MANQUER
- Dossier/Mondialisation
- Dossier du Refuge global

La distribution des richesses:
Les trois quarts de la richesse des Amériques appartiennent aux États-Unis; le Brésil récolte 6 %, le Canada 5 % et le Mexique 4 %. Les 10 % restant sont répartis entre les 31 autres pays du continent.